Nous avons déjà échangé à ce sujet, Jérôme a souligné le fait que 10 % de la transaction allait dans la poche de la startup, qui a des frais de fonctionnement de son site, et 10 % dans la poche de la personne qui organise et accueille la livraison, chez elle ou dans un espace qui se fait plus ou moins rémunérer.

Cela fait donc bien 20 % en moins dans la poche du producteur (et donc 20 % en plus à payer pour celui qui mange)

On a également "admiré" combien la Ruche qui dit Oui progresse et conquiert du terrain dans le marché des circuits-courts.

Ma première réaction : si des paysans acceptent de perdre 20 % de la valeur de ce qu'ils produisent, quel est donc le pourcentage de perte de valeur dans les circuits de distribution classiques ?

Membre régulier d'une Ruche qui dit Oui moi-même, j'apprends beaucoup des rencontres et les discussions avec les paysans et je me rends compte combien ils travaillent dur pour peu de gains et combien la Ruche est juste un tout petit bol d'air souvent insuffisant. L'espoir de certains est plutôt d'arriver à commercialiser en Amap ou encore mieux, directement à la ferme.

La Ruche qui dit Oui a axé sa communication au départ sur la différence essentielle selon elle avec les Amap : le sacro-saint choix du con-sommateur. Dans certaines Ruche, on commence même à voir arriver la si libérale notion de concurrence, puisqu'ils sont plusieurs paysans à proposer le même type de produits.

Il faut dire qu'ici, en Europe du Nord post-communiste, dès qu'on explique aux gens qu'ils n'auront pas le choix de ce qui va se trouver dans leur panier chaque semaine, ils ont l'impression qu'on veut les renvoyer aux magasins d'état de l'époque soviétique, même ceux qui n'ont pas connu le dit régime.

Je me demande s'il faudra aussi attendre que toute la génération qui a connu les pénuries alimentaires de la Seconde Guerre Mondiale aie disparue pour qu'on prenne conscience que la surabondance et le choix démesuré proposé par les grandes surfaces est un leurre malsain et dangereux.

J'espère que d'autres Colibris ici continueront à livrer leurs réflexions et leurs expériences sur le sujet des circuits-courts.

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Réponses à cette discussion

Bonjour,

Je suis plutôt d'accord avec l'ensemble des réflexions. Maintenant, une chose que je ne comprends pas c'est pourquoi les gens qui ont crée ou adhéré à une ruche qui dit oui ne se sont pas regroupés en groupement d'achat local. A partir de là, avec de simples tableaux sur Google Documents par exemple, il n'y a plus besoin de la startup parisienne.

Cela fait 5 ans que nous fonctionnons de cette manière, nous sommes passés de 10familels à un peu plus de 50 et on continue notre bonhomme de chemin. Les producteurs locaux avec qui nous travaillons sont d'ailleurs assez contents de notre démarche.

Bonjour,

Pour avoir lancé une ruche à St Ouen L'Aumône par le biais d'une association d'école, je répondrais que c'est aussi beaucoup par facilité et manque de temps. J'avais également envisagé de le faire via une association genre AMAP, mais j'ai renoncé.

Ce n'est déjà pas facile avec cet outil de s'organiser et de mobiliser... Je n'ose même pas imaginer le temps que ça me prendrait si j'avais eu en plus à gérer les tableaux Google et les paiements...(sachant que j'ai un emploi à temps plein à côté et une famille).

Après, est-ce que les 20% valent le temps gagné par le producteur ? Je pense qu'il fait lui-même le calcul...

J'imagine que nul système n'est parfait et que chacun fait comme il peut ? Tant que le pas est dans la bonne direction...

Bonjour,

Sur la pratique depuis 5 ans, ce n'est pas l'encaissement ni la gestion des tableaux qui sont les plus chronophages. Et côté emploi du temps, je compatis aussi sachant que j'ai plus d'un employeur et une famille.

Maintenant, sous forme de groupement d'achat local, d'AMAP ou par le biais de la ruche qui dit oui, la démarche reste globalement la même et permet de revitaliser à notre humble niveau les producteurs locaux.

Ceci étant dit, une point me gêne malgré tout avec la ruche, c'est que pour travailler avec des agriculteurs et des producteurs qui sont proches de chez vous, il faut payer 10% à une entreprise située sur Paris.

Bon courage pour continuer, si jamais vous avez besoin d'aide un jour sur le côté organisationnel et que vous vouliez vous affranchir de la ruche et si notre démarche peut vous intéresser, je pourrais vous transmettre les documents expliquant notre manière de fonctionner.

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