Abeilles piégées aux néonicotinoïdes

Des abeilles moins nombreuses, qui nidifient moins, des bourdons qui se reproduisent difficilement !

«Les grandes cultures en fleurs sont des sources de nourriture importantes pour les abeilles sauvages, mais elles peuvent se transformer en pièges écologiques si les butineuses sont exposées à des pesticides tels que les néonicotinoïdes», relèvent les auteurs d'une étude menée en Suède, issus de l'université de Lund. Les chercheurs ont étudié 16 champs de colza, dont la moitié aux semences traitées au clothianidine, et ont analysé les collectes de pollen et le comportement des insectes. «Le résultat le plus spectaculaire est que les colonies de bourdons n'ont quasiment pas grossi dans les sites traités», explique Maj Rundlof. A la fin de l'expérience, on y dénombrait moins de cocons que dans les pièces non traitées.

Autre découverte, les abeilles solitaires ne sont pas retournées dans les nids placés aux abords des champs traités. Elles ont en revanche regagné, dans six cas sur huit, ceux disposés près des parcelles non traitées, commençant à édifier des cellules de couvain. Pourquoi ? «Cela reste à éclaircir, mais une capacité réduite à naviguer est une explication possible». Ce rapport trouve une résonance particulière avec la publication d'une autre étude. Selon celle-ci, non seulement les abeilles ne peuvent éviter les fleurs traitées aux néonicotinoïdes, mais il se pourrait bien qu'elles les préfèrent.

Certains ont en effet suggéré que soient plantées, à côté des parcelles traitées, d'autres non traitées pour les abeilles. Or ce rapport montre qu'elles n'ont pas vraiment le choix: quand on leur propose une solution de sucrose à côté d'une autre de sucrose associé à un néonicotinoïde, les abeilles mellifères comme les bourdons non seulement ne sont pas repoussés par le second nectar, mais préfèrent se tourner vers lui. «Nous avons une preuve que les abeilles préfèrent manger la nourriture contaminée par des pesticides,» souligne Geraldine Wright, de l'université de Newcastle. Comme la nicotine, «il se peut que les néonicotinoïdes agissent comme une drogue, rendant la nourriture plus gratifiante».

ats/Newsnet

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Commentaire de JF@ le 24 avril 2015 à 7:35

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