Aigles de Bonelli tués au plomb de chasse

Les cadavres, criblés de plombs, ont été découverts à quelques jours d’intervalle, en novembre dernier !

Mais l’annonce n’a été faite que ce mardi, après l’enquête de l’Office française de la biodiversité (OFB, ex-ONCFS). Deux jeunes aigles de Bonelli ont été tués durant la période de chasse, près de palombières, dans l'ouest du Gers et dans les Landes voisines. Des actes passibles de deux ans d’emprisonnement et 150.000 euros d’amende. Plusieurs plaintes contre X sont à l’étude pour destruction d’espèce protégée. Car cet oiseau d’une envergure d’1,60 m, un peu plus gros qu’une buse, est l’un des rapaces les plus menacés de France, avec 38 couples recensés en 2019 (contre environ 800 en Espagne, un chiffre en baisse ces dernières décennies). « Il s’agit d’une espèce qui bénéficie d’un plan national d’action (PNA) », explique Olivier Scher du Conservatoire d’espaces naturels du Languedoc-Roussillon (CEN-LR). 

Ce spécialiste anime justement l’actuel PNA, auxquels sont associés d’autres organismes comme la Ligue de protection des oiseaux (LPO) Auvergne-Rhône-Alpes, et qui court jusqu’en 2023. Ces mesures lancées par l’État ont permis l’augmentation de la population française d’aigles de Bonelli, dont il ne restait plus que 22 couples en 2002. Mais l’espèce demeure extrêmement fragile. Les animaux tués cet automne, bagués et équipés d’une balise GPS, étaient nés au printemps 2019 dans le Gard et l’Hérault. Présent dans toute la zone méditerranéenne, l’Aquila Fasciata (son nom scientifique) vit en France sur un arc dessiné entre le Gard et l’Ardèche au nord et les Pyrénées-Orientales au sud.

Mais si l’espèce est sédentaire, avec des couples formés à vie, les jeunes (un à deux par an et par couple) ont la bougeotte. « Ils vont partir du territoire des adultes en août-septembre et vivent une vie erratique durant trois ou quatre ans, avant de revenir dans leur zone d’origine pour essayer de former un couple, détaille Olivier Scher. Les jeunes cherchent des territoires giboyeux, sans adulte, pour apprendre à chasser, à se nourrir. On a le cas d’un rapace qui est allé jusqu’en Algérie, avant de revenir. »

Les deux aigles de Bonelli tués à l’automne dans le Gers et les Landes n’ont pas eu cette chance. Leur cas sera sans doute étudié lors d’un congrès international fin septembre à Montpellier, le premier depuis dix ans. Mais si le braconnage reste un fléau (probablement sous-estimé) pour ces oiseaux, la première cause de mortalité reste l’électrocution. Le PNA inclut d’ailleurs des discussions avec Enedis pour tenter de limiter les dégâts.

STIVAL

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Commentaire de JF@ le 20 février 2020 à 5:22
Commentaire de JF@ le 20 février 2020 à 5:22

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