Alors que les récentes inondations en France comme à l’étranger, rappellent combien l’habitat est exposé à des risques naturels grandissants, certains architectes commencent à intégrer cette contrainte !

S’il est bien sûr plu prudent de construire dans les secteurs les moins exposés aux crues et au ruissellement, certaines régions, voire certains pays sont globalement à risque. Preuve que cette préoccupation monte, c’est à Bangkok que s’est ouverte ce vendredi la première Conférence internationale sur l’architecture amphibie, son design et son ingénierie. Il s’agira notamment de promouvoir les techniques permettant de lutter efficacement contre une brusque montée des eaux. La plupart de ces bâtiments sont en effet ancrés dans le sol et reliés aux réseaux conventionnels (eaux, électricité...). Simplement, lorsque la maison est inondée, elle est capable de se dégager de son point d’ancrage et de flotter. Ces techniques intéressent de plus en plus des pays riches tels que les Etats-Unis ou les Pays-Bas mais elles sont aussi testées avec succès dans des pays en développement.

La Conférence permettra notamment d’évoquer des réalisations intéressantes comme la Lift House, implantée à Dacca au Bangladesh. Son nom explique parfaitement le concept: lift signifie ascenseur en anglais mais c’est aussi un acronyme pour Low Income Flood-proof Technology (technologie à l’épreuve des inondations pour les bas revenus). Conçue par Prithula Prosun, une architecte américaine née au Bangladesh, cette maison a coûté 5.000 dollars. Ses fondations mêlent ferrociment et bouteilles en plastique de récupération tandis que l’essentiel de la structure est en bambou. Les deux parties de la maison peuvent grimper de plus d’un mètre au gré de l’élévation du niveau d’eau et rester ancrées à leur base centrale. En revanche, cette maison n’est raccordée à aucun raison: il faudra compter sur l’énergie solaire, un récupérateur d’eau de pluie et des toilettes sèches.

Plus près de chez nous, les Néerlandais sont évidemment très au fait de ces techniques avec un quart de leur territoire situé sous le niveau de la mer. Ils conçoivent depuis longtemps des habitations flottantes ou semi-flottantes comme dans le village de Maasbommel. Mais les Britanniques et les Américains ne sont pas en reste. Le studio d’architecture Baca a ainsi conçu une séduisante maison en bois sur les rives de la Tamise. Guidée par des poteaux d’acier, la maison posée dans un bac peut s’élever de 2,7 mètres si les eaux montent. Et les gaines électriques et les raccordements d’eau suivent le mouvement.

Quant aux Etats-Unis, traumatisés par les ravages de l’ouragan Katrina, ils ont développé ce modèle baptisé Float House, précisément destiné à la région de la Nouvelle Orléans. Elle reprend les caractéristiques de la «shotgun house», cette maison typique du secteur, construite tout en longueur, sauf qu’elle s’appuie sur un châssis lui permettant de flotter en cas d’inondation.

Litzler

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Commentaire de JF@ le 28 août 2015 à 7:36

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