Au tour d'Alternatiba pour le climat

A l’initiative d’Alternatiba, des dizaines de militants vont aller prêcher l’action non violente dans plus de deux cents villes jusqu’au mois d’octobre, pour lutter contre le réchauffement climatique !

En arrivant à Montreuil (Seine-Saint-Denis), dimanche 10 avril vers 18 h 30, à l’issue de cette toute première étape, les militants d’Alternatiba n’avaient parcouru qu’une cinquantaine de kilomètres. 50 sur les 5 800 qui doivent leur faire faire le tour de la France, avec des incursions en Suisse et en Belgique, pour une épopée qui se conclura le 6 octobre à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), là même où cette ONG de lutte sur le front climatique est née, cinq ans plus tôt. Un Grand Village des alternatives y sera organisé le lendemain de l’arrivée du tour, où 30 000 personnes sont attendues.


Partie de la place de Stalingrad, à Paris, samedi, accompagnée par un millier de personnes, les cyclistes – car le tour se fait en vélo, en triplettes et en quadruplette pas toujours facile à guider – ont donc réalisé leur première matinée de pédalage, dimanche, de Villejuif (Val-de-Marne) à Gonesse (Val d’Oise) où les opposants au projet de centre de loisirs et d’affaires d’Europacity les attendaient. Ils ont ensuite rejoint dans l’après-midi la commune de Montreuil, une ville qui leur est chère puisqu’ils y avaient organisé, en décembre 2015 et en parallèle de la conférence sur le climat, la COP21 à Paris, un contre-sommet citoyen.

Après avoir tenté de faire pression sur les Etats et les gouvernements, à la veille de la conférence climat, à l’hiver 2015, Alternatiba, qui réalise souvent des actions communes avec Greenpeace, Les Amis de la Terre, ou le Réseau Action Climat entre autres, veulent promouvoir les actions locales. « 50 à 70 % des leviers d’action, pour accélérer la transition, se situent au niveau local », avance l’ONG. « Il y a de plus en plus d’actions, d’alternatives qui se mettent en place, ça bouge, mais il y a surtout une grande inertie au niveau des décideurs », souligne Gaynahe Jovet, Marseillaise de 30 ans, et l’une des cyclistes des premières étapes, qui accompagnera le tour jusqu’à Clermont-Ferrand, le 17 juin.

A Montreuil, malgré une pluie soudaine, l’ennemie qui rend les étapes des cyclistes délicates, plus d’une centaine de personnes étaient venues accueillir les sportifs du climat, profitant des stands, de la bière et des jus de fruits, ainsi que des plats (bios) proposés. Mais la nouveauté de cette édition 2018 se trouve dans la volonté de former de nouveaux militants à l’action non violente, les réseaux d’Alternatiba et d’Action non violente (ANV) étant à peu près les mêmes. Au lendemain de chaque étape, une partie de l’équipe reste ainsi dans la ville hôte pour dispenser une journée de formation à cette forme d’action. Des conférences sur le climat sont aussi réalisées à chaque étape. Dimanche, à Paris, plus d’une cinquantaine de personnes ont participé à l’apprentissage des techniques non violentes.

« Il y a un intérêt de plus en plus grand pour ce mode d’action, très efficace et difficile à appréhender par les forces de l’ordre, que nous avons déjà expérimenté à Pau [début avril 2016] contre un sommet des producteurs de pétrole off-shore, ou récemment [1er juin 2018] à Paris à l’occasion d’une assemblée générale des actionnaires de Total », fait valoir Pauline Boyer, coordinatrice d’Alternatiba.

A la différence de Greenpeace qui agit, souvent efficacement, avec une équipe d’activistes très formés à l’escalade ou au maniement d’embarcations en mer, Alternatiba et ANV préfèrent une mobilisation « de masse », associant le plus grand nombre de participants.

Barroux

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Commentaire de JF@ le 12 juin 2018 à 7:41
Commentaire de JF@ le 12 juin 2018 à 7:38

JF@

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