«Avec le LOUP l'élevage devient impossible» (Bové)

L'eurodéputé écologiste José Bové a dénoncé une nouvelle fois la menace que fait peser, selon lui, le prédateur sur le pastoralisme, ce mode d'élevage en extérieur encore très présent dans certaines régions françaises !

Dans un entretien accordé au quotidien Sud Ouest, l'ancien éleveur de brebis sur le plateau du Larzac, dans l'Aveyron, déplore «des attaques sur les troupeaux tous les deux ou trois jours environ» dans cette zone. Ça n'est pas la première fois que José Bové s'en prend au loup. En juillet 2012, il avait fait vivement réagir les défenseurs de la faune sauvage en déclarant sur une radio: «Pour moi, les choses sont claires: si le loup risque d'attaquer un troupeau, la meilleure façon de faire, c'est de prendre le fusil et de tirer.» L'association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) avait déposé plainte contre lui pour «incitation à la destruction d'une espèce protégée». La plainte avait été classée sans suite. En 2014, le militant altermondialiste avait réaffirmé sa position dans un quotidien suisse puis dans le Dauphiné Libéré: «La cohabitation entre le loup et l'élevage n'est pas possible», assenait-il. L'élu écologiste prônait également une révision des textes européens qui protègent le prédateur.


Ce jeudi, dans le quotidien Sud Ouest, José Bové dénonce notamment le manque «de transparence sur les données génétiques des loups qui attaquent les troupeaux», visant ainsi les services de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS) qui fournissent les chiffres sur les effectifs du canidé. «Officiellement, on nous parle d'un seul loup sur le Larzac. Or par les prélèvements effectués par les éleveurs eux-mêmes, contresignés par les élus locaux et analysés dans des laboratoires européens, on arrive déjà à cinq loups sur un territoire qui n'excède pas 40 km sur 20 km», déplore l'élu. Concernant les moyens de protection, censés faire baisser le nombre d'attaques sur les troupeaux, José Bové n'est pas plus convaincu. Selon lui, aucun «n'est satisfaisant», notamment la présence de chiens de protection «patous». «Il faudrait un patou pour 20 à 30 brebis. C'est intenable», estime-t-il.

En attendant un éventuel texte qui permette éventuellement de renouer le dialogue entre les éleveurs et les défenseurs de la nature, les prélèvements de loups ont commencé. Le 24 juillet dernier, Nicolas Hulot et Stéphane Travert ont fixé à 40 le nombre de loups qui pourront être tués entre le 1er juillet 2017 et le 30 juin 2018. Selon les associations de défense de la nature, neuf loups ont déjà été tués depuis l'entrée en vigueur du nouvel arrêté ministériel. Deux loups ont été abattus en Savoie, mardi 15 août et jeudi 17 août, dans le cadre des opérations autorisées en cas d'attaques de troupeaux, selon la préfecture. Avant eux, une louve a été tuée le 15 août dans le Var, trois louveteaux ont été «prélevés» dans la nuit du mercredi 9 au jeudi 10 août dans les Alpes-Maritimes et trois mâles en Savoie et dans les Hautes-Alpes.


En France, la population de «canis lupus», en augmentation depuis son retour au début des années 1990, est désormais estimée à environ 360 individus. Sur la période 2016-2017, presque 10.000 animaux d'élevage, surtout des brebis, ont été tués au cours d'attaques attribuées au loup.

AFP

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Commentaire de JF@ le 26 août 2017 à 7:01
Commentaire de JF@ le 26 août 2017 à 6:58

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