Plusieurs années après avoir visité le site des calanques et contribué à mobiliser l'opinion, vous remontez au créneau concernant les "boues rouges". Les choses n'ont donc pas évolué ?

José Bové : Cela fait effectivement des années que nous agissons au côté des collectifs locaux de défense de l'environnement. Ce travail visait à obtenir un arrêt définitif des rejets d'effluents en mer. La ministre de l'Environnement en était elle-même convaincue et avait pris une position très claire en demandant l'arrêt immédiat de ces rejets. Or je constate que tout continue et que le scandale perdure depuis 60 ans.

Êtes-vous partisan d'un arrêt immédiat des rejets comme le préconise Ségolène Royal ou bien d'un arrêt différé comme le demande l'industriel ?

José Bové : L'industriel dit que si on lui ordonne de tout stopper maintenant, il devra payer le démantèlement des conduites et la remise en état du site. Mais ce n'est pas aux pêcheurs, aux riverains ni aux citoyens en général de subir cette situation et d'en payer les conséquences. Ma position est claire : tout doit s'arrêter demain. C'est pourquoi, nous avons été scandalisés par l'arrêté pris par le préfet autorisant Alteo à poursuivre ses rejets en mer.

Qu'allez vous faire dans l'immédiat ?

José Bové : Avec ses avocats, notre collectif a étudié la situation et conclu à un abus d'autorité et de pouvoir de la part du Premier ministre. En clair, sur ce dossier, Manuel Valls est hors-la-loi. Il s'est adjugé une compétence qu'il n'a pas. C'est pourquoi nous allons engager un recours hiérarchique à son encontre. Nous venons d'ailleurs d'adresser un courrier à la ministre de l'Écologie pour lui expliquer notre démarche.

L'industriel affirme qu'un arrêt brutal mettrait en péril des centaines d'emploi ?

José Bové : C'est une pression inacceptable. Ce fonds d'investissement exerce un chantage à l'emploi pour ne pas avoir à investir. Il se sert des salariés pour cacher son refus d'agir. Or les déchets de bauxite doivent être mis dans des décharges spécialisées et c'est à l'industriel de prendre ses responsabilités. Si à chaque fois telle situation se présente, on renonce au nom de l'emploi et du refus d'investir, où allons-nous ? Il ne sera plus jamais possible de faire quoi que ce soit dans ce pays. En plus, nous sommes tenus par des conventions internationales. Si les salariés sont aujourd'hui menacés, et c'est sans doute le cas, c'est par leur employeur et non par les défenseurs de l'environnement. Et cet employeur bénéficie en plus de la caution du Premier ministre qui est entré dans le jeu d'une manière invraisemblable.

Allez-vous également agir dans le cadre de votre mandat européen ?

José Bové : Oui, et en me référant pour cela à la convention de Barcelone que violent les rejets d'Alteo. C'est pourquoi, si la décision du préfet n'est pas annulée dans des délais très courts, Michèle Rivasi et moi-même saisirons la Commission des pétitions du Parlement européen pour dire que la France s'est mise en infraction. Et elle sera certainement condamnée à se mettre en conformité avec le Droit européen. Cette procédure a déjà été utilisée et a mis plusieurs fois nos dirigeants dans l'embarras.

Gallini


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Commentaire de JF@ le 17 mars 2019 à 21:04
Commentaire de JF@ le 17 mars 2019 à 21:03

JF@

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