N'avez-vous pas souvent l'impression, dans nos villes occidentales où nous côtoyons des milliers ou des millions de nos contemporains, de mener une vie solitaire, pour ne pas dire de sauvage ? Nous nous apercevons à peine, nous nous croisons sans un regard, sans un échange, nous nous ignorons superbement, nous nous enfermons égoïstement dans notre bulle. Nos bus et wagons de métro sont bondés de gens qui évitent de se parler, de se regarder. Est-ce là le fruit de notre civilisation occidentale ? Est-ce cela la civilisation ?


Vous arrivez sur un quai de métro ou dans une salle d'attente, une personne est déjà assise. Vous vous asseyez à quelques sièges d'elle. Vous asseoir à côté d'elle alors qu'il y a d'autres places libres sera ressenti comme une agression. " Que me veut-il, ne peut-il pas me laisser tranquille ? Je ne le connais pas, pourquoi vient-il s'asseoir à mes côtés ? Va-t-il me demander quelque chose, m'importuner ? " Voilà ce que nous pensons au fond de nous-mêmes.


Prenons le même scénario dans un pays du Sud. S'il y a dix sièges libres et un seul occupé, le nouvel arrivant ira s'installer à côté de la personne déjà assise. S'asseoir plus loin serait ressenti comme une indélicatesse, une impolitesse ou du mépris. " Pourquoi m'ignore-t-il ainsi ? Pourquoi ne veut-il pas parler avec moi, pour qui se prend-il pour me snober ?" Et ces deux-là, une fois assis côte à côte, vont toujours trouver des choses à se raconter. Comme ça, pour rien, pour passer le temps, pour le plaisir d'échanger, d'être sociable, pour un sourire, un mot gentil. Pour rendre chaque instant de la vie un plus empreint d'humanité.


Nous vivions comme cela dans nos campagnes. Nos anciens se retrouvaient sur la place du village, au café, sur un banc public, autour de la fontaine,bavardaient, riaient, disaient parfois du mal du voisin absent, certes, mais qu' importe... Cette vie sociale était le ciment de la communauté, la solidarité et l'entraide en étaient les règles.


Apprenons à retrouver cette spontanéité. Si vous abordez votre voisin de siège dans le métro, pour bavarder, peut-être va-t-il vous rembarrer, ou peut-être pas, bien au contraire. Vous passerez alors une demi-heure de transport, à échanger avec un ou une inconnue, à parler de tout et de rien. Le voyage passera bien plus rapidement et vous quitterez le métro en échangeant une politesse et un sourire avec cet inconnu , qui le sera du coup un peu moins.

 

 

Source : Vivre simplement pour vivre mieux. P.LAHILLE.

 

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