Les Amis de la Terre fustigent un «scandale démocratique en cours» à l'Assemblée nationale !

Aux côtés d'Oxfam et de Greenpeace, l'ONG dénonce la proposition du gouvernement d'affecter un crédit de 20 milliards d'euros à de grandes entreprises « telles qu'Air France, Renault ou le parapétrolier Vallourec » au titre des participations financières de l'Etat pour les aider à faire face à la crise du coronavirus. Les députés qui examinent ce vendredi le projet de loi de finances rectificative devraient voter la mesure dans la journée.

« Les Amis de la Terre France, Greenpeace France et Oxfam France s'alarment qu'aucune condition ne soit posée au versement de ces aides publiques, alors qu'elles pourraient renflouer des entreprises polluantes, qui contribuent fortement au dérèglement climatique », écrivent les trois associations dans un communiqué commun. « Toute montée au capital de l'Etat dans une entreprise devrait être soumise à une obligation de réduction d'émissions de gaz à effet de serre alignée avec les objectifs de l'Accord de Paris, au non-versement de dividendes et à une limitation stricte des hauts salaires », poursuivent-elles. 

Devant l'Assemblée, vendredi, le ministre de l'Economie a assuré qu'il n'y aurait pas de « chèque en blanc ». Il y aura deux séries de « conditions » pour les entreprises aidées : « Un effort de redressement et de compétitivité » ainsi qu'« une politique environnementale ambitieuse », a déclaré Bruno Le Maire. Le ministre a affirmé devant les députés qu'« il faut que ces grandes entreprises industrielles s'engagent totalement pour une économie décarbonée ». Il a aussi fixé trois critères pour une « protection » de ces entreprises par « la puissance publique » : qu'il y ait des enjeux d'indépendance, de technologies et d'emploi, en citant le constructeur Renault pour ce dernier point.

Un amendement du groupe LREM qui devait être débattu dans l'après-midi prévoit que les entreprises aidées « intègrent pleinement et de manière exemplaire les objectifs de responsabilité sociale, sociétale et environnementale dans leur stratégie, notamment en matière de lutte contre le changement climatique ». Jeudi, un amendement réclamant des contreparties déposé par onze députés (parmi lesquels des élus de la majorité) avait été rejeté en commission. Il demandait notamment la publication par les entreprises soutenues de leur bilan carbone et « d'une trajectoire de réduction de cette empreinte carbone en conformité avec les objectifs de l'Accord de Paris ».

« Je suis en colère. C'est rare », a écrit sur Twitter le député sans étiquette Matthieu Orphelin, co-signataire de cet amendement « issu d'une proposition » d'Oxfam, comme on peut le lire sur le site de l'Assemblée. Le député UDI Charles de Courson s'était pour sa part offusqué de ne pas obtenir d'éléments justifiant la somme de 20 milliards d'euros. « J'en ai assez d'apprendre tout par la presse, j'en ai assez », avait-il martelé.

SLT

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Commentaire de JF@ le 19 avril 2020 à 9:05
Commentaire de JF@ le 19 avril 2020 à 9:05

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