Cette chronique fait suite à celles du 27 septembre , et à celle du 5 octobre.

De temps en temps, les autorités font preuve de salubrité publique. En particulier lorsque les bidonvilles se trouvent sur un chemin emprunté par les touristes, à qui doit être épargné la vue de ces souffrances qui pourraient les empêcher de passer des vacances sereines et réussies. Alors surgit la police et quelques bulldozers. Tout disparaît en quelques minutes, poussé en un tas informe auquel on met le feu au plus vite, afin que les habitants ne puissent pas avoir la tentation de reconstruire. Ceux-ci , qui ont ainsi perdu leurs pauvres biens, repartent établir un autre bidonville à quelques kilomètres, perdant les repères qu'ils avaient , perdant aussi le plus souvent les voisins avec lesquels il avaient établi des liens.

Les gens réagissent aux vols, si fréquents soient-ils, de manière irrationnelle et presque démente. Dérober à un  pauvre  qui ne possède qu'une chemise et une écuelle  est un acte inhumain. Aussi, la réaction de la victime est-elle également inhumaine.

Si la foule attrape un voleur sur un marché, sur une place, dans la rue, elle est capable de le tuer séance tenante. Paradoxalement, le rôle de la police consiste  plus à protéger le voleur, voire à le sauver, qu'à le poursuivre! Une de nos assistantes sociales me racontait, il y a quelques années, qu'un  voleur pris "la main dans le sac" avait été brûlé vif sur le marché. Cela, à ses yeux, était parfaitement justifié!

Le problème mondial n'est pas de trouver de la nourriture. Celle-ci existe en abondance, et ne nécessiterait que de bonnes conditions de transport, et une bonne gestion. Le véritable problème, ce sont les hommes. Que faire de ces millions de personnes vivant sur terre, de leur énergie inemployée, de la force qu'ils représentent et qui est inutilisée ? Quelle place ont ces hommes ? Sont-ils de membres de plein droit de notre humanité, sont-ils des parents pauvres, sont-ils des intrus ?

Toute solution au problème des bidonvilles passe par une intervention de la société, par une volonté politique forte, visant à freiner l'exode irraisonné et déraisonnable vers les agglomérations. Il est impérieux d'aider les plus pauvres et les plus démunis à produire et à écouler leur production, à entrer dans le circuit économique. Sinon, leur reste seul le choix de mourir ou de devenir un  objet de charité.

La pauvreté absolue en milieu urbain est intolérable, insultante et attentatoire à la digité humaine.

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