Comment on devient de proche en proche une ville comestible

Ce cas est intéressant. Il y a trois ans, en 2013, une jeune femme décidait de démarrer l'agriculture urbaine dans sa commune du Québec. Il s'agit de Jasmine Kabuya Racine à Salaberry-de-Valleyfield, commune de 41.000 habitants. Au début, ce qui n'était que la mise en place de deux plates-bandes de plantations de fruits et légumes dans un quartier de la ville s'est vite étendu à l'école, puis au voisinage, jusqu'à aller créer des rues comestibles dans les environs.

Puis, les mois et les années passent, 2014, 2015, 2016 et le mouvement visant à l'autosuffisance alimentaire grandit avec toujours plus d'acteurs concernés sur le territoire, à tel point que les groupes locaux des communes voisines se regroupent pour former un collectif plus large, les Incroyables Comestibles du Suroit (1). Du coup, on voit plus grand, plus large et toujours plus... comestible. On va identifier des paysages entiers qui vont être transformés en sentiers fruitiers ainsi que des grands terrains devenant des potagers géants et gratuits comme pouvaient en rêver les fondatrices du mouvement anglais Incredible Edible Todmoden, les deux mères de familles, Mary Clear et Pam Warhurst. De là à ce que la masse critique soit atteinte pour que la majorité de la population décide de produire et consommer localement, il ne reste plus qu'une courte distance à parcourir.

Entre temps, comme le rapporte le journal Saint-François (2), "Jasmine Kabuya Racine, horticultrice et organisatrice pour les Incroyables Comestibles du Suroît, a été gratifiée du Prix Hommage bénévolat-Québec 2016 en reconnaissance de son apport exceptionnel à la promotion des saines habitudes de vie.

La lauréate a été honorée lors d'une cérémonie qui se déroulait à l'Hôtel du Parlement et qui récompensait son travail humanitaire. Le ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, François Blais a fait la présentation du Prix Claude-Masson décerné à un jeune bénévole de 14 à 35 ans qui s'est distingué dans l'ensemble de la Montérégie.

Instigatrice des Incroyables Comestibles à Salaberry-de-Valleyfield et dans la région, Jasmine Kabuya Racine a implanté un mouvement visant à transformer des espaces verts ou négligés en potagers libre-service. Depuis 2013, elle a largement contribué à divers projets dont l'aménagement d'un potager et d'un jardin aromatique à l'école Marie-Rose, le partage de plantes dans la Ruelle verte des Tisserands ainsi que la réalisation prochaine d'un sentier piétonnier nanti d'arbres fruitiers à proximité de l'aréna du boulevard Hébert.

Possédant une habileté marquée à animer des groupes, la résidante de Saint-Timothée se démarque par son dynamisme, sa débrouillardise et son entregent. La force de son engagement réside dans son besoin de valoriser des espaces verts dénudés en les rendant productifs et esthétiques. La femme de 33 ans adore initier les jeunes au plaisir de jardiner et de récolter des aliments simples, sains et savoureux.

«Par l'entremise du mouvement des Incroyables Comestibles, elle démontre à tout citoyen les possibilités qu'offre la culture d'un petit espace et comment les lieux communs de jardinage rapprochent les gens», a louangé Lucie Charlebois, députée de Soulanges et ministre responsable de la Montérégie, lors de l'attribution du Prix Hommage bénévolat. «L'action bénévole est un acte empreint d'une grande humanité. Les lauréats et lauréates incarnent cette solidarité qui caractérise la société québécoise», a félicité le ministre François Blais.

«Je rêve d'embellir notre ville. Ça me tient à cœur», de signifier Jasmine Kabuya Racine au Journal. Son entourage regorge d'ambassadeurs, comme ses trois enfants, qui sont fiers de voir leur mère à l'œuvre autour de l'école."

Et ce qu'on fait à Salaberry-de-Valleyfield, toutes les communes du monde peuvent le faire. Alors à qui le tour ? Quelle commune veut faire l'expérience de l'autosuffisance alimentaire à présent ? L'autosuffisance alimentaire avec les Incroyables Comestibles, ça marche parce c'est simple à réaliser et que la nature est généreuse, on plante, on arrose et on partage.

L'abondance est le fruit du partage.

Bien amicalement,

François Rouillay

(1) Page facebook des Incroyables Comestibles du Suroit en LIEN ICI.

(2) Article du journal Saint-François en LIEN ICI.

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