Convention citoyenne pour le Climat = GADGET

C’est l’année des “grands débats” !

Après celui de janvier à mars consacré à résoudre la crise des gilets jaunes, après celui sur les retraites qui doit se poursuivre jusqu’à la fin de l’année, place à celui sur le climat. Annoncée par Emmanuel Macron à la fin du premier grand débat, la “convention citoyenne pour le climat” lance ses travaux ce vendredi 4 octobre pour quatre mois. 150 Français représentatifs de la société -5 jeunes, 25% de non-diplômés, 2 agriculteurs et 27% de retraités par exemple- ont été sélectionnés parmi 155.000 personnes tirées au sort par l’institut de sondages Harris Interactive.


Au cours de six weekends en tout, jusqu’au dernier de janvier, ils vont devoir plancher sur ce thème: “Comment réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% d’ici 2030 dans un esprit de justice sociale ?”, selon la lettre de mission adressée par le chef du gouvernement, Édouard Philippe. Vaste programme alors que les États du monde entier peinent à se mettre d’accord pour réduire d’un degré et demi le réchauffement climatique d’ici 2050, que la crise des gilets jaunes en réponse à la taxe carbone est passée par là et que les résultats du gouvernement en la matière peinent à convaincre les Français.


C’est la première fois qu’un tel processus de démocratie participative qui associe directement les citoyens au processus législatif voit le jour. Les réformes qui sortiront de cette instance de délibération devront être “prêtes à l’emploi”, c’est-à-dire prêtes à être votées au Parlement, appliquées par règlement ou soumises au référendum. “Nous attendons des citoyens qu’ils produisent de la norme”, explique Julien Blanchet, rapporteur général de la convention citoyenne. “Emmanuel Macron a dit à deux reprises qu’il transmettrait sans filtre ces propositions au Parlement ou au référendum, cette respiration démocratique est inédite”, se félicite, confiant, celui qui est également vice-président du Conseil économique, social et environnemental (CESE).


“C’est un peu gadget”, rétorque l’ONG de protection de l’environnement Greenpeace. “Le gouvernement a organisé les états généraux de l’alimentation qui n’ont mené à rien, le grand débat de janvier qui devait porter en partie sur les questions climatiques n’a rien donné, le conseil de défense écologique ne fait pas avancer l’action climatique”, déplore le porte-parole de l’ONG, avant d’ironiser : les députés de la majorité ne seraient pas capables d’organiser la politique climatique du pays ? Réponse de Julien Blanchet : “C’est bien d’avouer que franchement on n’y arrive pas. Le Parlement n’y arrive pas. C’est un geste de confiance de la part d’Emmanuel Macron de donner la parole à cet éventail représentatif de la France”.


À force de faire débattre les Français depuis un an sans toujours en sortir des solutions, Emmanuel Macron devient la cible récurrente d’associations ou de syndicats qui l’accusent de parler sans agir. “Stop au blabla”, écrit ainsi Greenpeace sur son site Internet. “On se sert de la convention citoyenne comme paravent pour cacher l’inaction”, critique Clément Sénéchal, porte-parole de l’ONG chargé des “politiques climatiques”. “Non, je pense qu’on en gagne, du temps”, réplique Julien Blanchet, l’un des organisateurs de la convention. “Je constate que le gouvernement a voulu mettre en place la taxe carbone et qu’elle n’a pas vraiment été la bienvenue. C’est là qu’on a perdu du temps. Aujourd’hui on gagne du temps en cherchant un consensus démocratique”.

Villaines/Rozières

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Commentaire de JF@ le 5 octobre 2019 à 7:09
Commentaire de JF@ le 5 octobre 2019 à 7:08

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