Éco-pâturage en forêt de Fontainebleau

Pour une fois, ce n'étaient pas à cause des biches ou des sangliers que les automobilistes qui circulaient sur la route d'Orléans ont dû stopper net leurs véhicules, lundi matin !

Devant eux, plus de 600 moutons ont traversé la D 152 pour rejoindre le Champ Minette de l'autre côté du Grand Parquet, en forêt de Fontainebleau. Les 300 brebis et 310 agneaux ont en effet gagné leur quartier d'été après une transhumance de deux heures au cœur du massif. « C'est de l'écopastoralisme. Les bêtes s'occupent d'entretenir le terrain pour éviter la repousse et maintenir ouvertes 300 ha de landes et pelouses sèches sur les 1 000 ha que compte le massif », explique Gaëtane Hay, responsable du service accueil biodiversité à l'agence Ile-de-France Est de l'Office national des forêts (ONF).

Les ovins en mangeant la végétation basse et certaines jeunes pousses de conifères, par exemple, préservent ce type de paysages. « Avant, la forêt était constituée de 50 % d'espaces ouverts avec peu d'arbres, rappelle Jean-Michel Galerne, chef de projet chargé de la biodiversité. Dans la zone du Champ Minette, par exemple, vit la moitié de la population de l'alouette Lulu d'Ile-de-France, un petit oiseau. Nous avons aussi l'unique couple de rapace de Circaète Jean-Le-Blanc de la région. » On trouve aussi la Fauvette Pitchou et l'Engoulevent d'Europe, d'autres espèces d'oiseaux protégées.


« C'est un vrai plaisir d'effectuer la transhumance. Les bêtes sont habituées à le faire, détaille Alexandre Faucher, le berger, accompagné de ses trois chiens. Bon, on a un peu de retard mais l'herbe était bonne sur la route. » Ce passionné de nature a allié ses études, un BTS Gestion et protection de la nature, avec sa passion voici cinq ans. Il a débuté avec 80 brebis. Outre la viande, il pourrait commercialiser du fromage dans les années à venir.

Les champs du possible, une coopérative agricole, ont signé le partenariat avec l'ONF pour développer l'écopâturage, en lien avec le berger qui arrive après cinq ans de travail à se dégager un salaire avec sa compagne. « Les déjections des animaux apportent de la nourriture pour certains scarabées et de nombreux insectes, rappelle Gaëtane Hay. C'est aussi nettement moins coûteux que du débroussaillage classique. » Ces petits animaux finiront certainement dans le menu des oiseaux. Un vrai cercle vertueux.

Deleuze

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Commentaire de JF@ le 23 juin 2019 à 7:08
Commentaire de JF@ le 23 juin 2019 à 7:07

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