Une cinquantaine d'agriculteurs de la Confédération paysanne "venus de toute la France" ont pénétré mercredi 28 mai dans la matinée sur le chantier de la ferme des "Mille vaches" près d'Abbeville (Somme), afin de démonter une partie des installations, a annoncé le syndicat dans un communiqué !

"A quelques semaines de la première traite", les militants de la Confédération paysanne ont entamé "le démontage de la salle de traite, énorme machine destinée à traire trois fois par jours les 1000 vaches que cette usine doit accueillir", a précisé le collectif. Équipés de clés à molette et de pinces, une cinquantaine de militants se sont déplacés et près de vingt d'entre eux ont réussi à pénétrer sur le chantier pour "démonter une pièce du système de traite de lait, qui permet le fonctionnement de la traite automatique des vaches", a indiqué de son côté un porte-parole de la préfecture de la Somme. Si le projet est la cible d'une telle animosité c'est qu'il s'apparente pour la première fois en France à une usine plus qu'à une ferme. Mille vaches laitières mais aussi 750 veaux et génisses devraient cohabiter dans des hangars et connaître le même sort que la majorité des porcs, volailles, canards ou encore lapins dans le pays: un élevage en batterie.

Alignés les uns aux autres dans ces élevages hors sol et intensifs, 1750 bovins seront utilisés dans une logique de productivité et de rentabilité alors que les élevages les plus importants en France ne dépassent actuellement pas les 350 têtes. Les vaches ne produiront d'ailleurs pas uniquement du lait. Grâce à la transformation du lisier et du fumier, du méthane sera aussi produit pour être ensuite vendu sous la forme d'électricité à EDF. "Avec le projet 1000 vaches, le lait devient un sous-produit de la merde", avait déclaré Laurent Pinatel, porte-parole de Confédération paysanne, au HuffPost en début d'année. L'intervention des agriculteurs de la Confédération paysanne dans la ferme mercredi matin a rapidement été maîtrisée par les gendarmes après un face à face tendu vers 9h. Le chantier, où se trouvaient également des ouvriers, a été évacué. "Nous savons désormais qu'il n'y a pas de volonté politique d'empêcher l'aboutissement de ce projet. Malgré les risques encourus face à une justice aux ordres, nous ne pouvons pas laisser détruire notre avenir. Nous ne risquons pas notre liberté avec plaisir", a expliqué le syndicat agricole.

Le tribunal administratif d'Amiens avait rejeté le 12 mars la demande des opposants à la ferme géante de suspendre son permis de construire délivré l'an dernier. Le 17 février, la Confédération paysanne, l'association d'opposants locaux Novissen et les associations MNLE, L214 et Picardie Nature avaient demandé en référé la suspension du permis de construire de la ferme, invoquant des "irrégularités manifestes et nombreuses", pour la plupart des points techniques. Un arrêté préfectoral a limité à 500 le nombre de vaches laitières sur le site, tant que la surface d'épandage des boues résiduelles ne serait pas suffisante. Mais les opposants , qui dénoncent une "agriculture qui fera disparaître les paysans", estiment que les dimensions de la ferme, et du méthaniseur qui y est associé, n'ont pas été changées et qu'il s'agira à terme d'une ferme de 1000 vaches (de 1750 bovins au total, avec les génisses).

AFP

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Commentaire de JF@ le 28 mai 2014 à 15:20
Commentaire de JF@ le 28 mai 2014 à 15:19

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Alors que les paysans venus démonter la salle de traite de la ferme-usine des 1000 vaches s’apprêtaient à quitter le site, les gendarmes sont intervenus et ont procédé à quatre interpellations.

Les forces de l’ordre étaient donc bien au rendez-vous, non pas pour protéger le chantier, mais bien pour tenter de porter un coup à la mobilisation. C’est la troisième fois que des militants de la Confédération paysanne sont placés en garde à vue pour permettre à un industriel de construire une usine à lait. La répression syndicale se poursuit donc pendant que d’autres détruisent notre avenir en toute impunité.

Contacts :
Laurent Pinatel, Porte-parole national : 06 80 58 97 22
Mikel Hiribarren, Secrétaire général, à Abbeville : 06 38 91 04 83
Elina Bouchet, Chargée de communication : 06 95 29 80 78
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Commentaire de JF@ le 28 mai 2014 à 13:41

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