En mai, la Suisse décidait, au terme d'un référendum, de ne pas prolonger la durée de vie de ses centrales nucléaires. La Confédération rejoignait une cohorte de pays ayant dit non à l'atome : Allemagne, Italie, Autriche, Taïwan !

Le mois suivant, la Corée du Sud annonçait qu'elle allait réduire la part du nucléaire dans son mix électrique. " Je vais abandonner tous les projets de nouveaux réacteurs en cours et je ne prolongerai pas la vie des réacteurs actuels ", déclarait le nouveau président Moon Jae-in.

Confronté au boom des renouvelables et aux surcoûts des centrales de troisième génération post-Fukushima, le nucléaire traverse une mauvaise passe. Westinghouse (Toshiba) est en faillite, et Areva a besoin d'urgence d'être recapitalisée. En avril, l'énergéticien Engie s'est retiré du projet NuGen en Grande-Bretagne. Demain, il pourrait faire de même en Turquie. L'ex-GDF-Suez qui nourrissait de grandes ambitions se contente aujourd'hui de gérer les sept réacteurs qu'il possède en Belgique. Cela jusqu'en 2025. Car Bruxelles non plus n'a pas l'intention de les prolonger. Il pourrait d'ailleurs mettre ses centrales au rebut plus tôt que prévu. Le mois dernier, quelque 50 000 Belges, Allemands et Néerlandais ont formé une chaîne humanitaire transfrontalière de 90 kilomètres en exigeant la fermeture " immédiate " de deux réacteurs dont les cuves recelaient des fissures.

Alors, quel avenir pour le nucléaire ? Si l’on en croit l’AIEA, celui-ci devrait progresser sur le long terme en termes de capacités. En 2050, la hausse en terawattheures se situerait entre 40 et 200 %. La part du nucléaire dans le mix électrique va en revanche diminuer passant de 11 à 10 % d’ici à 2050 selon une hypothèse haute, et à 4,7 % selon une hypothèse basse. Le nouveau nucléaire est un « marché de niche », constatait récemment Isabelle Kocher, directrice générale d’Engie. Ce qui ne veut pas dire que la filière va disparaître. Le nucléaire est l’industrie du temps long et certaines entreprises y voient même de belles opportunités. Mais l’atome ne sera jamais l’industrie mainstream que présageait l’ancienne patronne d’Areva Anne Lauvergeon. Et si demain la problématique du stockage de l’électricité est résolue, le déclin pourrait être plus rapide que prévu. Le titre de la couverture de The Economist était sans doute prémonitoire.

Mais Hinkley Point sera-t-il un jour lancé ? Aujourd’hui, le Brexit et l’affaiblissement de la Première ministre Theresa May fragilisent le projet. L’autorité britannique de contrôle des comptes publics, le National Audit Office, a estimé que le prix de l’électricité garanti à EDF pourrait engendrer un surcoût de 34 milliards d’euros. Lundi 3 juillet, après plusieurs mois d’une « revue complète », EDF a annoncé que les EPR britanniques coûteront 1,8 milliard d’euros plus cher que prévu. L’investissement total s’élève désormais à plus de 24 milliards.

En outre, un risque de retard de quinze mois est envisagé.

Stiel

Vues : 94

Les commentaires sont fermés pour ce billet

Commentaire de JF@ le 17 juillet 2017 à 6:48
Commentaire de JF@ le 17 juillet 2017 à 6:43

Activité la plus récente

Billets de JF@
Il y a 1 heure
ColibrisNath a commenté l'article Un verger sauvage productif de Yves Robert.
"Bravo !"
Il y a 16 heures
Événement mis à jour par Benjamin Barralon

(69) Saint Didier au mont d'or - Introduction Jardin Forêt à Association ô jardins d'or

22 août 2020 à 10 au 23 août 2020 à 18
J'organise une introduction à la conception et à la plantation d'un jardin forêt en permaculture.…Plus
Il y a 18 heures
GAWELIK Katy a publié un statut
"Confiture ultra-rapide et allégée en sucre…"
Il y a 21 heures

© 2020   Créé par cyril colibris.   Sponsorisé par

Badges  |  Signaler un problème  |  Conditions d'utilisation