Qui n’a pas un jour glissé un peu de poussière sous le tapis ?

C’est exactement ce que fait la France depuis soixante ans avec ses déchets nucléaires. À défaut de tapis, le pays les entrepose à droite à gauche. Sans toujours trop savoir quoi en faire. Greenpeace publie ce mardi une carte que nous nous sommes procurée en exclusivité (voir ci-dessous). L’ONG y recense les soixante-dix principaux sites de stockage et d’entreposage des déchets nucléaires. Certes, l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra) met déjà à disposition du public une carte similaire. « Sauf que l’Andra mélange les torchons et les serviettes, explique Yannick Rousselet, chargé de campagne nucléaire auprès de Greenpeace France. En y incluant par exemple des déchets issus des activités médicales. »

À travers sa carte, Greenpeace cherche donc à remettre les pendules à l’heure. L’organisation indique également les grands axes, routiers et ferroviaires, empruntés notamment pour acheminer le combustible usé sorti des réacteurs jusqu’à l’usine de retraitement de la Hague (Cotentin). Ces transports dangereux représentent de « très forts enjeux de sûreté », selon l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), qui en recense 200 par an. Soit plus d’un train tous les deux jours. Un débat public sur les déchets nucléaires a été lancé en avril 2019, dans le cadre du Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR) 2019-2021. Mis entre parenthèses au moment des élections européennes, ce débat doit être relancé ce mardi, jusqu’au 25 septembre prochain. Plusieurs dizaines de réunions publiques se tiendront d’ici-là dans toute la France. Pour marquer le coup, et défendre un nucléaire dont l’avenir est de plus en plus remis en question, le patron d’EDF, Jean-Bernard Lévy, a prévu de se rendre ce mardi à la centrale de Gravelines (Nord). 

Au total, ce sont 1,6 million de mètres cubes de déchets radioactifs, soit l’équivalent de près de 640 piscines olympiques, qui se sont accumulés en France. 60 % de ces déchets proviennent directement de la production d’électricité par nos centrales nucléaires, selon l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), fin 2017. Un volume déjà considérable, auquel s’ajoutera à l’avenir une autre montagne de déchets liée au démantèlement de notre parc vieillissant.


Que fait actuellement EDF de ces déchets radioactifs ? Une petite part de 4 % est vitrifiée et entreposée sur les sites des centrales, en attendant d’être enfouie à 500 mètres sous terre sur le site contesté Cigéo de Bure (Meuse). Pour le reste, l’inventaire de l’Andra et EDF ne prend pas en compte (ou alors à part) certaines matières pourtant hautement radioactives. La filière française fait en effet valoir que les 96 % restants de l’uranium utilisé dans les centrales peut-être revalorisé et réinjecté dans les réacteurs. Mais dans les faits, seul 1 % du combustible se trouve réellement recyclé dans 22 des 58 réacteurs d’EDF.

Il reste donc encore 95 % de l’ensemble des déchets, soit plusieurs dizaines de milliers de tonnes, qui sont entreposées en attendant de trouver quoi en faire. « Nous prévoyons d’en utiliser une partie à partir de 2023 pour le réinjecter lui aussi dans le cycle du combustible », répond EDF. De quoi multiplier encore les transports. Et donc les risques.

https://www.greenpeace.fr/dechets-nucleaires-pres-de-chez-vous/

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Commentaire de JF@ le 29 mai 2019 à 7:11
Commentaire de JF@ le 29 mai 2019 à 7:10

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