D'de KABAL - Contes ineffables ( album 2003 )

Un art qui peut être difficile à entendre - chargé de tension - la voix est rude !
Les textes sont là:

KRÉOL

Je souffre d'un trouble d'identité, ma culture a été noyée,
Mes racines ont été enterrées.
La langue que parle ma grand-mère
a été cousue à mon palais,
Pour que je ne puisse la parler.
Négritude, créolité, des mots barbares qu'avant je ne pouvais prononcer,
Ils ont fait passer une langue pour un dialecte ou un baragouin.
Ce sont des peuples sans mémoire, donc sans futur que l'on obtient.
Car si tu ne sais pas doù tu viens,
A quelle grande famille tu appartiens,
Tu ne peux pas évoluer et t'approprier la richesse des tiens.
Cest la pauvreté de l'âme, comme l'asphyxie
Provoquée par la compression du visage dans un coussin.

Sans air, pas de racine, sans racine pas d'arbre, sans arbre pas de vie,
Je ne sais si, j'aurais la force d'aller à ma recherche aujourdhui.
Nier, qu'une population puisse mettre en écriture
Ses réflexions, ses hypothèses, ses suggestions,
Cest lui couper les nerfs de la communication,
Cest le forcer à se dire qu'il a pas le droit à l'émancipation. NON


Pas rété nèg des champs
Nous qu'à vive dans bâtiments
Les mentès, les volès de culture
Nous laiyo vivants
Pou yo plisse ouais zyé nous
Aux moments du soulèvement



Et les antillais vont en métropole,
Font des enfants qu'ils mettront dans les bonnes écoles,
A cet âge c'est comme s'ils étaient tous badigeonnés de colle,
Tout ce qu'ils croisent, ils se l'approprient,
L'acculturation est une cage sans barreaux, et ils sont pris.

L'africain est sauvage, c'est ce qu'on leur a appris,
Nos ancêtres sont blonds ou roux, ça oui c'est écrit !
Notre salut économique passe par la banane, c'est une infamie !
Tu n'existes que grâce et par le blanc,
Tu ne dois ton développement qu'à ton mérite
De pouvoir lire et écrire la langue du blanc.
Entièrement convaincu qu'il est l'égal de son maître,
L'antillais se considère français à part entière, c'est net.
« A part » désigne une partie, « entière » englobe le tout !
« A part entière » ne veut rien dire du tout !

Cest l'histoire du noir sans histoire,
Sans miroir, qui est blanc sans le savoir.
Il est un poisson sans nageoire, un animal qu'on mène à l'abattoir,
Dans un navire fantôme où il n'y a personne à la barre,
Il scrute l'horizon à la recherche d'un phare.

Refrain

Uncle Bens, Pépito, Banania,
Notre imagerie est soignée occasionne des dégâts (bis)

Plus qu'un acte de résistance, un acte d'existence,
Etre noir ne doit pas être vécu comme une fatalité innocente.
La charge sur ton dos n'est pas uniquement
Composée de fragments de ton cheminement ,
Et ce, que tu sois noir, vert fluo ou blanc !
Tu es porteur de l'histoire de ton peuple,
Ma couleur est tachée de sang,
Je ne me cacherais plus sous un linceul !
Je suis à la recherche de mes ancêtres,
De la force du témoignage qu'ils veulent me transmettre.

La tradition est le filon qui se tisse entre les générations,
C'est une trace des pratiques que les anciens ont mises en adéquation,
En vue de se construire dans la lutte pour leurs conditions. (bis)

Refrain

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