« Je ne suis pas obligée d’être tête de liste. Je suis au service de la convergence, pas à mon service », annonçait mercredi Ségolène Royal au Parisien, proposant une main tendue à Yannick Jadot, tête de liste EELV pour les européennes de mai. Mais c’est niet : dans un entretien exclusif, Yannick Jadot explique, ce jeudi, pourquoi il ne sera pas la planche de salut du Parti socialiste.

Ségolène Royal vous propose un tandem, en vous cédant la tête d’une liste de gauche fusionnée. Vous topez ?

YANNICK JADOT. La question n’est pas de toper, mais de penser l’avenir de la planète ! Je reviens de Katowice en Pologne, où la COP24 s’est conclue sur un bilan désastreux, synonyme d’emballement climatique. Les dirigeants français ont brillé par leur absence. Alors, tant mieux si l’écologie n’est plus traitée avec mépris. Mais cela ressemble un peu à un énième tour de passe-passe du PS pour se sauver la mise. Ce qui compte, c’est le fond.

Or, je ne vois pas l’ombre de réponses sur le climat, l’Europe – gangrenée par les extrêmes — et la démocratie qui s’affaisse. Je ne veux pas que mes enfants me disent que j’ai préféré négocier des postes avec le PS que mobiliser pour la planète et l’Europe.

Nous avons un impératif moral et politique indépassable. Celui de sauver le climat et le vivant. La réponse ne peut pas être de faire de l’écologie une simple potion électorale pour requinquer la gauche. Je ne suis pas le conseiller matrimonial du PS pour réconcilier ses courants, Olivier Faure avec Benoît Hamon, Ségolène Royal avec François Hollande.

Vous ne craignez pas de passer pour le fossoyeur de la gauche ?

Pourquoi ? Parce que je demande de la sincérité et de la clarté ? Au contraire, nous sommes les défricheurs de l’avenir. Des millions d’électeurs sont orphelins de la gauche. Ils méritent mieux que des vieilles recettes et un entre-soi confortable. Il est temps de tout réinventer. Ségolène Royal a un flair politique extraordinaire, mais l’écologie n’est pas une mode. Pour nous, c’est le combat d’une vie.

C’est elle qui est venue devant le Parlement européen, quand elle était ministre de l’Environnement, pour défendre le diesel contre la santé ; c’est elle qui a défendu l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes ; c’est elle qui a renoncé sur l’écotaxe ou la fermeture de Fessenheim. A-t-elle vraiment changé ou est-ce un positionnement tactique ? Nous n’avons plus de temps à perdre avec des stratégies erratiques.

Ses proches épinglent votre ego, vous disent injoignable…

J’ai su mettre mon ego dans ma poche pendant la présidentielle (il s’est retiré au profit de Benoît Hamon). Le bilan n’est pas glorieux. Le sujet, c’est le fond. Pas les personnes. On ne m’achètera pas en me faisant miroiter une aventure personnelle. J’ai été à Greenpeace, je suis député européen, mon seul combat a été la protection de l’environnement sur le terrain, pas dans les salons parisiens. Je vois bien le coup médiatique derrière l’idée d’un duo Royal-Jadot. Mais pour faire quoi ? Pour décevoir encore ?

Donc, c’est non !

Non aux magouilles. Sortons de la politique des coups. Et parlons du projet. Moi je conduis une liste des écologistes qui rejoindront le groupe des Verts au Parlement européen. C’est ce groupe qui a gagné toutes les avancées en matière d’environnement, de santé et d’alimentation, sur l’interdiction du plastique encore mardi. Les eurodéputés socialistes ont trop souvent accompagné les renoncements.

Est-ce que, pour Emmanuel Macron, « l’écologie ça commence à bien faire », comme disait Nicolas Sarkozy ?

L’écologie, ça ne peut pas être que des discours. Nicolas Hulot a eu raison de refuser de cautionner plus longtemps une mystification. Ce que nous attendions comme solution à la crise des Gilets jaunes, c’était un plan Marshall sur les transports collectifs et le logement. On peut réduire de 500 euros par an, voire plus, les factures de chauffage si on isole. Lancer un grand plan d’investissement sur les énergies renouvelables et l’agriculture paysanne. Les solutions pour faire la transition écologique et la justice sociale existent. Elles créeraient des centaines de milliers d’emplois. Mais Macron a renoncé aux deux.

Problèmes de fins de mois et fin du monde ne sont pas incompatibles ?

Loin de là. Si on veut apaiser et réconcilier le pays, il faut changer de modèle. Cessons de faire payer les atteintes à l’environnement aux plus démunis et d’exonérer les gros pollueurs. Il faut aussi intégrer les risques environnementaux dans la protection sociale. C’est le sens de ma proposition de créer une « Sécu » de l’environnement.

Quel score ambitionnez-vous ? Autant que le record d’EELV il y a neuf ans (16,29 %) ?

Nous sommes déterminés, à terme, à devenir la première force politique, comme dans d’autres pays européens. Avec mes colistiers Michèle Rivasi, Karima Delli (députées européennes EELV) et Damien Carême (maire EELV de Grande-Synthe), nous voulons bousculer le paysage politique.

SCHUCK

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Commentaire de JF@ le 22 décembre 2018 à 5:09
Commentaire de JF@ le 22 décembre 2018 à 5:08

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