Et si nous faisions une pause en compagnie des abeilles ?

Un savoir-faire pratique:

 Le savoir-faire pratique d'élevage des abeilles est un sujet complémentaire au savoir-faire du jardin et plus généralement de tous les savoir-faire liés à la vie domestique. C'est une tradition de longue date, qui a la vie dure. La pratique domestique de l'apiculture est charnière entre la production au jardin et au verger, la santé de la famille et notre relation avec la nature sauvage.

 

C'est un sujet pratique de la vie de tous les jours; mais, aussi un gros dossier d'actualité. Les abeilles vont-elles mourir? Et, nous laisser nous débrouiller, seuls, avec des écosystèmes dévastés... Après elles; c'est nous qui y passons!

Notre civilisation consumériste aurait-elle eu raison des millions d'années d'évolution de l’espèce Apis mellifera et des quelques milliers d'années de compagnonnage avec l’Homo sapiens!

 

Un renvoi d'argument:

 La question nous fait froid dans le dos... Et, nous pouvons la rejeter d'un revers de manche : les abeilles ont eu la capacité de passer des périodes au moins aussi tourmentées. Elles sont toujours là pour garantir la production et le renouvellement des plantes à fleurs. Ouf...

 

Cependant, si les abeilles peuvent aisément se passer de notre présence, (d'autant que nous dévastons leurs ressources) ; nous-mêmes, du haut de la chaine alimentaire, pouvons-nous nous passer d'elles? Par exemple : à quoi pourrait ressembler un étalage de fruits et légumes, si la pollinisation n'était plus assurée?

 

La question n'a tellement pas de réponse immédiate, que dans les zones où la pollinisation n'est plus assurée, on amène de force des bataillons d'abeilles pour faire le travail. Ou (ce qui est somme toute plus honnête, mais beaucoup plus couteux) on embauche des petites mains pour polliniser au pinceau les millions de fleurs à leur place...

 

Retour à la case départ:

 Des écosystèmes qui fonctionnent bien, c'est non seulement tout à fait "pratique", mais totalement vital pour nous. Il en va de même pour  toutes les espèces vivant sur la Planète bleue. Alors ?...

 

Pourquoi avoir pris le risque de nous retrouver dans une situation aussi précaire, alors que la luxuriance des écosystèmes était encore présente à nos portes, il y a seulement quelques décennies? Quel est ce déchainement de bêtise humaine, qui fait que l'on accélère même encore aujourd'hui ce mouvement totalement suicidaire?!

 

Changer de récit:

 "Dominez la terre, soumettez les animaux" : cette injonction biblique, probablement mal retranscrite, n'en a pas moins constitué le récit de notre "modernité".

Ce récit, on la sait aujourd'hui, n'a pas de "happy end"... Nos ancêtres y ont trouvé une direction pour justifier leurs efforts; mais, ce récit ne peut plus être le nôtre aujourd'hui; et, encore moins, celui des générations à venir!

 

Qu'est-ce qui a changé? Comment en prendre acte pour ne pas sombrer dans le délire collectif du progrès "salva-tueur"?!

 

Une question de taille:

 L'échelle des moyens déployés actuellement par les entreprises fait qu'une action inopportune, (qu'hier, elles commettaient déjà, mais avec beaucoup moins d'efficacité), devient un scandale qui sidère et ulcère le plus insensible des terriens.

 

Pourtant, hier, nous agissions déjà de cette manière, dans une économie qui est fondée depuis plusieurs siècles sur les mêmes préceptes. Avec des méthodes beaucoup plus musclées, les conséquences se sont considérablement alourdies.

 

Pour exemple, les pesticides sont plus redoutables pour les abeilles que n'importe quel prédateur, car la parade qu'elles doivent mettre en place est très éloignée du savoir-faire accumulé par leur instinct de survie. Elles ne sont, notamment, pas pourvues de détecteur à molécules de synthèse tueuses…

 

Appuyer sur le bouton "pause":

 Dans tout ce vacarme causé par l’hystérie progressiste, comment trouver une proposition sensée, pour un avenir possible ?...

 

Je vous avoue que la sérénité que procure le compagnonnage avec des écosystèmes encore potables et des abeilles fondamentalement pas stressées est un luxe extrême aujourd'hui.

Tout autour, je n’ignore évidemment pas que c’est la concurrence érigée en valeur suprême, l’hystérie présentée comme modèle de conduite, et la guerre comme solution finale...

 

La voie du renouveau, présente en nous-même, est tellement ténue, que, si nous ne baissons pas un peu le niveau de notre agitation personnelle et collective, elle ne se fera jamais entendre.

 

Retour sur soi, sur nous:

 Le changement de régime de civilisation ne se fera pas en un "clic" (même si les moyens de communication « high tech » peuvent contribuer à sa mise en oeuvre initiale).

Car, les repères sont, d’abord, intimes, intérieurs.

 

Si je ne me reconnais guère dans le monde fiévreux où j’habite, c'est qu'il y a autre chose en moi… de plus apaisé. Mes échanges aussi aspirent à plus de cohérence ; moins de heurts savamment entretenus (pour maintenir l'agitation productiviste à un niveau, de plus en plus, inaccessible.)

 

Le collectif repose sur des individus : vous, moi. Leurs changement de cap personnel peut (et commence à) tout changer!...

             

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