Derrière le bleu, du rouge-sang !

La nouvelle enquête de l’association L214 s’intéresse cette fois à la filière roquefort... indirectement. Non pas sur les brebis, dont le lait sert à la fabrication du célèbre fromage à pâte persillée, mais sur leurs agneaux, "sous-produits" de l’industrie laitière : « Le roquefort est indissociable des agneaux qui naissent chaque année pour provoquer la lactation des brebis, explique Sébastien Arsac, porte-parole de l’association. Si la filière met en avant l'accès extérieur aux brebis, elle passe sous silence le sort des agneaux qui sont engraissés dans des élevages intensifs. La production de lait et des produits laitiers sont, tout comme celle de viande, à l’origine de grandes souffrances et de la mise à mort préméditée de millions d’animaux chaque année. »

Si 1 agneau sur 4 (la moitié des femelles) reste sur l’exploitation de sa mère pour renouveler le cheptel, selon l’association, la majorité des jeunes ovins est destinée à l’engraissement pour produire de la viande. Soit un demi-million d’agneaux abattus chaque année. Afin de documenter le sort réservé à ces animaux, les lanceurs d’alerte sont parvenus à infiltrer, entre janvier et février 2020, la SARL Grimal située à Rullac-Saint-Cirq (12) – la plus grosse exploitation d'agneaux de France, avec 120 000 agneaux engraissés par an – ainsi que l’abattoir industriel d’Arcadie Sud-Ouest, près de Rodez (12). La vidéo de cette enquête fait froid dans le dos : on y voit des agneaux entassés par milliers dans des bâtiments sans accès à l’extérieur, des bacs d’équarrissage remplis de cadavres.

Les séquences de L214 montrent plusieurs agneaux suffocant au milieu de leurs congénères, secoués par de terribles spasmes qui trahissent la présence de maladies respiratoires. Tandis que d’autres, estropiés, agonisent au sol. Les survivants, eux, termineront leur misérable vie dans les pires souffrances... Au sein de l’abattoir d’Arcadie Sud-Ouest, où finissent une grande partie des agneaux de la SARL Grimal, les lanceurs d’alerte témoignent de graves dysfonctionnements, déjà relevés en 2016 par les services vétérinaires. Les cadences infernales – un agneau tué toutes les 10 secondes – favorisent des "ratés" dans l’étourdissement des animaux. Ainsi, l’électrocution est réalisée sur le cou au lieu de la tête, les agneaux étant donc saignés puis suspendus à des crochets en pleine conscience.

L’association a porté plainte auprès du procureur de la République de Rodez pour sévices graves envers des animaux. Elle réclame, outre la fermeture d’urgence de l’abattoir, la modification du cahier des charges de l'appellation d'origine « roquefort » afin que celui-ci interdise d’enfermer les agneaux toute leur vie dans des bâtiments fermés sans accès au pâturage (ce qui est déjà le cas pour les brebis) et l’abattage sans étourdissement des animaux issus de la filière.

La Fondation 30 Millions d’Amis exige du ministère de l’Agriculture des engagements concrets pour mettre fin à l’élevage intensif, auquel s’opposent plus de 8 Français sur 10 (baromètre Fondation 30 Millions d’Amis /Ifop, 2020).

https://www.l214.com/enquetes/2020/agneau-roquefort

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Commentaire de JF@ le 25 juin 2020 à 8:52
Commentaire de JF@ le 25 juin 2020 à 8:51

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