Un rapport d'experts, un paysage d'enfance disparu ou un leader charismatique au lycée, les motivations des militants climatiques européens, portés par la vague politique "écologiste" en Europe, sont diverses !

Tour d'horizon en quelques entretiens réalisés à l'occasion d'une action contre le charbon entamée mercredi en Allemagne et qui se poursuit samedi dans le bassin minier rhénan. Entre manifestations et blocage de mine à ciel ouvert, elle a mobilisé des milliers de personnes.

"Pupsy", 18 ans, Allemagne

"Il y a ce copain dans mon lycée, qui était déjà super actif cette année. C'est vraiment un modèle pour nous. Donc, ça a été très vite, ces cinq dernières semaines, il m'a présenté à des groupes de Fridays for Future", témoigne sous son "pseudo d'action" cette lycéenne néo-activiste.

Elle n'aurait jamais pensé il y a encore quelques mois commencer ses vacances d'été au milieu de 5.000 militants écologistes chevronnés près d'une mine à ciel ouvert et elle a encore quelques doutes.

"Pour moi faire une action illégale (bloquer une mine) n'est pas une option. Je risque une arrestation et une mention dans un casier judiciaire, pour trouver un travail ça peut être très compliqué", reconnaît-elle.

Et à la rentrée ? "L'étape d'après c'est de fédérer tout le monde dans un "Groupe climat" à l'échelle de notre ville de Mannheim et de faire pression sur la municipalité pour qu'elle modifie ses pratiques. On peut y arriver. Rien qu'avec mes parents en quelques mois ça a été très vite. Même si je ne les trouve pas assez "verts" à mon goût. Ils sont quand même devenus végétariens depuis cet hiver", se félicite-t-elle.

Aksel Johansen, 27 ans, Danemark

"A 15 ans j'ai lu un premier rapport sur le climat, qui m'a donné envie de m'engager. J'ai rejoint des manifestations" et face au manque de réponse des pouvoirs publics "j'ai décidé de passer aux actions directes", dit à l'AFP le jeune homme, qui participe pour la cinquième fois à une action de blocage de mine de charbon. Elle est organisée par les activistes allemands de l'organisation "Ende Gelände" (Terminus).

Sur le camp installé, qui sert de base arrière aux 5.000 militants, il a été affecté à l'atelier de peintures de pancartes. "Je suis particulièrement ému cette année, car on a vu l'ampleur qu'a pris le mouvement de la grève pour le climat (Fridays for Future)", dit-il.

Guillaume Durin, 41 ans, France

"Mon grand-père vient de Haute-Savoie, il a fait beaucoup d'alpinisme et il ne reconnaît plus ses glaciers, le massif des Bossons, ni ses vallées blanches. J'ai écrit sur le sujet pendant mes études, fait un doctorat, mais à un moment, écrire ne suffisait plus", explique ce consultant.

"Ce qu'il faut, c'est aller beaucoup plus loin, car le problème est bien plus grave. Il faut se mettre en jeu, faire en sorte que les choses changent vraiment, et parfois aller sur le terrain quand il y a des projets qui sont destructeurs et les empêcher et collectivement", raconte-t-il.

Se préoccuper du climat "ce n'est pas seulement couper sa douche ou manger bio", ajoute-t-il.

Günter Wimmer, 76 ans, Allemagne

"Je suis activiste écologique depuis 40 ans. C'est la question du nucléaire qui m'a fait pendre conscience des menaces. Et puis il y a eu Tchernobyl. Depuis j'ai été de plusieurs luttes. Mais aujourd'hui je ne suis plus en état physique", dit ce militant aux cheveux blancs, appuyé sur une canne.

"Ces dernières années nous étions deux à Munich à nous impliquer quotidiennement. Je commençais à perdre espoir mais là tous ces jeunes m'en redonnent. Cette génération a tellement de force, ils sont si connectés, si intelligents. Avec eux, on va finir par gagner", dit-il sans pouvoir retenir ses larmes.

AFP

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Commentaire de JF@ le 24 juin 2019 à 6:29
Commentaire de JF@ le 24 juin 2019 à 6:29

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