Le glyphosate (C3H8NO5P) : Un herbicide dit total, car non sélectif et redoutablement efficace contre celles que l’on qualifie de mauvaises herbes !

Un herbicide qui a été massivement utilisé depuis sa mise sur le marché par Monsanto, au milieu des années 1970, sous la marque Roundup. D’autant qu’il a longtemps été considéré comme inoffensif pour les animaux.

Pourquoi ? Car son mode d’action est de s’attaquer à EPSPS, une enzyme spécifique aux plantes. Une enzyme qu’elles utilisent pour fabriquer des acides aminés essentiels à la constitution de protéines. Une enzyme que ni les animaux ni les hommes ne produisent. On la retrouve tout de même chez certains micro-organismes, parmi lesquels, de nombreuses bactéries. Et aujourd’hui, une étude réalisée par des chercheurs de l’université du Texas à Austin (États-Unis) montre que, lorsqu’elles sont exposées au glyphosate, le microbiote intestinal des abeilles – cette communauté microbienne qui vit naturellement dans leur système digestif – s’appauvrit. Les insectes pollinisateurs deviennent alors plus sensibles aux infections et aux bactéries nocives susceptibles de causer leur mort.

Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont étudié des abeilles exposées à des doses connues de glyphosate. Les doses que l’on peut trouver dans des champs cultivés, dans des cours ou sur des bords de routes. En trois jours seulement, l’herbicide – avec des concentrations telles que celles que l’on retrouve dans le nectar des fleurs de 5 à 10 mg par L – semblait avoir considérablement altéré les microbiotes initialement sains. Avec des résultats parfois déroutants tout de même, car les abeilles les plus exposées ne semblent pas être celles qui présentent les microbiotes les plus perturbés. Mais peut-être est-ce dû au fait que ces abeilles-là sont mortes pour la plupart, ne laissant à l’étude que les plus résistantes.

De manière générale, quatre des huit espèces de bactéries saines dominantes dans les intestins des abeilles se sont révélées moins abondantes. Jusqu’à cinq fois moins ! La plus touchée : Snodgrassella alvi. Normalement concentrée sur la paroi intestinale, elle sécrète un produit chimique capable d’attaquer les bactéries envahissantes et pourrait constituer une barrière protectrice naturelle. Et notamment contre Serratia marcenscens, un agent pathogène opportuniste qui infecte les abeilles du monde entier. Un microbiote sain et la moitié des abeilles survivent, même après huit jours d’exposition à ce pathogène. En revanche, seule une abeille au microbiote altéré sur dix s’est montrée capable de survivre au même traitement.

Les bourdons présentant des microbiotes semblables à ceux des abeilles mellifères, les chercheurs craignent qu’ils puissent également souffrir d’un empoisonnement au glyphosate. Et les scientifiques soulèvent aussi naturellement la question de savoir si l’herbicide affecte le microbiote humain. Même si celui-ci est différent et bien plus varié que celui des abeilles et que l’exposition humaine reste généralement bien plus indirecte.

MAYER

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Commentaire de JF@ le 30 septembre 2018 à 9:37
Commentaire de JF@ le 30 septembre 2018 à 9:37

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