Histoire de colibris : Hocine et sa famille incarnent l'utopie !

Ce mois-ci, Hocine nous raconte son histoire de colibri, et comment il fait sa part, entre achats groupés, potager, Agenda 21 et Pédibus !

Comment avez-vous été en contact avec le Mouvement Colibris ?

Un beau jour, une collègue m’a prêté le livre "Graines de possibles". C’est là que j’ai découvert Pierre Rabhi. Ses propos ont eu une résonance très forte. Probablement parce que, comme lui, j’ai grandi avec une double culture. Le jour de mon anniversaire, ma femme a fait mouche en m’offrant "Du Sahara aux Cévennes". J’ai eu envie d’en savoir plus. Je réalisais que mon cheminement m’avait intuitivement amené à concilier mes deux cultures. Plutôt que de me focaliser sur ce qui les séparait, j’ai préféré concentrer mon énergie sur tout ce qui pouvait les relier. C’est comme ça que, naturellement, l’humanisme et l’écologie ont investi mon champ de réflexion et d’action.

Au fil de mes lectures, j’ai réalisé l’ampleur des enjeux et celle de mon ignorance. J’ai décidé de réduire fortement le temps passé devant la télé au profit de temps de réflexion et d’échanges avec mes proches, en particulier avec ma femme, biologiste de formation, dont le niveau de conscience était plus avancé que le mien. Comme disait Socrate : "l’ignorant affirme, le savant doute, le sage réfléchit". De la réflexion à l’action il n’y a qu’un pas. Alors, quand j’ai découvert le mouvement Colibris, je me suis dit qu’il était grand temps d’agir.  


Avant cela, étais-tu déjà sensibilisé aux thématiques écologiques et humanistes ?


Je suis né en France de parents algériens. Ils ont du quitter leur pays  juste après la guerre. Auparavant, ils étaient agriculteurs (forcément bio !) dans un hameau au cœur de la Kabylie. Lorsque j’étais enfant, j’accompagnais ma mère qui y retournait chaque été pendant les vacances scolaires. Je garde un souvenir très ému de ces moments : la relation avec la nature était très forte, les relations familiales et de voisinage étaient de qualité. La cuisine était saine et savoureuse (pain levé cuit au feu de bois, tajines parfumés, fruits gorgés de soleil…). La bienveillance, l’humour, la générosité étaient partout. 
Je pense que, sans le savoir, ces valeurs écologiques et humanistes font partie de mon héritage. Je ne remercierai jamais assez mes parents de me les avoir transmises.


Quelles sont tes actions, à l'échelle individuelle ou collective, pour contribuer à créer un monde plus écologique et plus humain ?


Avant de lancer une action, je me demande si elle va améliorer durablement ma vie quotidienne et celle de mes proches. Si la réponse est oui, je me lance. Guidé par le même état d’esprit, j’essaye d’agir à différents niveaux, un peu comme les ronds dans l’eau provoqués par la chute d’un caillou : moi, ma famille, mon quartier, ma ville, etc. Leur rayonnement sera plus ou moins grand. Tout va dépendre du niveau de réceptivité des gens.

A l'échelle individuelle, j'essaie d'essaimer en bibliothèques et librairies. Lorsque, par hasard, je découvre un livre ou un magazine qui me semble contribuer à améliorer les choses, alors je n’hésite pas à vérifier s’il est disponible dans les librairies ou bibliothèques proches de chez moi. Si ce n’est pas le cas, alors je fais une suggestion d’acquisition, et souvent, ça marche !

A l'échelle de la famille, et concernant l'alimentation, nous sommes abonnés aux paniers bio du Val de Loire et à Solembio (Jardin de Cocagne d’Orléans). Nous effectuons aussi des achat groupés auprès de producteurs locaux. Pour le reste, nous essayons de faire le plus possible par nous-mêmes : conserves de fruits, de coulis de tomates, confitures, tomates et fruits séchés (à l’aide d’un déshydrateur solaire fabrication maison, selon les plans de Terre Vivante), limonade, yaourts, brioche et pain.

Résultat : nous sommes 4 à la maison (nous avons 2 filles : 6 ans et demi et 9 ans), la poubelle n’est sortie que par quinzaine, très peu de déchets sont non compostables. Et nous constatons depuis plusieurs années que les maladies hivernales (grippe, angine ou gastro) ont quasiment disparu de nos vies !

Dans le jardin, nous avons construit avec des palettes un petit potager surélevé (30 m2). Nous y pratiquons la rotation des cultures et le paillage. Nous utilisons des semences de la Ferme de Sainte-Marthe, de Kokopelli, ou issues d’échanges (tomates, salades, radis, haricots, fèves, courges, thym, romarin, ciboulette, basilic, origan, verveine, lavande, sauge…)
Notre haie arbustive est volontairement constituées de fleurs mellifères. Malgré la petite surface de notre jardin, une belle diversité d’animaux s'y trouve. En tant que "Refuge LPO", nous avons installé trois nichoirs à oiseaux (mésange, rouge queue à front blanc, troglodyte, rouge gorges, verdier, oiseau-mouche…), un nichoir à chauve-souris, un hôtel à insectes et un autre à hérissons.
Prochaine étape : nous avons pris la décision (par consentement !) de transformer l'allée goudronnée qui mène au garage en deuxième potager. Et tant pis pour la voiture, elle couchera dehors !

Pour notre gestion de l'eau, nous avons mis en place deux récupérateurs d’eau (200 et 300 L), ainsi qu'un seau dans la douche, où l'on récupère les premiers litres avant l'arrivée de l’eau chaude. Elle nous sert à arroser les plantes d’intérieur.
Nous essayons d'exporter nos pratiques, notamment à l'école : à la fin du service de la cantine, deux enfants sont désignés pour vider les fonds de verres d’eau dans un arrosoir, afin d'arroser les plantes !

Au chapitre des déplacements, nous participons avec d’autres parents à un Pédibus pour accompagner les enfants aux écoles primaires et maternelles. Un parcours d’environ un kilomètre, qui contribue chaque jour à créer du lien et de la solidarité dans le quartier. Un moment agréable où les enfants aiment discuter du dernier film ou livre qu’ils ont aimé. On en profite aussi pour réviser les tables de multiplication ou les récitations. Ils arrivent en pleine forme en classe et ça fait quand même dix voitures de moins sur les routes ! Les retours après l’école, les sorties à la bibliothèque et au marché sont faites à pied, quel que soit le temps.
En ce qui concerne mes trajets domicile travail, j’utilise le vélo et le tramway (très pratique le tram pour écouter la radio, bouquiner ou discuter).

A l'échelle de notre commune (Olivet dans le Loiret), nous participons à l’Agenda 21, en essayant d’augmenter la part du bio à la cantine scolaire (actuellement autour de 20%).

En bref, nous essayons, à notre échelle, d'incarner une certaine utopie !

Quels sont vos freins ?


Au début il y avait ceux que je me créais moi-même. Par exemple, la peur d’être mal jugé ou marginalisé. A présent, le principal frein est le découragement que je peux éprouver quand je dois faire face à des comportements réfractaires ou à un déni de réalité. Je ressens alors le besoin de me ressourcer auprès de personnes partageant mes valeurs.



Quelle est votre prochaine étape ?


Je n’ai pas d’étape ou d’objectif précis à atteindre. Je veux juste poursuivre mon cheminement car il a du sens à mes yeux. Je suis convaincu qu’il améliore la qualité de ma vie et celle de mes proches !


Un grand merci à Hocine, Catherine et à leurs 2 filles !

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Commentaire de Huon valérie le 17 mai 2013 à 14:01

Bonjour et Merci Hocine pour ton témoignage,

merci aussi à tous ces parents qui ont réussi à nous transmettre l'essentiel !

Commentaire de saliha le 9 mai 2013 à 13:46

Merci Hocine, 

Je pense à un autre Hocine, ton grand-père qui serait fier de la très belle personne que tu es.

Affectueusement !

Commentaire de Hocine le 9 mai 2013 à 0:12

Vos commentaires me touchent beaucoup. Merci !!

 

 

Commentaire de Virginie Allard le 29 avril 2013 à 10:20

Merci Hocine pour ce partage authentique. Vous êtes très inspirant!

 

Commentaire de ramassamy ginette le 29 avril 2013 à 7:14

bravo et merci de partager avec nous votre histoire très inspirante . gnette

Commentaire de Benoît le 27 avril 2013 à 22:16

Merci Hocine pour votre expérience, comme vous le dites si justement : "je ressens [] le besoin de me ressourcer auprès de personnes partageant mes valeurs".

Bonne route!

Commentaire de souchon briaumont le 27 avril 2013 à 22:12

bravo a cette famille qui fait envie, puisse-t-elle rayonner et faire des émules...bonne continuation...

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