Après Le Peuple migrateur et Océans, Jacques Perrin et Jacques Cluzaud plongent au cœur de la forêt européenne et racontent ses 20000 ans d'histoire. Beau et passionnant !

Les images sont somptueuses. Quand on a dit ça, on a l'impression d'avoir tout dit. Et pourtant, non. Saluer la beauté des documentaires coréalisés par Jacques Perrin et Jacques Cluzaud (Océans, Le Peuple migrateur), c'est devenu une habitude, presque un lieu commun. Mais pas que. C'est également, et surtout, une formidable leçon d'histoire naturelle. Une fois n'est pas coutume, les duettistes de l'impossible n'ont pas placé leurs caméras 20 000 lieues sous les mers, au-dessus des nuages ou au bout du monde. Ils sont restés en Europe, principalement en France, pour raconter ce continent depuis la fin de l'ère glaciaire jusqu'à aujourd'hui.

Quasiment pas de voix off, tout au plus quelques indications pour situer les étapes importantes, avec, comme seuls acteurs et témoins, la faune et la flore d'une gigantesque forêt de plus en plus saccagée au fil des siècles. On sait gré à Jacques Perrin de ne pas avoir alourdi son scénario d'un discours moralisateur ou alarmiste. Toutes les séquences parlent d'elles-mêmes, impressionnantes quel que soit l'animal saisi à l'état sauvage, d'un simple et inoffensif lièvre aux loups voraces et impitoyables.

L'intrusion de l'homme en chair et en os à travers une reconstitution fugace du néolithique ou d'une chasse à courre est artistiquement moins réussie, mais elle était inévitable pour rappeler l'influence de l'être humain sur l'écosystème. Celle de Perrin et Cluzaud sur le cinéma documentaire vient de prendre un peu plus de poids.

Carrière

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Commentaire de JF@ le 28 janvier 2016 à 7:32

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