Intoxication des abeilles,quelques pistes ....(Les DL...doses létales,la NOEL ...No Observe Effect Level)

Intoxication des abeilles,quelques pistes ....(Les DL...doses létales,la NOEL ...No Observe Effect Level)

par Francis Pautrat, vendredi 2 décembre 2011, 11:52

En matière de toxicologie, il existe comme ailleurs des unités de mesure ou des niveaux 

d’évaluation. Par exemple, les fameuses « doses létales » qui quantifient les dosages 

censés entrainer la mort. Pour les insectes ces mesures s’expriment par « animal », ce qui, 

pour ce qui concerne les abeilles, pose un problème de fond.

Lorsqu’on invoque les insectes solitaires, le concept n’est pas incongru.  Dès lors qu’on 

parle des insectes sociaux, c’est la méthode en elle même qui est inappropriée. En effet, 

au-delà de la mortalité directe de tel ou tel pourcentage « d’individus », c’est la 

perturbation de « l’animal colonie d’abeilles » provoquée par le toxique qui est bien plus 

importante à prendre en compte. 

Nous n’avons ni la mission ni la compétence pour réinventer seuls une méthode 

réellement adaptée à mesurer efficacement les divers seuils de toxicité abeilles. Nous nous 

bornerons donc dans les lignes suivantes à une simple évaluation des unités de mesures 

actuelles.

Il convient cependant de ne jamais perdre de vue que,  fondamentalement, compte tenu 

de sa biologie spécifique, elles sont totalement inadaptées au cas particulier de l’abeille.

Les choses sont plus simples pour les mammifères. La toxicité s’évalue en quantité par 

Kg. Par exemple, si la dose létale est évaluée à 0,1 g/kg, un animal de 1kg mourra après 

avoir absorbé 0,1 g, alors qu’un animal de 100 Kg ne mourra qu’après avoir consommé 

10 g de la même substance.

Or, la toxicologie ne fonctionne pas comme le système métrique. A l’évidence, à dose 

égale, tous les individus ne meurent pas exactement au même moment. C’est pourquoi on 

parle de : 

DL90, c’est la dose qui fait mourir 90% des insectes concernés en 24 ou 48 h selon 

les cas... Aussi surprenant que cela puisse paraître,  bien que compter la mortalité 

après 24 ou 48 h, ce ne soit pas du tout la même chose,  il n’y a pas semble-t-il de 

codification précise de ce point essentiel,

DL50, la dose qui fait mourir 50%,

DL10, 10%, etc.

On considère que la DL50 est une dose de toxicité aigüe car, même si seulement 50% des 

individus concernés meurent après 24 ou 48  heures, les mortalités, maladies et 

perturbations diverses qui interviennent après quelques jours font que peu en réchappent 

finalement.

Chacun comprendra  que conclure à une non-intoxication lorsqu’on trouve une dose 

inférieure à la  DL50, comme cela s’est fait très souvent dans le passé, consiste à 

transformer une dose de toxicité en dose d’innocuité. C’est une phénoménale escroquerie 

intellectuelle.

A contrario, il existe une mesure (NOEL, No Observe Effect Level) qui évalue « la dose 

sans effet ». On considère légitimement que la « dose sans effet » est une dose 

d’innocuité. 

On comprend aisément que ces mesures n’évoluent pas en fonction de courbes linéaires. 

Ce sont des courbes exponentielles. S’il suffit de multiplier par 5 ou 10 la DL10 pour 

arriver à la DL90, il faudra diviser la DL 50 par 100, 1 000 ou davantage pour obtenir une 

« dose sans effet ».

Il suffit d’aller sur Internet pour constater sur l’avis de l’AFSSA (saisine N° 2009-SA-

0116 du 5 mai 2009) que la « DL50=5ng/abeille », et la « dose sans effet=2ng/abeille ».

Exprimé plus simplement, l’AFSSA rédige ses avis en postulant que  la « dose sans effet » 

du Thiaméthoxam est égale à 40% de la DL50…

L’erreur est tellement grossière qu’elle appelle inévitablement à la dérision. Les mesures 

de toxicité s’appliquent à tous les produits « consommables » : poisons violents, 

médicaments, boissons, aliments etc. Les doses de toxicité pour l’homme de l’eau de 

javel, l’alcool, le sel, l’aspirine sont connues. Je propose qu’après avoir vérifié la DL50 du 

whisky, on demande à tous ceux qui persisteraient à considérer que 40% de n’importe 

quelle DL50 pourraient  constituer une « dose sans effet » de tenter l’expérience avec 

nous… On n’est pas obligé bien entendu d’aller jusqu’au bout.

Cessons de rire. A moins que le Thiaméthoxam ne soit un cas particulier absolument 

exceptionnel, l’explication première qui vient à l’esprit est qu’il y a eu quelque part une 

confusion ou une faute de frappe qui a probablement substitué la DL10 à la « dose sans 

effet ». On se dit qu’il ne reste plus qu’à espérer qu’une équipe scientifique s’empare de la 

question et renouvelle  l’expérience afin que l’AFSSA (désormais ANSES) cesse  sur ce 

point de délivrer des « avis » totalement invraisemblables.

Or, une lecture plus attentive de l’avis du 5 mai 2009 (saisine 2009-SA-0116), semble 

indiquer que l’affaire n’est pas si simple.

En effet, on lit en note de bas de page N°7 que la donnée de toxicité de 2ng/abeille est 

« une dose obtenue dans une étude après administration réitérée pendant 10 jours ». Ainsi, 

contrairement aux usages habituels, ces 2ng/abeilles n’ont pas été appliqués en une fois 

mais cumulés pendant 10 jours soit, si l’on comprend bien, 0,2ng/abeille par jour.

Il serait trop long de développer toutes les interrogations qui viennent à l’esprit. De toute 

façon, le principe de base de l’expérimentation scientifique, c’est la reproductibilité. Il 

appartient donc aux scientifiques spécialisés de refaire cette étude mais :

L’évaluation de la toxicité abeille en laboratoire se fait généralement sur quelques 

individus séparés de la colonie et mis en boites de Pétri. Comment s’assure-t-on, 

sur une durée de 10 jours (soit 20 % de la durée de vie d’une ouvrière en été), des 

conditions « normales » de vie de ces abeilles isolées ? 

On connait la rapidité de la dégradation des molécules dans le corps des abeilles. 

Qu’en  est-il de la validité des analyses de résidus suite à des prises de toxique 

étalées sur une si longue période ?

La NOEL ainsi calculée est étalée sur 10 jours. Même en supposant un résultat 

d’analyse 100% fiable, comment  peut-on conclure à l’innocuité d’une dose 

ingurgitée dans la « vraie vie » en un jour à partir d’une « étude » où la même dose 

a été étalée sur 10 jours

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