L'évaporation des étangs (Arctique)

En une soixantaine d’années, 17 % des étangs de la toundra arctique ont perdu 30 % de leur surface et 17 % d’entre eux ont disparu, rapporte une étude publiée dans Journal of Geophysical Research !

Pour arriver à de telles conclusions, les chercheurs ont notamment retracé l’évolution de 2.800 étangs de moins d’un hectare, dans la région nord de la Pointe Barrow, en Alaska, en comparant des photographies aériennes datant de 1948 avec des images satellites plus récentes (2002, 2008 et 2010). « Le [résultat] de 17 % est une estimation très prudente parce que nous n’avons pas considéré les étangs qui s’étaient fragmentés ou scindés en deux », explique Christian Andresen, chercheur à l’université du Texas à El Paso, aux États-Unis, et auteur principal de l’article scientifique. « Certains étangs sont allongés et, comme ils se rétractent au fil du temps, ils peuvent être divisés en deux ou en plusieurs petits étangs », précise-t-il.

La hausse des températures fait fondre le pergélisol, un sol minéral brut typique des régions arctiques et composé en partie de glace et de débris de roches dures plus ou moins broyées par l’érosion glaciaire. Ce dégel libère des nutriments qui favorisent la croissance des végétaux. Les plantes prennent le dessus sur des étangs peu profonds et devenus chauds et riches en éléments nutritifs. « Avant que vous ne le connaissiez, boum, l’étang est parti », résume Christian Andresen. Les étés plus chauds et plus longs contribuent aussi à l’évaporation des petits bassins lacustres.

Bien que les dynamiques à long terme de l’hydrologie de surface dans les étangs de la toundra arctique restent largement méconnues, ces plans d’eau contribuent sensiblement aux flux de carbone, à l’équilibre énergétique et à la biodiversité de l’Arctique, déclarent les chercheurs. Si le phénomène observé se poursuit, la géomorphologie du paysage de cette zone du Globe risque à l’avenir de changer. « L’histoire nous apprend que les étangs ont tendance à s’agrandir au fil des siècles et éventuellement à devenir des lacs. Sans bassins, il n’y aura pas de lacs pour cette région », conclut Christian Andresen.

En plus d’avoir un impact sur la flore, la transformation du système aquatique pourrait aussi modifier les aires estivales d’alimentation et de nidification de plusieurs espèces d’animaux migrateurs.

Haug

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Commentaire de JF@ le 18 mars 2015 à 7:41

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