C’est l’un des grands symboles du réchauffement climatique, une image de la catastrophe en cours : le lac Tchad serait en train de s’assécher, et sa disparition serait programmée si rien n’est fait pour inverser la tendance !

Ce discours très alarmiste est porté haut par les pays de la sous-région, réunis au sein de la Commission du bassin lac Tchad (Nigeria, Niger, Tchad et Cameroun), et par leurs alliés internationaux comme la Chine. Le constat fut à nouveau dressé lors d’une Conférence internationale sur la sauvegarde du lac Tchad, en février 2018 au Nigeria : l’occasion de relancer, pour « sauver le lac », un projet controversé visant à le remplir en transférant les eaux du bassin du Congo. Pharaonique, avec un budget prévu de 12,3 milliards d’euros, il est défendu par les États de la sous-région et par des entreprises italiennes et chinoises. 

C’est dans ce contexte géopolitique sensible qu’une étude savante de l’Institut de recherche pour le développement (IRD) vient de conclure par un tout autre constat : depuis treize ans, le stock d’eau total du lac Tchad ne diminue pas. Au contraire, il augmente, y découvre-t-on. Loin d’être menacé de disparition, le bassin hydraulique s’étend à nouveau. « Si le lac a effectivement perdu 90 % de sa surface dans les années 1970 et 1980, il a commencé à en regagner progressivement, à partir du milieu des années 1990 », explique Florence Sylvestre, la coordinatrice de cette étude, paléoclimatologue à l’IRD, déléguée aux relations internationales du Centre européen de recherche et d’enseignement des géosciences de l’environnement (Cerege) à Aix-en-Provence. 

En collectant et étudiant, sur une longue durée, les images satellites en continu sur ces vingt dernières années et les données hydrographiques de la région, l’équipe réunie autour de Florence Sylvestre a établi que la superficie du lac, après avoir chuté à environ 2 000 km2 en 1984-1985, s’est peu à peu accrue pour se stabiliser à partir des années 2000 à 14 000 km2.

Or, depuis les années 1990, la pluviométrie a globalement augmenté dans le Sahel. « Il y a un reverdissement de la zone sahélienne, de la Mauritanie au Tchad : le phénomène varie d’une année à l’autre, mais la tendance générale est bien une augmentation de la pluviométrie », constate Florence Sylvestre. Une évolution positive qui bénéficie aux deux sources affluentes du bassin du lac Tchad, le Logone et le Chari, et à ses nappes phréatiques, son « aquifère », qui ne cesse de se renforcer.

LARCHER

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Commentaire de JF@ le 24 avril 2020 à 7:36
Commentaire de JF@ le 24 avril 2020 à 7:36

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