Le 30 Janvier, l'esprit de Gandhi était bien là !

Il y a des moments comme ça et celui-là, j'ai envie de le partager avec vous.

Le 1er Janvier, je me retrouve à papoter avec Babette  (amie, coach, confidente, femme admirable...bref, une de ces âmes soeurs qui déboule de nulle part dans votre vie) devant un délicieux thé bio fait maison et des petits gâteaux succulents préparés par sa nièce. Je lui expose alors mon besoin désormais existentiel de trouver une occupation éthique et de faire quelque chose, avant de rentrer droit dans le mur accompagnée d'un bon pan de la société contemporaine. J'ai conscience de m'adresser à la bonne personne, au bon moment, mais sans plus. C'est alors qu'avec le sourire malicieux qui est le sien, Babette me parle de Pierre Rabhi et me présente un des ses ouvrages. Devant mon air interloqué, elle cherche à me rassurer : « Il n'a l'air de rien comme ça, mais c'est un grand homme ». Le visage de Rabhi me sourit du haut de la couverture. Je note les rides de la vieillesse entremêlées à un regard d'enfant, en déduit qu'il possède une part de sagesse et d'innocence avec un certain capital sympathie et me murmure intérieurement : « Pierre Rabhi ? Connais pas ! » 

Habituée à suspendre mon jugement pour un tas de raisons que je trouve valables, je mets l'exercice en application et commence à tendre l'oreille de la conscience. Et plus sincèrement, applique une formule classique qu'employait mon  père : « Tais-toi et écoute ». Ce que je note d'emblée, ce sont ses comparaisons avec Gandhi, que je connais mieux. Et ce dont je suis sûre, c'est le goût de Babette pour les références culturelles qui tombent à point nommé dans mon cheminement intérieur. Mais je ne vois toujours pas le rapport. Je suis d'ailleurs assez surprise du parallèle Rabhi / Gandhi établi. Comment se fait-il que cet homme soit comparé à un autre qui jouit encore d'une réputation mondiale rayonnante bien au-delà de sa mort ?

Je m'interroge. Ce faisant, les images mentales de Cette Nuit la Liberté, du Gandhi Memorial en Inde, du film d'Attenborough jusqu'à la silhouette de Ben Kingsley, que j'ai pu croiser à Warwick à l'occasion de la pièce Tierno Bokar défilent. Sans parler de la culture indienne dans laquelle je baigne tant bien que mal depuis l'enfance et avec, l'ahimsâ dont me parlait souvent maman. En revanche, j'ai beau fouiller les recoins de ma mémoire, ma base de données concernant Pierre Rabhi reste résolument inexistante.  Alors je me renseigne, je lis, je visionne, j'échange. Au passage, je m'alarme un peu plus sur l'état du monde et en profite pour renforcer mes convictions. Au fur et à mesure que je me cultive sur le personnage, les comparaisons persistent, tous supports confondus. Effectivement, en écoutant ses interventions, il a quelque chose de gandhiesque dans son apparence d'une simplicité libératrice, ses expériences identitaires déracinées puis enracinées et ses propos lucides aux mots délicatement choisis. Les jours passent et toujours rien pourtant qui, à mon goût, ne mérite cette comparaison systématique.

Le 30 janvier, j'assiste enfin à la Conférence (R)évolution des Colibris à l'Espace Reuilly. Je remarque d'emblée cette prédisposition placide de la foule. Car foule il y a. On note près de 800 personnes à l'intérieur de l'espace Reuilly et près de 2000, voire plus, à l'extérieur. L'engouement me surprend. 

Sa bonhomie bien plus encore. La soirée débute. Rabhi prend la parole. Le silence s'installe. Le sens de ses mots percutants me transperce. La fameuse (R)évolution s'anime dans une ambiance joyeuse et conviviale. La feuille de route se déploie. Les micros circulent, la démocratie prend chair, les idées fusent, les sourires se croisent, on repense le social de tout son être. A cette différence près que la simplicité et le bon sens dominent ici. Alors je me dis qu'effectivement l'aura de Rabhi atteint ceux qui l'écoutent. En milieu de soirée, je décide de me rapprocher de la scène. Je prends Pierre Rabhi en photo.

Il est petit, à l'air frêle, presque insignifiant pourrait-on penser. Il est en réalité tout l'inverse de l'apparence qu'il veut bien donner. Car à peu près au même moment, on apprend qu'une partie des 2000 personnes à qui on a refusé l'entrée dans la salle pour des raisons de sécurité, ont poursuivi leur soirée dans un parc à proximité. Rien ne semble les arrêter tant l'inspiration est profonde, tant la volonté de changement est ancrée. Plus encore, ma nature frileuse me révèle que poursuivre ces échanges dehors dans le froid hivernal relève à mes yeux de l'exploit.

A l'intérieur, la conférence se prolonge jusqu'à ce qu'un concept majeur close la soirée, celui de la beauté. Et le constat surgit. Bon sang mais c'est bien sûr, cette foule est à l'image de Pierre Rabhi ! Cette foule est belle. Son énergie, ses intentions, ses paroles, ses convictions sont teintées d'une beauté irradiante. J'en veux pour preuve mon jeune voisin. Cet adolescent, quelque peu adepte du sarcasme défensif, a été invité par son ami. Au fur et à mesure, il se détend, sourit puis finit par rire de bon cœur aux blagues des uns et des autres, jusqu'à laisser son hôte rentrer seul pour prendre son dernier train et rester pour terminer sa soirée en compagnie des Colibris. Le partage est unanime.

Et moi ? Je me revois quitter la soirée le sourire aux lèvres, impressionnée par une foule non pas bien pensante mais pensant bien. Après tout, qui aurait imaginé que dans l'impasse actuelle une figure telle que Pierre Rabhi s'imposerait comme une évidence avec autant d'intelligence et de grâce dans les esprits de citoyens épris de liberté, de passion et de justesse ? La « résonance » est totale. Je n'enlève rien à l'autonomie et au sens critique de la foule. Je réalise simplement qu'elle se reconnaît dans le combat pacifiste que mène Rabhi et y adhère volontiers. Seule à présent dans la rue, je me sens paradoxalement entourée et comprise par des gens engagés dans une démarche constructive. La soirée est terminée. La conscience est connectée. Les beaux souvenirs peuvent se forger. La (R)évolution prend tout son sens. Je comprends mieux à présent le sens de ces comparaisons avec Gandhi.

Oui Gandhi, ce soir ton esprit était bien là. Les Colibris veulent effectivement incarner le changement qu'ils souhaitent voir dans le monde. Le relais est bel et bien pris. D'ailleurs, n'est-ce pas une belle « coïncidence » comme on dit, si la date de lancement de la (R)évolution des Colibris correspond à la date anniversaire de ta mort ?

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