Les différentes fuites de documents Snowden nous le rappellent régulièrement : les États Unis sont, et c’est un euphémisme, assez peu regardant sur la protection des données personnelles des internautes, lutte anti terrorisme oblige !

Pour certains, le Canada pouvait alors apparaitre comme une solution de repli : proche physiquement des États Unis, on pouvait y placer des serveurs sans forcement devoir s’exposer au Patriot Act qui permet à la justice américaine de s’arroger un droit de regard sur ce qui transite dans votre système informatique. Mais les derniers documents révélés conjointement par le site The Intercept et la chaine canadienne CBC News viennent rappeler la dure réalité : Le Canada, en tant qu’allié américain, fait également partie des Five Eyes et participe activement à la surveillance de masse orchestrée par la NSA.

Le nom de code du programme ? Levitation. Ce programme cherche à surveiller les échanges de fichier sur les sites de téléchargement direct, accusés d’être des plateformes d’échange privilégiés des réseaux djihadistes. Dans les documents publiés par The Intercept, trois sites sont évoqués : Rapidshare, Sendspace et feu Megaupload, le document étant daté de 2012, mais au total plus de 102 sites de téléchargement direct étaient dans le collimateur de l'agence canadienne.

Le CSE explique dans sa présentation les techniques mises en place. Sans surprise, les interceptions sont faites d’abord à grande échelle, en capturant tout le trafic émanant de ces sites, puis en identifiant les url qui pointent vers des documents jugés problématiques. La présentation donne quelques exemples de ces documents, qui prennent la forme de guides pour réaliser des explosifs ou pour préparer du chloroforme. Une tactique certes efficace, qui permet à l’agence canadienne d’avoir accès aux adresses IP ayant eu accès aux contenus surveillés, mais aussi à tout le reste. Une des slides explique notamment comment l’agence s’y prenait pour filtrer les téléchargements d’épisodes de Glee, jugés inoffensifs mais encombrants.

Ce n’est pas la première fois que le Canada apparait dans les documents relayés par Edward Snowden : à la fin de l’année 2014, une présentation émanant du CSE faisait partie des documents publiés par le Spiegel. Le quotidien allemand soulignait alors que le CSE semblait particulièrement intéressé par l’activité des internautes canadiens sur les forums de hockey, mais les dernières slides publiées prouvent que l’agence du renseignement canadienne ne se contentait pas de surveiller les débats sportifs en ligne, et s’adonnait comme les autres alliés US à la surveillance de masse. Tout rentre dans l’ordre finalement.

Adam

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Commentaire de JF@ le 30 janvier 2015 à 9:43

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