Une étude sur ce cas particulier vient de paraître, le 3 février 2020, dans le journal BioScience !

Les auteurs pointent du doigt le manque d’attention envers les menaces qui pèsent sur les quelques 2 000 espèces de lucioles ; et ils espèrent corriger le tir avec la première étude vraiment complète sur ce sujet. En plus de préciser les menaces qui pèsent sur ce coléoptère unique, ils expliquent également leur rôle au sein des écosystèmes.

Si les lucioles sont menacées, c’est avant-tout à cause de l’expansion humaine constante et de l’empreinte écologique que cet urbanisation génère. Parmi ces empreintes, la plus importante est la pollution lumineuse. L’une des caractéristiques physiques majeures des lucioles est de briller durant la nuit. Ce « super-pouvoir » offert par la nature ne relève pas que d’un petit bonus accessoire pour ces coléoptères : cela fait partie de leur mode de vie et joue un rôle dans leur reproduction. « En plus de perturber leur biorythme naturel, la pollution lumineuse saccage les rituels de rencontre des lucioles », explique l’un des co-auteurs de l’étude.

Les mâles brillent pour signifier qu’ils sont partants pour des ébats et les femelles émettent, en réponse, des flashs de lumière pour exprimer qu’ils sont également partantes. Sauf que la pollution lumineuse, qui provient des commerces et des habitations, perturbe la capacité des lucioles à repérer ces signaux… et les empêche donc de se reproduire. Le problème ne se pose pas seulement dans le voisinage immédiat des villes. La pollution lumineuse se diffuse bien plus loin.

Plus globalement, les lucioles subissent, comme tant d’autres espèces, la perte de leurs habitats. Les femelles de la branche Lampyris noctiluca n’ont pas d’ailes, ce qui signifie qu’à mesure que leur écosystème disparaît sous le coup de l’urbanisation, elles ne peuvent pas fuir pour s’installer ailleurs. Les biologistes donnent, en complément, l’exemple des lucioles malaisiennes. Elles installent leurs larves dans les mangroves, sauf que ces dernières sont rasées au profit des plantations d’huile de palme et des zones de pêche intensive.

Les insecticides participent eux aussi à faire des lucioles une espèce vulnérable. Les composés organophosphorés et les néonicotinoïdes sont des produits toxiques utilisés comme pesticides. S’ils sont censés détruire les indésirables, ils portent atteinte, comme effet secondaire, à des espèces tout à fait utiles naturellement, telles les lucioles. Enfin, les chercheurs évoquent bien d’autres facteurs, dont la pollution de l’eau et le changement climatique.

Dupont-Besnard

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Commentaire de JF@ le 7 février 2020 à 5:56
Commentaire de JF@ le 7 février 2020 à 5:56

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