Au surlendemain du tremblement de terre qui a dévasté Haïti, Monsieur Besson assure avoir donné instruction à ses services de suspendre l’expulsion des sans papiers haïtiens. On se demande bien d’où viennent ces scrupules à un homme capable de se déplacer pour assister à la destruction, à l’entrée de l’hiver, du campement de fortune de jeunes Afghans et de les renvoyer vers leur pays si pacifié que trois soldats français y ont été tués en trois jours. Annoncer publiquement sa décision comme le fait le ministre de la Rafle et du drapeau est une façon de reconnaître qu’il sait que l’opinion le croit capable de tout. Il n’a pas tort.

En réalité, le sens de l’humanité n’a en rien pesé dans la décision de Monsieur Besson. Il a simplement estimé qu’il y avait intérêt car expulser des Haïtiens actuellement est matériellement impossible et politiquement impopulaire.

Il en va de certains ministres comme des Etats, ils n’ont ni convictions, ni sentiments, uniquement des intérêts et des ambitions.


Questions

Monsieur Besson peut-il dire combien d’Haïtiens ont été expulsés depuis sa nomination ? Quelle sera sa réaction si certains d’entre eux figurent au nombre des victimes du tremblement de terre ?

Quelles mesures envisage M. Besson pour donner des nouvelles de leur père aux enfants de Pierre Lapointe et de Fleury Luckner expulsés en Haïti en février et mars derniers ?

Le ministre mesure-t-il combien de régions du monde vers lesquelles les expulsions continuent traversent des situations économiques et sociales qui pour être moins brutales n'en sont pas moins dévastatrices et quels dégâts provoquent quotidiennement ces retours forcés sur les communautés concernées, les familles, les individus ?

Fleury Luckner, expulsé le 15 mars 2008 : haïtien de Cergy (95), père d’un enfant de trois ans, dont le dossier de régularisation était instruit dans le Val d’Oise. La préfecture de Paris, où il a été arrêté, a choisi d’ignorer les soutiens et la forte mobilisation locale. Très humaine, la préfecture du Val d’Oise avait accordé à Mme Fleury Daloudad un récépissé provisoire renouvelable tous les trois mois avec autorisation de travailler.

Pierre LAPOINTE, expulsé le 20 février 2009 au bout de 27 jours de rétention. Père de Beverly 4 ans et de Davidson (3 ans), débouté de l’asile après avoir fui Haïti il y a 9 ans. Il travaille comme peintre depuis son arrivée, et à ce titre, a sollicité un titre de séjour salarié en décembre 2008, demande sans réponse. Il est soutenu par son employeur..

Richard Moyon

Source: RESF- RESEAU EDUCATION SANS FRONTIÈRES (http://www.educationsansfrontieres.org/article25205.html)

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