Si les insecticides sont régulièrement pointés du doigt, la raréfaction des fleurs des champs est, avec le parasitisme (varroa, frelon asiatique...), l'autre grande cause du déclin de ces sympathiques autant qu'utiles butineuses !

Pour compenser les effets néfastes de la monoculture, de l'artificialisation des milieux naturels (urbanisation, imperméabilisation des sols, déboisement...) ou encore des aléas climatiques, l'Observatoire français d'apidologie (OPA) lance pour la deuxième année consécutive, en partenariat avec Val'Hor, l'interprofession horticole, l'opération «Des fleurs pour les abeilles».

L'initiative s'adresse, bien sûr, aux jardiniers mais aussi à tout citoyen disposant d'un balcon, d'un rebord de fenêtre ou désireux de fleurir une parcelle de jardin public, un trottoir ou une friche urbaine. Concrètement 250.000 sachets de semences de plantes mellifères seront disponibles à partir d'aujourd'hui et jusqu'au 24 juin chez plus de 1000 professionnels du végétal et de l'horticulture (pépiniéristes, jardineries...) mais aussi chez les partenaires qui soutiennent l'opération. Parmi eux figurent de grandes entreprises comme Yoplait, Guerlain et le Crédit Agricole Provence Côte d'Azur. Mais aussi des villes comme Nice ou Nantes, des enseignes de jardinerie comme Truffaut et Botanic ou des fondations comme celle du prince Albert II de Monaco. En outre les jardineries inciteront leurs clients à acheter de préférence des plantes mellifères, par exemple une lavande ou un cosmos plutôt qu'un géranium ou un pétunia.

À raison de 3000 graines par sachet, l'OFA espère que des milliards de fleurs seront semées pendant ces dix jours afin d'aider les abeilles domestiques ou sauvages à passer le cap difficile de l'été. Moins connues du public (elles ne produisent pas de miel!), ces dernières jouent également, avec les bourdons, un rôle primordial dans la pollinisation des fleurs et, par conséquent, la reproduction des végétaux. On en dénombre pas moins de 800 espèces différentes en France, dont bon nombre sont menacées. «Au printemps, les fleurs ne manquent pas, explique Thierry Dufresnes le président de l'OFA. En semant maintenant, c'est la garantie que les butineuses auront suffisamment de pollen et de nectar en juillet et en août, période où les fleurs sauvages sont plus rares».

Les graines utilisées proviennent de la liste de 200 espèces de plantes mellifères dressée l'an dernier par des spécialistes de Val'Hor, de l'Institut technique de l'apiculture et de la Société nationale d'horticulture de France (SNHF), partenaire de la rubrique jardin du Figaro. «Notre objectif est de montrer que chacun de nous peut concrètement faire quelque chose pour enrayer la mortalité des abeilles dont dépend le tiers des récoltes mondiales», poursuit Thierry Dufresnes. Sans pollinisateurs, en effet, pas de fruits, pas de légumes, pas de fleurs et au final, de bien tristes jardins... C'est aussi le message de la manifestation APIdays , organisée jusqu'à demain, samedi 16 juin, dans 130 villes de France, par l'Union nationale de l'apiculture de France.

En plus de leur offrir le couvert, avec un menu -donc une diversité de fleurs- le plus varié possible, les jardiniers peuvent également offrir le gîte à ces inlassables pollinisateurs. Si les abeilles domestiques (Apis mellifera) sont des insectes sociaux qui vivent en colonie dans des ruches, leurs cousines sauvages sont solitaires et ont besoin de trouver un environnement favorable à la construction du nid dans lequel elles pondront leurs œufs.

Vous pouvez choisir de faire simple, en disposant des bûches trouées à la perceuse ainsi que des fagots de branches ou de paille dans la partie la plus ensoleillée de votre jardin. Mieux encore, l'installation d'un «hôtel à insectes» que l'on peut confectionner soi-même ou acheter en jardinerie, permettra à chaque espèce de se loger selon ses besoins: du bois mort pour les charpentières, comme le splendide xylocope violet (Xylocopa violacea) ou des tiges de bambous ou de roseaux pour les espèces dites rubicoles comme l'osmie rousse (Osmia rufa), l'une des premières à s'éveiller au printemps. Et à butiner les fleurs de romarin ou de pêcher qui s'épanouissent au même moment.

Longue vie à toutes les abeilles.

Mennessier

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Commentaire de JF@ le 18 juin 2018 à 7:10
Commentaire de JF@ le 18 juin 2018 à 7:07

JF@

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