C'est un des premiers grands moments de l'année pour les collégiens et lycéens : l'élection des délégués de classe, mi-octobre, va se doubler pour la première fois cette année d'une deuxième campagne. Celle des « éco-délégués » !

Au total, 250 000 jeunes, un par classe, seront choisis par leurs pairs pour porter en leur nom les enjeux du réchauffement climatique ou de la biodiversité. La mesure figure parmi les huit idées de l'Éducation nationale pour placer la planète un peu plus au centre des salles de cours. Un objectif présenté comme l'une des trois priorités de l'année par le ministre, Jean-Michel Blanquer lors de sa conférence de presse de rentrée, opportunément organisée ce mardi matin dans le cadre verdoyant du jardin de l'hôtel de Rochechouart, à Paris.

Le succès de la marche des jeunes pour le climat, qui avait rassemblé 30 000 enfants et adolescents le 15 mars dans la capitale a été pris en compte, sur le papier tout du moins : les mesures du ministère reprennent à la lettre les propositions émanant des conseils de la vie lycéenne, réunis à la suite de cette mobilisation. « Nous devons valoriser l'engagement de nos élèves, ils ne demandent que cela », estime Jean-Michel Blanquer, qui appelle à la construction de potagers « autant que possible » dans les écoles, « la plantation d'arbres », la création de ruches…

Les programmes scolaires des collèges et des écoles primaires, à leur tour, devraient verdir prochainement. Les nouveaux curriculums du lycée accordent déjà à « l'enseignement au développement durable » une place plus importante que par le passé. « L'idée de mettre un nichoir dans chaque cour peut sembler dérisoire, admet Édouard Geffray, nouvellement nommé cet été au poste stratégique de directeur général de l'enseignement scolaire (Dgesco). Mais si on la rapporte aux 60 000 lieux que compte ce ministère, c'est potentiellement 180 000 oisillons qui seront sauvés par l'école dans quelques mois. »

Sauver des petits oiseaux, trier les déchets ? Difficile d'être contre. Pour autant, c'est avec davantage de politesse et d'enthousiasme que les jeunes et les enseignants les plus mobilisés sur la question climatique reçoivent les annonces gouvernementales. « On ajoute sans cesse des éducations à l'Education, mais on ne s'interroge pas sur la manière de changer l'école pour apprendre aux jeunes à devenir vraiment acteurs d'un monde qui sera de plus en plus dur », estime Ange Ansour, responsable du programme Les Savanturiers, au Centre de recherches interdisciplinaires. « L'action ne peut pas s'appuyer seulement sur des initiatives individuelles… Tout faire reposer sur les épaules des enfants, n'est-ce pas un peu hypocrite ? », s'interroge aussi Marianne Blanchard, membre d'un tout récent Collectif des enseignants pour le climat, qui plaide pour des moyens financiers à l'appui des actions locales, et pour une formation des professeurs à l'enseignement des enjeux climatiques.

« Le principal axe devrait être de sensibiliser beaucoup plus qu'aujourd'hui les élèves, abonde Hadrien, lycéen de 17 ans, membre du collectif Youth for Climate à Saint-Nazaire. En cours d'économie, on continue de nous parler de croissance sans limite, et en maternelle, on n'explique pas encore aux enfants qu'il n'est pas utile de manger de la viande tous les jours… »

Clément, 15 ans, du même collectif en banlieue parisienne, aimerait aussi que « la sensibilisation aille plus loin que le seul fait d'éteindre la lumière quand on quitte une pièce. L'écologie, ce serait aussi de reconstruire des lycées à énergie positive… Mais dans mon bahut, on n'a même pas le budget pour refaire le hall. » Au ministère de l'Éducation nationale, on explique qu'une mission, lancée cet été, travaillera bientôt sur le sujet avec les collectivités locales, en charge des bâtiments scolaires.

Brigaudeau

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Commentaire de JF@ le 29 août 2019 à 7:09
Commentaire de JF@ le 29 août 2019 à 7:08

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