Les héros sont les Chiens (Montgenèvre)

Ils sauvent des vies en s'amusant !

"Le chien doit avoir une envie irrépressible de jouer. Sinon, il ne nous intéresse pas", explique le colonel Dominique Dalier, commandant du Centre national d'instruction cynophile de la gendarmerie (CNICG), basé à Gramat (Lot). Alors qu'au loin, un berger berlinois agite sa queue et commence à gratter une bute de neige, le militaire décrit la scène avec son oeil de spécialiste. "Le chien a trouvé la victime. Le gendarme va donc lui donner le jouet, un boudin. Car c'est toujours par le jeu que l'on amène le chien à retrouver une personne ensevelie. C'est indispensable".

Nous sommes sur les hauteurs de la station de Montgenèvre. Depuis deux semaines, des maîtres-chiens de la gendarmerie entraînent leurs bêtes sur un immense terrain de jeu, sous le contrôle de leurs instructeurs. Tous les matins, trois jeunes berlinois partent pour plusieurs exercices de sauvetage. Le but : trouver les gendarmes cachés sous la neige. "On ensevelit les personnes pendant 15 - 20 minutes pour diffuser les odeurs. Dès lors, on conditionne l'animal : dès qu'on lui met le collier, il sait qu'il va travailler", poursuit le colonel Dalier, alors qu'Irco trépigne aux côtés de son maître, le gendarme Kevin Bancel.

À peine ce dernier a-t-il lâché son chien que le chien cavale vers une première butée. Pendant ce temps, le maître arpente une autre zone, sans lâcher son animal des yeux. "C'est une quête croisée. Le maître et son chien doivent couvrir l'ensemble de la zone". Une poignée de minutes plus tard, Irco aura rempli tous les objectifs en dénichant deux victimes et un sac à dos. Le tout, "en moins de quinze minutes. Car l'espérance de vie d'une victime d'avalanche chute au bout d'un quart d'heure", indique le colonel Davier. Il faut comprendre ce que peut éprouver quelqu'un recouvert de neige et qui a subi le traumatisme d'une avalanche. Le taux de survie est très court." Grâce à l'expérience des gendarmes et au flair de leurs bergers berlinois, les victimes d'avalanche sont de plus en plus nombreuses à en sortir vivantes.

"En 2015, sur 18 personnes sorties, huit étaient en vie. Pour nous cela démontre la progression que l'on fait dans le travail de formation. Il y a quelques années, nous ne retrouvions que des morts", insiste le commandant du Centre d'instruction cynophile. Et Montgenèvre a sans doute participé à cette progression. Car la station haut-alpine accueille les instructeurs, les maîtres-chiens et leurs fidèles compagnons depuis... 41 ans ! "On a toujours été très bien accueillis à Montgenèvre. Et on travaille en bonne intelligence avec la station", indique le colonel Dalier. "Et puis, c'est dans les Alpes que nous avons le plus d'équipes cynophiles".

Demain, le militaire et ses hommes regagneront leur base de Gramat. Quant aux chiens, ils sont désormais opérationnels pour sauver des victimes d'avalanches. Nul doute qu'on entendra parler d'eux dans les prochaines semaines.

Marigot

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Commentaire de JF@ le 30 janvier 2016 à 7:21

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