Les manchots à jugulaire ont la corde au cou, selon les scientifiques !

Ces derniers estiment que la moitié des effectifs d’Antarctique auraient d’ores et déjà disparu en moins de 40 ans. Comme le rapporte The Guardian, les chercheurs de l’Université de Stony Brook avancent même que « quelque chose a été brisé » dans l’écosystème du continent austral, le plus sauvage du globe. Pour établir ce constat, ils ont effectué des comptages de poussins sur les îles de Shetland du Sud. Armés de drones, ils ont dénombré 52 786 couples d’oiseaux sur l’île Éléphant, soit 58 % de moins qu’en 1971, date du dernier recensement.

Lors d’autres expéditions, des résultats similaires ont pu être observés sur les îles Low et Livingstone qui abritent elles-aussi des colonies de manchots. Si les chiffres ne peuvent être publiés avant la fin des enquêtes, les chercheurs alertent sur la tendance nette qu’ils ont pu observer. Autre phénomène : le manchot papou prend la place laissée vacante par son cousin. « Cela montre que quelque chose dans l’écologie marine est cassé ou a radicalement changé depuis les années 1970 », s’inquiète Noah Strycker, un ornithologue américain sur place. 

Les scientifiques rendent compte d’un taux de réussite de reproduction stable, ce qui laisse à penser que la disparition de cette espèce de manchot se joue après l’âge juvénile. Pointé du doigt par les chercheurs, le réchauffement du climat : un nouveau palier de température a été franchi ce jeudi 6 février. Les thermomètres affichaient 18,3°C sur la base scientifique Esperanza, record depuis 1961. « Ce que nous savons est très préoccupant. C’est l’une des régions qui se réchauffe le plus rapidement de la planète. Au cours des 50 dernières années, elle s’est réchauffée de près de 3°C », confie Claire Nullis, porte-parole de l’Organisation météorologique mondiale à Franceinfo.

La fonte de la glace qu’implique cette hausse des températures met en péril la chaîne alimentaire de l’Antarctique. Les manchots à jugulaires se nourrissent de krill, des sortes de crevettes qui ingèrent du phytoplancton – pour lequel la glace est vitale. Le manchot papou est moins concerné par ce changement, bénéficiant d’un régime alimentaire plus varié à base de calamars et de poissons. Il est par ailleurs vu par les scientifiques comme le « pigeon du monde des manchots ». Malgré quelques exceptions qui se développent avec l’urgence climatique, de nombreuses espèces sont sur la sellette. 60 % des surfaces de vie du manchot d’Adélie sont menacées selon une étude de 2016 publiée dans Scientific Reports. Le haut de la chaîne alimentaire, comme certains phoques et baleines, sont aussi en danger.

Pour agir, Greenpeace défend la mise en place d’un traité international de protection des océans ambitieux par l’ONU. L’organisation de protection de l’environnement espère voir sanctuarisés 30 % des espaces marins, sous forme de réserves. « Faites pression sur les gouvernements », interpelle l’association.

FRANCOIS

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Commentaire de JF@ le 13 février 2020 à 6:26
Commentaire de JF@ le 13 février 2020 à 6:26

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