En parcourant une discussion du forum, je lis que Jacques Mortier ouvrirait bien un billet de blog sur ce sujet! Voilà, c'est fait!

C'est une grande et grave question car je suis d'une nature impulsive, qui parle parfois trop vite et trop fort... c'est pour ça que j'écris maintenant et souvent plus volontiers.

Tout dépend de la nature du lien que nous entretenons avec notre interlocuteur. Inconnu?, Connu? Antipathie, Sympathie, Compassion, Amour... C'est ce lien qui déterminera un champ d'écoute plus ou moins vaste et des limites à notre ouverture à l'autre. Les mots violents sont parfois nécessaires, en tous cas ils expriment un sentiment légitime qui ne trouve que ce chemin là pour s'exprimer.

Je me rappelle souvent combien dans le texte des Evangiles les paroles de Jésus et ses actes parfois peuvent être très violents: du genre... "je ne suis pas venu pour apporter la paix mais le glaive..."(c'est de mémoire je vais rechercher).

Ce lien que j'évoque, silencieux par essence, nous aidera ou non à aller au-delà de la violence, nous aidera à pardonner, si nécessaire, les blessures réelles que peuvent nous donner des mots mal choisis.

Je commence tout juste cette réflexion: je vous invite à la poursuivre dans vos commentaires, car je sais que beaucoup d'entre vous connaissent cette difficulté du bon usage de la parole.


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Commentaire de MARISKAIA le 3 mai 2010 à 23:06
Après ce témoignage: se taire, méditer, parler encore? OUI. Pour préciser certaines choses: les raisons qui ont poussé ce jeune homme au suicide ne sont certainement pas seulement des mots ou ces mots. Derrière cette histoire se dresse aussi le fantôme de la culpabilité; parfois terrible ! Il détruit autant que les mots (plus sournoisement peut-être). J'ai beaucoup de compassion pour ce père qui souffre et qui n'est pas responsable de la mort de son enfant.
Il ne s'agit pas pour moi d'un "débat" sur la "violence des mots" mais plutôt d'une halte que nous pouvons faire en partageant nos expériences, nos sentiments, nos intuitions, comme tu viens de le faire.

Les mots violents sont effectivement le reflet de notre monde et expriment une souffrance: c'est déjà beaucoup! A nous de nous en protéger s'ils sont difficiles à entendre ou de les écouter pour aller au-delà ou en deça. Haine, Amour blessé, Peur? Nous ne savons pas le deviner. Cela demande du courage, des forces, mais si déjà nous ne condamnons pas, nous pouvons parfois aider, en silence.
Commentaire de Mortier Jacques le 3 mai 2010 à 11:26
Dans ce débat sur la violence (des mots), chacun de nous est marqué par son expérience de vie, par son caractère, par son environnement. Pour ma part, constatant que ces mots violents sont en augmentation progressive et font de plus en plus de dégâts, je les supporte de moins en moins. Il sont le reflet de notre monde, expriment souvent une souffrance de l'émetteur. J'ai hésité à citer un rude témoignage reçu récemment : un père mécontent de son fils (comme nous pouvons tous l'être, un moment ou un autre) lui disait fréquemment "j'espère qu'un jour, tu auras un peu plus de plomb dans la cervelle". Un jour effectivement, son fils s'est suicidé d'une balle dans la tête avec un mot écrit à côté "maintenant, j'ai du plomb dans la cervelle". Sans être aussi dramatique, les conséquences de cette violence sont rarement positives et sont souvent sources d'échecs de projets individuels ou collectifs.
Commentaire de MARISKAIA le 30 avril 2010 à 8:53
Oui, la violence peut prendre de nombreuses formes pour reprendre les mots de Frédéric et celles que tu cites sont souvent tout à fait ignorées (une forme de mépris de l'autre). Pour moi non plus il n'est pas facile de prendre le temps de réflexion pour choisir les mots; je "réagis" trop souvent, dans une spontanéité qui me fait plus de mal que de biens souvent, quoique... le contexte compte beaucoup.

HAUT les coeurs, il s'agit tout simplement de notre nature humaine qui a des lois tout comme la nature. Acceptons nous, comme nous sommes d'abord et la Vie fera le reste. Je pense encore à ce volcan d'Islande qui dans sa violence toute naturelle a stoppé beaucoup d'entre nous dans leur course effrénée. C'était une bonne leçon, non?
Commentaire de Mortier Jacques le 29 avril 2010 à 22:03
Modification à mon commentaire précédent : en final, il faut supprimer "produire de beaux fruits"
Commentaire de Mortier Jacques le 29 avril 2010 à 22:00
Merci Mariskaia d'avoir ouvert ce débat que je souhaitais. Pour ma part, je reçois la violence des mots comme un orage d'énergie négative, dont il faut me protéger. Elle existe un peu partout, je l'ai connue dans les domaines professionnel, associatif et ailleurs encore. Cette violence des mots me paraît engendrer le plus souvent de mauvais fruits, allant jusqu'à des situations dramatiques (suicides de jeunes,... ) produire de beaux fruits, et je crois qu'il y a toujours un autre chemin.
Commentaire de Frédéric le 29 avril 2010 à 21:40
Les mots sont violents, mais la violence peut prendre de nombreuses formes :
le silence, un regard , ignorer une personne , sont pour moi des formes de violence.
Mais comme tu le dis, la violence est une expression d'un sentiment légitime... ou non.

De par ma petite expérience, je me rends compte que le temps de réflexion permet de canaliser certains mots regrettés, de mieux les formuler... pour ma part il n'est pas facile d'accepter de prendre ce temps de réflexion, le chemin est encore long...

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