Les surcoûts «cachés» des déchets nucléaires

Greenpeace enfonce le clou sur les déchets nucléaires !

Dans un rapport, l'ONG dénonce les « coûts cachés » liés à la gestion des déchets nucléaires en estimant qu'il faudrait au moins 18 milliards d'euros supplémentaires pour le stockage de matières radioactives. Greenpeace estime qu'un certain nombre de substances radioactives, comme le combustible usé entreposé dans les piscines de La Hague, devraient être classées comme déchets et non pas comme matières « réutilisables », c'est-à-dire des substances pour lesquelles leur utilisation ultérieure est prévue ou envisagée.

Une requalification que l'Etat et EDF (déjà endettée de 33 milliards d'euros) n'envisagent pas de prendre en compte. Sauf que Greenpeace persiste et signe : « Chaque année et à chaque étape, la filière électronucléaire produit des substances radioactives supplémentaires qui, loin de disparaître, s'accumulent partout sur le territoire », lance-t-elle.


Dans son rapport, Greenpeace assure que seulement « 1 % du combustible usé est réellement réutilisé ». Selon elle, « 90 % des « matières valorisables » sont en réalité des déchets nucléaires HA-VL (haute activité-vie longue) et FA-VL (faible activité-vie longue) que la filière refuse d'assumer ». Pour l'association antinucléaire, « 400 000 tonnes de « matières réutilisables » et pas loin d'un million de mètres cubes de déchets officiels » sont entreposés à la Hague (Cotentin) ou encore à Pierrelatte (Drôme). Les déchets les plus dangereux étant vitrifiés dans des conteneurs en inox en vue d'être enfouis un jour à Cigéo, le futur centre de stockage profond de l'Andra (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs) à Bure, dans la Meuse.

Selon le dernier inventaire de l'Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs (Andra), la France comptait fin 2017, 1,62 million de m3 de déchets radioactifs dont 0,2 % (3 740 m3) de déchets de haute activité qui peuvent être radioactifs jusqu'à plusieurs centaines de milliers d'années. « Nos calculs ont permis d'estimer que les volumes de déchets de haute activité à vie longue sont cinq à sept fois supérieurs aux chiffres officiels. Cela signifie qu'il faudrait a minima doubler les dimensions du projet Cigéo », conteste Florence de Bonnafos, de Greenpeace France.

Dans un rapport publié en juillet, la Cour des comptes avait déjà noté les « limites » et l'« ambiguïté » de la classification existante notamment pour certaines substances, comme le MOX usé et l'uranium de retraitement ré-enrichi (URE). Des matières dont la réutilisation est liée au développement de réacteurs de 4e génération à protons rapides. Sauf que pour l'heure, ce projet a été remis dans les cartons avec l'annonce de l'abandon du projet de réacteur prototype Astrid. « Le coût du seul stockage éventuel des MOX et URE usés dans Cigéo est évalué à plus de 5 milliards d'euros », avait estimé la Cour. Une somme qu'EDF affirme avoir déjà provisionnée.


Actuellement, les charges de gestion des déchets sont estimées officiellement à 73,5 milliards d'euros. Pour Greenpeace, en cas de requalification, il faudrait rajouter au moins 18 milliards d'euros supplémentaires pour la gestion des déchets. Ce débat sur les déchets nucléaires intervient à deux semaines de l'issue de la fin de la consultation nationale sur la gestion des matières et déchets radioactifs lancée en avril. En principe, fin novembre, le gouvernement devrait présenter le 5e Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs.

LeParisien

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Commentaire de JF@ le 12 septembre 2019 à 6:48
Commentaire de JF@ le 12 septembre 2019 à 6:48

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