Liberté des pensionnaires (Zoo Buenos Aires)

A Buenos Aires, le vieux zoo va fermer ses portes, après 128 années d’activité !

Une décision prise alors que depuis des années les défenseurs des animaux, jusqu’aux employés de l’établissement, lançaient des cris d’alarme sur les conditions de vie précaires des pensionnaires et sur les infrastructures délabrées. Dans le quartier de Palermo, l’établissement va se reconvertir en parc écologique assurant la protection et la réhabilitation des animaux. Il servira également de refuge pour les bêtes rescapées des trafics illégaux. La majorité de ses pensionnaires, soit quelque 1 500 animaux sauvages, détenus en captivité, devraient recouvrer la liberté.

Le chef de gouvernement (maire) de centre-droit de la capitale argentine, Horacio Rodriguez Larreta, a annoncé, le 23 juin, la renationalisation des 18 hectares du zoo, géré depuis 1991 par des sociétés privées. Ce sera désormais « un lieu où les enfants pourront apprendre à prendre soin des différentes espèces », a expliqué M. Larreta, affirmant que « la vie en captivité est dégradante pour les animaux ». En pleine ville, au croisement de deux avenues très fréquentées de la capitale, les embouteillages et les assourdissants concerts de klaxon ne contribuaient pas au repos des animaux. Plusieurs scandales avaient révélé les souffrances endurées par différentes espèces à la suite de négligences.

A la veille de Noël 2012, Winner, l’unique ours polaire du zoo, avait succombé à la canicule de l’été austral, à défaut d’un environnement adapté. En octobre 2015, la mort d’Esperanza, un girafon de 15 jours, par manque de soins, avait déclenché l’indignation sur les réseaux sociaux. Une manifestation avait rassemblé des milliers de personnes, à l’appel du collectif « Sin Zoo » (« Sans zoo »), pour réclamer sa reconversion en jardin écologique.

Les pensionnaires actuels devraient être transférés dans des réserves naturelles et des sanctuaires correspondant à leurs habitats naturels spécifiques en Argentine, mais sans doute également au Cambodge, en Inde, au Brésil ou en Afrique. Un recensement de toutes les espèces permettra de déterminer leur état de santé et les risques liés à leur réintégration dans la nature. Les premiers animaux à s’évader seront les oiseaux, qui s’installeront dans les prochaines semaines dans la Réserve écologique de Buenos Aires, havre de paix de 350 hectares, au bord du fleuve du Rio de la Plata.

Seuls une cinquantaine d’animaux, trop vieux pour voyager ou de santé fragile, resteront dans le futur parc écologique, où ils bénéficieront d’un environnement aménagé et des soins d’experts. Parmi eux, Sandra, une femelle orang-outan de 30 ans, qui a passé toute sa vie en captivité et qui est devenue très médiatique après qu’un tribunal de Buenos Aires l’a reconnue, le 22 décembre 2014, comme « personne non-humaine » lui accordant le droit de vivre en liberté.

Legrand

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Commentaire de JF@ le 29 juin 2016 à 7:41
Commentaire de JF@ le 29 juin 2016 à 7:41

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