Liberté - Identité - Développement durable : vers un nouveau contrat sociétal

Communiqué

"Liberté - Identité - Développement Durable"

"Vers un nouveau contrat sociétal"

 

Monique Gouiran

 

Il était prévisible que cette année 2011 soit marquée par de grandes révolutions. Une crise économique internationale qui n'en finit pas, le chômage sans cesse en augmentation, des puissances politiques dominantes qui écrasent de leur arrogance les plus démunis, au nom des exploitations minières, pétrolières, au  nom de la société de consommation qui crée de plus en plus de dépendance dans une humanité paupérisée qui peine à se tenir debout, en marche vers un destin de plus en plus confus dans lequel les hommes rencontrent des difficultés à se repérer et à trouver leur utilité.

 

En Egypte, Râ, le Dieu solaire vénéré par les égyptiens a éclairé les consciences, les foules se dressent contre la tyrannie.... Plongés dans la nuit de Seth, le peuple a trouvé le courage de s'opposer à des décennies de misère affective, économique et sociale et de se remettre en marche vers la lumière à coup de sacrifice avec cette force que l'on trouve chez ceux qui n'ont plus rien à perdre, chrétiens et musulmans côte à côte guidés par une même foi universelle celle de vivre dignement, poussant tour à tour des cris de révolte et des chants de ralliement. Les peuples prennent responsablement en charge leur destin, coûte que coûte au-delà des peurs et des dépendances pour regagner leur liberté, celle qui leur accordera de tenter de vivre pleinement leur potentialité. Le phénomène s'est étendu aux Pays Arabes, l'Algérie, la Tunisie, la Libye, la Syrie, le Yemen, d'autres seront "contaminés" pour reprendre le terme utilisé dans les journaux télévisés, éclairés selon ma propre conviction par une flamme venue du profond de leur être pour les rappeler à la vie.

 

Des peuples, un peu partout dans le monde se soulèvent pour retrouver leur liberté perdue, celle qui confère à un homme sa singularité et son devoir d'exister en individu libre, responsable et autonome.

 

En ce début de troisième millénaire, l'humanité devra trouver les clefs pour déverrouiller les portes scellées par les jugements de valeurs bloquant l'accès au royaume de nos vies terrestres. Nous devrons oser  souffler de nos pleins poumons ré oxygénés par le désir de vivre, guidés par le souffle divin de l'univers, dans les trompettes qui briseront les murs infranchissables de nos représentations à l'image des sept prêtres qui durant sept jours poussés par une volonté divine parvinrent à briser les remparts de la citadelle de Jéricho. Depuis les sept continents de notre planète, les hommes rassemblés en un seul mouvement pourront, s'ils le désirent vraiment changer les prismes de nos certitudes pour s'élever, voir plus loin et se rapprocher de l'immensité de l'univers dans un mouvement ascendant, victorieux afin que chacun puisse trouver sa place dans le berceau de notre voie lactée.

 

La revendication du respect de la dignité humaine me rassure, les hommes en cette année 2011 se remettent en lien avec eux-mêmes, n'ont plus la peur au ventre, face aux tyrans qui n'ont plus d'autres choix que de se remettre en question. ou de partir. Notre troisième millénaire naissant nous annonce la fin des dinosaures de nos temps modernes, ceux qui, devenus héritiers des tyrans de jadis n'ont pas su s'adapter aux évolutions et aux révolutions qui annonçaient pourtant la naissance d'un changement profond. N'ayant pu s'adapter au milieu qu'ils croyaient maîtriser, ils sont condamnés aujourd'hui à rejoindre les livres d'histoire pour remplir des pages que l'on tournera afin d'en écrire d'autres, celles qui relateront comment les peuples fatigués des valeurs nées de la domination des grands conquérants, ont su rebondir, se rejoindre et par leurs forces rassemblées, renverser le tout puissant pouvoir d'une poignée de quelques hommes qui se croyaient au-dessus des règles, des peuples et des Dieux.

 

A l'échelle de l'humanité seule une poignée d'hommes peut détruire car il est plus facile de détruire que de construire pouvant anéantir d'un seul coup toutes les richesses, toutes les sciences élaborées par des hommes et des femmes de talent. Par contre, l'ensemble d'un peuple qui avance dans un mouvement ascendant peut reconstruire durablement en renversant les montagnes du pouvoir. Car s'il est vrai que "l'union fait la force", une union construite autour des valeurs de la dignité humaine, revendication endémique à tous les êtres humaines, ne génère pas seulement une force mais un feu d'artifice visible des plus hauts sommets invitant les peuples plongés dans l'obscurité à se redresser et à rejoindre le mouvement.

 

Les derniers tyrans ont tissé un voile sur la lumière qui éclairait nos corps, nos consciences et notre raison, ce voile qui empêche de voir, de réfléchir et nous isole. Voulant créer de l'obscurité, les tyrans se sont isolés eux-mêmes car un tyran est toujours seul, phagocyté dans son pouvoir, dépendant de ses esclaves et de ses serviteurs. Le règne du tyran est toujours provisoire, tôt ou tard, les hommes se révoltent et revendiquent leur liberté.

 

Je ne suis pas surprise de ces mouvements car nous ne pouvions nous contenter d'une humanité qui aurait accepté, par exemple, que Liu Xiaobo, prix Nobel de la Paix 2010 récompensé pour "ses efforts durables et non violents en faveur des droits de l'homme en Chine", y reste emprisonné  à cause de ses positionnements sur la "subversion du pouvoir de l'Etat". Pensant l'isoler dans la solitude de sa prison, le pouvoir en a fait un martyre en l'inscrivant durablement dans les consciences.

 

Les peuples lestent leurs poches avec de lourdes pierres pour conjurer leur peur et trouver le courage, pour eux, pour leurs enfants, de changer le cour de l'histoire afin que demain, entendus et libérés ils puissent lâcher ce lest pour s'élever.

 

Comment s'étonner lorsque confortablement installés dans les bateaux de croisière qui remontent le Nil, les touristes feignent d'ignorer la misère des Chiffoniers du Caire, enfants spirituels de Soeur Emmanuelle qui les accompagna tout au long de sa sainte vie. Le Sphinx gardien de Gizeh devra aujourd'hui poser les bonnes questions aux touristes pour leur accorder ou pas le droit de passage sur ces terres riches d'un passé somptueux, plongées dans le chaos et le désœuvrement.

 

Cette révolution ne se fera pas sans souffrance car les peuples seront contraints d'utiliser des moyens de guerre pour se soulever. Ils devront avoir recours à la violence pour se frayer un chemin vers la liberté. Cette souffrance leur coûtera. Elle coûte toujours aux humbles lorsque leur révolution porte sur leur recherche de dignité. Souhaitant enfin se faire entendre, ils sont obligés de crier et de  montrer à leurs persécuteurs qu'ils n'ont plus peur d'eux. L'empathie ici n'a plus lieu d'être car la violence demeure le seul moyen dont ils disposent pour renverser un pouvoir. Car lorsque le pouvoir viole nos libertés, lorsqu'un peuple, un  individu est convaincu qu'il n'a plus rien à perdre, la seule réponse est la révolte, l'affrontement, pour déchirer le voile et percevoir à nouveau la lumière.... Cette révolte là rien ne peut la calmer, car l'on peut tirer dans les foules, des corps se redresseront toujours, mettrons le temps de se reconstruire pour élever une autre armée....

 

Les uns se battent pour leur liberté, les autres pour le pouvoir. Un héros ne se bat jamais pour le pouvoir, c'est peut être pour cela qu'il reste inscrit dans les mémoires à titre d'exemple.

 

Le héros peut se battre et mourir seul, le tyran doit toujours être entouré. Les héros doivent se regrouper pour multiplier leurs forces et nous devenons tous des héros à partir de l'instant où nous avons décidé de dire "non" aux injustices, "non" à une société de consommation avilissante génératrice de dépendance et d'addiction qui nous éloignent de nous-mêmes, "non" à la médiocrité.

 

Les héros comme les tyrans ont marqué l'histoire mais la différence réside dans le souvenir qu'ils en ont laissé. On se souvient du tyran pour ses atrocités, du héros pour ce qu'il était,, pour la qualité de son être, pour sa personne. Le pouvoir et la force du tyran résident dans sa capacité à manipuler les esprits les plus fragiles, à créer des peurs, des dépendances, à freiner toute évolution personnelle afin de mieux formater les esprits.

 

Les hommes ne renoncent jamais à leurs rêves, ils en sont seulement orphelins. Ils les gardent dans leurs cœurs, bien au chaud, jusqu'au moment où leur foi, leur courage, leur devoir de vivre en hommes libres les invitent à se redresser et à avancer, ensemble, vers un nouvel équilibre.

 

Dans un monde où des millions d'enfants, de femmes, d'hommes connaissent la famine et n'ont plus la force de se soulever, je m'interroge et me demande, qui, à part les courageuses ONG présentes sur les sites les plus touchés, les aidera à se dresser ?  ils n'en ont plus la force. Sont ils condamnés à survivre en silence, provisoirement, inconnus  pendant que sous leurs pieds, dans les veines de leur Terre, des mines se construisent pour mieux en extraire de l'or, du cuivre, des diamants....... Enfants de leur terre devenus esclaves de leur mère violée par la cupidité des hommes. Terre et enfants pleurent et s'affaiblissent sous le regard bienveillant des organisateurs de grandes manifestations comme ce fut le cas pour les jeux olympiques de Pékin ou la coupe du monde en Afrique du Sud. Comment justifier ces injustices au moment où les grandes instances économiques, sociales, environnementales et politiques définissent les conditions de réussite des enjeux de responsabilité sociétale et du respect des droits de l'homme ?

 

Durant de nombreux siècles, les moyens utilisés pour l’asservissement des peuples ont précipité l’être humain vers les plus sombres profondeurs du déni de lui-même. Ce déni se traduit entre autres, par la soumission ou par la violence, la frustration ou encore par la dépendance à des êtres persuadés de leur supériorité, manipulateurs, souvent frustrés qui les ont poussés insidieusement vers les mensonges de l’alcool, de la drogue et de tout autre addiction favorisant le camouflage de la réalité, isolant l’homme dépendant dans un état léthargique lui interdisant toutes actions favorables à son devoir d’exister. Je parle de la délation encouragée par les conquérants, les dominants, les inquisiteurs, les tenants du savoir, les juges et les censeurs, je parle de la honte de la couleur de la peau, du statut social, de l’origine sociale, de l’identité socio culturelle et professionnelle, de la différence. Je parle enfin du pouvoir utilisé pour diviser les peuples, pour diviser les familles et renier les valeurs fondamentales communes qui constituaient la force, l’essence des diversités humaines qui, dans l’acceptation de leurs différences auraient pu créer une grande émulsion enrichie de toutes les couleurs, de tous les savoirs, de toutes les espérances de l’humanité.

 

Le besoin de créer des empires, des puissances financières,  a défini les orientations politiques,  religieuses en avilissant les peuples et en les éloignant de leur essence première qui conférait à chacun de leurs membres le droit à la liberté et aux croyances qui les maintenaient vivants. Car il est moins question de "bien" ou de "mal" que de profit, ce manichéisme binaire ayant été inventé par quelques religions, notamment la religion catholique, pour imposer leur doctrine au détriment des valeurs fondamentales des peuples dont la diversité définissait la richesse de toute une humanité. Car vouloir uniformiser les croyances consistent à détruire la bio diversité. Nous en mesurons les effets sur la planète, victime des spéculations fondées sur le droit à polluer, à déboiser, à isoler des animaux dans des parcs d'attraction, à puiser dans le fond des océans, à faire  de la planète une immense poubelle, pour le seul profit de quelques uns; quelques illuminés qui se positionnent au dessus de tous les équilibres, convaincus qu'ils sont de pouvoir tout diriger, s'opposant aux Dieux, oubliant qu'ils sont mortels et que leurs héritiers paieront leurs erreurs, leur arrogance, leur ignominie. Notre humanité est victime de la perversion d'un petit groupe d'hommes qui ont su insuffler à coup d'enseignement coercitif des valeurs qui n'en sont pas, construites uniquement sur le besoin de dominer.

 

Car si de tous temps la domination fut un dénominateur commun à toutes les espèces pour survivre, nous assistons aujourd'hui à une domination construite uniquement sur le besoin de paraître, dont la puissance financière est le corollaire. Ce besoin est entretenu par les médias de toutes sortes qui nous proposent des produits censés nous différencier des autres communs des mortels, en apparence et jamais en profondeur, l'apparence devenant la première valeur de notre nouveau siècle. Il n'est donc pas étonnant que des peuples qui ne peuvent pas se nourrir se soulèvent devant autant d'arrogance et de futilités car si l'argent n'achète pas la dignité, certains risquent de la perdre pour s'en procurer et espérer rejoindre le clan de ceux qui paraissent avoir réussi, renonçant pour quelques sous à leur liberté, nouveaux esclaves des temps modernes, sans chaîne et pourtant enchaînés à l'opinion des autres et à la peur de se confirmer différent.

 

Toutes les formes de domination au grès de l’histoire et de l’humeur des hommes ont transformé des pays, en province, en région, en département, en colonies. Les peuples furent forcer, au fil de l'histoire des grands conquérants à se mettre à genou puis à se coucher, ventre à terre, les yeux baissés enfouis dans la noirceur de la confusion, les mains tremblantes leur interdisant de toucher, de créer, la bouche condamnée à se taire, le regard égaré, affolé, cherchant à trouver une explication cohérente, traduisant la peur d’exister, traduisant la peur de mourir. Cette ambivalence entre l’existence et la mort traduit la gravité des sentiments des êtres bafoués condamnés à survivre pour ne pas mourir et à mourir pour ne plus exister, pour ne plus souffrir, pour ne plus se sentir impuissants et incapables de s’inscrire dans un projet d’évolution leur permettant de transmettre à leur propre espèce les moyens de confirmer leur rôle actif au sein de la grande famille de l’humanité.

 

Parmi ces moyens :

 

  • Le non respect des identités
  • Le mensonge des représentants de certaines religions dont les principes mêmes favorisent les évaluations arbitraires et les jugements de valeurs. Ces principes qui accordent le droit à un seul homme de définir le bien et le mal en fonction de ses propres certitudes et dénient les principes de réflexes ancrés propres à toutes civilisations, pour soumettre, culpabiliser et condamner, camouflant derrière une démarche de « civilisation » les intentions des profits personnels et de pouvoir de domination. Il s’est étendu au noir et au blanc, au beau et au laid, bref, à toutes les polarisations possibles favorables à la naissance d’une pensée globale, d’une pensée unique, porteuse de toutes les certitudes et génitrices de toutes les souffrances, de toutes les révoltes. Les valeurs morales ont pris le pas sur les valeurs sociales, au service de ceux qui voulaient asseoir un pouvoir et aliéner des peuples . Je crois en Dieu, mais n’accorde à aucun homme de s’en prétendre le représentant et de surcroît lui donner sa couleur et ses intentions.
  • La non différenciation des êtres humains par leur assimilation à des moyens de production
  • Le profit pour certains et l’asservissement pour d’autres
  • L’usage de la menace, de la sanction fortifié par l’utilisation des armes et des chaînes, ne laissant aucune place à l’expression individuelle et favorisant la haine
  • Un pouvoir coercitif, une instruction réservée à quelques uns, traduisant la volonté de maintenir les hommes bafoués et déniés dans l’ignorance,  dans la confusion leur interdisant toute autonomie de décision, toute responsabilité.

 

Les acteurs du troisième millénaire nous invitent à réfléchir en terme de "développement durable". Un peu partout, dans le monde fleurissent des normes et labels initiés par des organisations conscientes du besoin de changer nos comportements au  niveau planétaire. Mon attention a été retenue par le label "Lucie" identifiant les entreprises engagées en faveur du développement durable dans les domaines social, économique et écologique.

 

Au nord de l'Ethiopie, en 1974, l'International Afar Research Expedition découvre Lucy, un petit squelette de femme née il y a environ 3 millions d'années. Ce prénom lui fut donné par le chef du groupe de chercheurs qui écoutait à cet instant, la chanson des Beatles "Lucy in the sky with Diamonds".

J'aime à penser, que ce prénom de Lucy pour notre "vieille tante", "Lucie" pour le label développement durable, fut inspiré inconsciemment par une autre Lucie vénérée en Suède, symbole de la lumière et du renouveau qui se présente aux hommes pour éclairer leurs consciences. Je suis née moi-même le jour de la Sainte Lucie le 13 décembre 1954, et je dois avouer que j'ai toujours ressenti en moi cette lumière qui ne demandait qu'à s'attiser pour guider mon chemin. Cette année là, les films de Walt Disney étaient commercialisés, ce qui me prédisait un monde enchanté, "Vingt mille lieux sous les mers" sortait en salle annonçant la découverte des profondeurs, Grace Kelly recevait un oscar pour son interprétation dans le film "une fille de la province"  Edmond O'Brien pour "la Comtesse aux pieds nus", autant de signes qui accompagnèrent ma venue dans ce que l'on baptisa plus tard les "trente glorieuses" annonciatrices de profonds changements et d'espoir d'équité entre les hommes.

 

Les soulèvements actuels des peuples dans le monde, ont une revendication commune : avancer dignement, debout, éclairer les consciences, sortir de la confusion, retrouver la lumière, celle qui attise les cœurs. Notre Lucy, venue des temps anciens, retrouvée en Afrique nous offre son squelette et nous confirme que les os de l'humanité sont sans couleur distincte si ce n'est celle des os, celle qui nous réunit, celle qui définit la couleur de l'humanité. Venue du fond des âges pour nous éclairer, nous offrir sa lumière, son soleil, elle est le témoin de tous les changements climatiques depuis la nuit des temps, toujours là, porteuse d'un discret message d'éternité. Car tant que le soleil brillera aucun voile, même le plus épais ne pourra condamner à jamais sa lumière. Sa chaleur gagnera toujours le cœur des hommes, mettant le feu à toutes les matières qui tenteront de l'empêcher d'accomplir sa mission, celle de réchauffer la planète et de maintenir l'équilibre de notre voie lactée.

Des millénaires après sa mort, Lucy nous livre encore un enseignement. Minuscule et généreuse donatrice d'un mètre dix venue du fond des âges, elle nous éclaire et nous livre ses secrets, ceux qui devraient nous permettre de mieux comprendre d'où nous venons, où nous retournerons, futurs témoins du temps présent.

Toutes les tyrannies du monde ne peuvent  pas éteindre cette lumière car elle renaît inlassablement, prenant le temps de se faufiler, de trouver sa place et de grandir.

 

Mes activités professionnelles dans le secteur des sciences humaines, m'invitent souvent à me déplacer. J'ai souvent retrouvé ce symbole de la lumière représenté par Lucie. Au bord des plages, surtout celles entourant les îles de massifs coralliens, nous retrouvons un petit opercule de coquillage (lAstraea rugosa ou turbo rugueux), rebaptisé "oeil de Sainte Lucie". Sa particularité est de présenter sur sa face plate, un dessin en forme de spirale qui ressemble à un oeil. Cependant, cette spirale indique également un chemin, une ronde, une destination. A la Réunion, aux Antilles françaises, en Corse, cet opercule est ramassé, monté en bijoux ou gardé simplement en l'état sur soi, en signe de protection pour mieux nous guider, nous protéger.  J'ai trouvé en Martinique, un oeil de Sainte Lucie incrusté sur un cercle formé à partir d'un morceau de noix de coco. Je vis en Corse, où Sainte Lucie est célébrée et où son "oeil" est précieusement gardé par la plupart des familles de l'île. Ce bijou Martiniquais fut pour moi un signe de convergence, d'une île à l'autre, un petit bout de "chez moi" serti sur un petit bout de "chez eux". Je le pris souvent comment exemple lors de mes interventions  notamment pour illustrer la démarche de création de valeurs communes de coopération, dans le respect de nos identités respectives, riches de nos traditions, systèmes de référence et représentations.

 

Je me suis attachée à cette lumière que l'on trouve dans les yeux des nouveaux nés de toute la planète car elle est endémique à l'être humain. Je l'ai retrouvé dans les yeux des plus démunis, voilée quelque fois par la tristesse mais jaillissante dès le premier espoir. Je n'ai jamais trouvé de lumière dans les yeux des tyrans, par contre, les "héros", ceux qui ont lutté au péril de leur vie contre un pouvoir coercitif, ont gardé jusqu'au bout et même dans la souffrance cette lueur témoin de leur courage et de leur détermination. Tous les hommes ont besoin de lumière pour éclairer leurs pensées.

 

Mais travaux en sciences humaines se sont portés essentiellement sur cette recherche de lumière pour mieux comprendre les blocages et les conflits qui opposent les êtres humains. D'autres femmes et hommes l'ont initiée avant moi, tel Bouddha qui, assis sous un arbre durant 49 jours et 49 nuits, chercha les causes de la souffrance des hommes.

Le temps n'existe pas pour Lucy, elle est là , toujours présente nous délivrant son enseignement dans le silence de sa paix et de son éternité. A partir de l'instant où nous naissons à la vie, nous sommes voués à l'éternité au delà de notre volonté, égaux dans notre dénuement, semblables dans nos ossements uniques témoins génétiques de l'évolution de notre genre humain. A nous de décider si notre espèce sera le prédateur de notre planète ou fera partie au sein de ses couches phréatiques de sa mémoire, de son évolution de  son cheminement.

Saurons nous créer cet arc en ciel multicolore, à l'image de la planète et de la diversité de son éco système ou nous limiterons nous aux prismes de nos pensées par lesquels, nous limitant au cercle de nos convictions nées des valeurs politiques, religieuses et sociales inventées par les hommes pour mieux les manipuler, nous verrouillons nos propres fenêtres, nous condamnant ainsi à la violence de l'isolement.

Ce n'est pas une révolution  d'un pouvoir contre un autre pouvoir qui nous libèrera mais la révolution de nous mêmes pour apprendre simplement à dire "non" ne plus rêver de la révolution mais la faire en nous même pour nous délivrer de notre dépendance à une société de consommation de plus en plus prégnante et à des valeurs construites sur des critères qui nous ont été imposés par la politique, la religion et le pouvoir de l'argent à des fins de construction d'empires et d'emprise sur l'humanité.

 

Le pouvoir a défini la respectabilité en fonction de la puissance financière. Chaque individu sur cette planète, chaque plante, chaque animal est digne de respectabilité. Nos temps pseudo évolués l'ont oublié et nous en payons aujourd'hui les conséquences.

 

Nous connaissons tous, à notre niveau, un sentiment de révolte lorsque nous nous sentons  étrangers en notre pays. J'ai connu la révolte et mon parcours fut consacré à la conceptualiser pour mieux en comprendre les causes et en corriger durablement les effets. Me référant à ma propre histoire, celle de ma vie, une vie humble, comme des millions d'autres, faite de joie, de peur, d'incompréhension, de questionnement. Des vies jalonnées par les interprétations des autres, les évaluations nées de puissances dominatrices qui ont voulu institutionnaliser leur propre conception des rapports entre  les hommes. Des pouvoirs qui ont oeuvré à manipuler les consciences en utilisant la religion, la politique, en instituant des rapports de force dont le seul but était de culpabiliser pour mieux dominer. Les guerres, depuis la  nuit des temps, qui, sous couvert de religions et de purification des âmes les ont condamnés à l'errance et ont contaminé les esprits créant le trouble, installant les incompréhensions, les discriminations, les différences sociales, ethniques dans une volonté de tout uniformiser au détriment de l'équilibre de nos éco systèmes faits de diversité et de complémentarité. Car la vie sur notre planète a pu prendre son chemin par l'alliage de toutes les diversités qui se sont croisées pour se renforcer, pour durer, pour se maintenir vivantes.

 

Mon activité professionnelle me conduit à rencontrer des publics issus de toutes les diversités socio culturelles en divers endroits. Mes recherches s'appuient sur mes expériences personnelles et sur les enseignements que j'ai pu recevoir de ma famille, une famille d'ouvriers et de paysans qui durent se construire entre deux guerres découvrant après la seconde un monde en totale mutation dans lequel ils durent trouver leur place. J'ai appris dans ce milieu à économiser la nourriture, à respecter le pain, à utiliser les denrées périssables que nous achetions au jour le jour. Notre éducation consistait à ne pas jeter, les restes allant aux animaux de la basse cour et de la ferme ou à nos compagnons domestiques. Plus tard, j'ai été confrontée lors des cocktails et de ma rencontre avec les autres au gaspillage de nourritures, jetées à la poubelle. Cette attitude me choqua dans mes valeurs et lorsque je m'insurgeais contre ce gaspillage, je provoquais souvent la dérision,  comme si ne pas jeter n'appartenait qu'aux pauvres et que pour marquer la richesse on devait gaspiller sans compter au détriment de ceux qui avaient faim..... J'ai appris, comme beaucoup de gens de mon époque, à conserver les petits morceaux de savon pour les fondre et en faire naître un nouveau, à économiser  l'eau, à cuisiner pour ne pas gaspiller, à tricoter et à coudre pour faire durer mes vêtements, toutes ces qualités reléguées aux pauvres comme si elles marquaient un manque de moyens, toutes ces choses que l'ont nous demandent aujourd'hui de faire pour contribuer au développement durable, qui ont été oubliées, méprisées pour marquer les différences  entre ceux qui comptaient et ce qui ne comptaient pas. Quand je vois aujourd'hui les gens s'amuser avec la nourriture, notamment à la télévision, cette non écoute des télé spectateurs qui comptent pour s'alimenter régulièrement, des populations affamées, au moment où les restaurants du cœur font le plein, je supporte mal cette attitude, ce burlesque censé nous faire rire. Et je me demande ce que pense de notre société occidentale les pays pauvres qui nous voient bafouer la nourriture, nous gaver, sans l'apprécier, comme si le fait de pouvoir jeter de la nourriture, s'en amuser, contribuait à confirmer notre réussite sociale.

 

Devenue adulte j'ai du évoluer dans un milieu  professionnel où  nous n'avions pas tous les mêmes codes. Je connaissais ceux du peuple, j'ai souvent du confirmer ma différence.

 

J'ai réussi, par mon travail, à porter la démarche identitaire au cœur du débat actuel de responsabilité sociétale. J'espère par ce biais là apporter ma modeste contribution au changement des mentalités afin d'offrir à nos jeunes générations un solide relais pour leur permettre d'avancer dignement vers ce nouveau millénaire en pleine gestation et en pleine révolte.

Je suis convaincue, que si nous disposions tous des moyens de pouvoir analyser nos blocages et de les comprendre nous pourrions mieux nous engager dans un projet de développement durable. J'entends par développement durable celui de l'humanité, dans ses valeurs profondes, dans ses constructions, dans ses particularismes identitaires, qui lui confère, comme l'écrivait Aimé Césaire "son irréductible singularité". Je suis convaincue que l'homme ne pourra pas s'avancer vers un développement durable pour la planète tant qu'il ne se sera pas remis lui-même dans  une démarche de développement personnel durable. Pour cela, il m'est apparu essentiel de porter  le débat sur les causes qui, à un moment donné, ont provoqué les incompréhensions entre les hommes et leur ont interdit de se développer harmonieusement.

 

La génération des quinquagénaires  dont je fais partie, est à la fois, héritière par nos parents et grands-parents des conceptions morales et sociales de l’avant deuxième guerre mondiale et des siècles l’ayant précédée, héritière de la révolution industrielle et technologique des années 50 ayant permis tous les espoirs en ouvrant une  porte irraisonnée  à la consommation, héritière de la révolution politique, économique, sociale et culturelle de l’après 1968. Nous sommes une génération charnière entre ce nouveau siècle et les précédents, sortant d’un chaos dont nous ne sommes pas encore totalement remis, une génération en recherche d’équilibre entre nos systèmes de référence ancrés transmis par nos ascendants et les nouveaux systèmes de référence construits par une société de fin de XXème siècle en totale mutation. Génération de transit ouvrant la porte à un nouveau millénaire, nous portons la lourde charge d’accompagner les jeunes générations vers leur accomplissement, qui, nées à l’apogée de la technologie et de la consommation, peuvent difficilement imaginer ce que furent nos propres évolutions, nos propres révolutions. Nos jeunes ont besoin de participer eux aussi au grand chantier de leur destiné, à nous de leur apprendre, les rassurer, leur transmettre les valeurs essentielles de dignité, de respect et d’ effort qu’ils réclament ainsi que les outils nécessaires à l’accomplissement de leur vie. La qualité du « relais » que nous leur passerons dépendra de la qualité de nos propres décisions et de leur conformité aux objectifs de responsabilité sociétale. Nos arrières grands-parents « avaient fait 1870 », nos grands-parents « la guerre de 14-18 », nos parents « la guerre de 39/45 » nous, les cinquantenaires avons « fait Mai 68 ». L’homme a besoin d’être un « héros », donnons à nos jeunes pour éviter qu’ils s’inventent des « conquêtes virtuelles » et qu’ils aient recours à des addictions de toutes sortes, l’occasion d’être des « héros » ceux de leur propre vie, premiers héros de ce nouveau millénaire encore en gestation. Permettons-leur de sortir de la confusion de ce début de XXIème siècle et d’agir en toute autonomie et responsabilité. Leur avenir déterminera l’avenir des futures générations. Parviendrons-nous à construire une humanité en équilibre s’orientant vers une communauté de destins ? Laisserons nous  poser sur notre jeunesse le voile de l'obscurité ou parviendrons nous à leur rendre l'espoir et à les conduire vers leur rôle de constructeurs de ce nouveau millénaire ?

 

Alors, si nous devions continuer à nous battre, je souhaite que ce ne soit pas pour conquérir d'autres hommes, d'autres terres afin d'asseoir un pouvoir sur les autres, mais pour  conquérir nos libertés perdues. Je souhaite que tous les hommes retrouvent les moyens d'accéder à l'autonomie et à la responsabilité, droits fondamentaux de chaque être humain, indissociables de la liberté. Les dépendances créées par les conquérants, les Etats souverains, les dictatures, la colonisation freinent inexorablement l'autonomie et la responsabilité et condamnant la liberté soulèvent des conflits, des guerres, des affrontements. L'homme s'est voulu autonome par rapport à la nature il s'en est de ce fait désolidarisé. Il ne sera jamais autonome par rapport à la nature car il en est totalement dépendant. C'est pour moi la seule réelle dépendance de  l'être humain car sans oxygène il perd son autonomie, sans nature il n'existe plus. Le combat pour la liberté prend du sens dès lors qu'il se mène au côté de la nature et non en la négligeant. La liberté n'existe qu'entre les hommes, dans l'Univers pas de liberté, seulement de la dépendance. J'invite les hommes et femmes à réfléchir sur cette réflexion, surtout ceux qui pensent encore que tout peut s'acheter. La liberté ne s'achète pas, elle se construit, elle ne se mesure ni en euros ni en dollars, mais dans la capacité que nous déployons à tracer notre trajectoire, dans le respect de nous-même, des autres, dans la reconnaissance de notre petitesse fasse à notre planète, qui n'a pas besoin de nous et ne nous demande pas de nous différencier. Nous ne pouvons pas lutter contre elle, nous ne pouvons que la prier.. Nous sommes reliés à notre environnement par nature, l'oxygène nous vient sans que nous le provoquions, les tremblements de terre peuvent nous ensevelir de la même façon Il n'est donc pas question de respect mais d'humilité et de reconnaissance devant un macro système qui nous dépasse magistralement, fragile poussière que nous sommes face à notre géant univers inconnu, secret, qui nous enfante et décide de notre devenir, sans négociation. Nous ne sommes que quelques notes dans la partition de l'univers, à nous de créer une symphonie qui s'élèvera jusqu'aux cieux pour prier ensemble au maintien de cet équilibre dont nous connaissons si peu de choses et qui peut par son chaos nous exclure d'un seul coup, en quelques secondes de son cahier de musique pour créer une autre partition construite avec des notes qui ne sonneront plus faux. Car notre humanité, surtout la dirigeante, celle qui détient le pouvoir, sonne faux. Les chants deviennent des cacophonies, les instruments se désaccordent provoquant une violation auditive qui nous empêche de régler nos propres instruments nous obligeant ainsi à produire des mauvais sons, de mauvaises chansons, convaincus que nous sommes pourtant de bien chanter. Nos sens atrophiés ne nous permettent plus de faire confiance à notre instinct, la vue est troublée, l'odorat enfumé, l'ouïe obstrué, le toucher mécanisé, le goût aseptisé. Les hommes du XXIème siècle transformés en robots se sentent invincibles, enfermés dans un corps qu'ils ne maîtrisent plus, qu'ils ne connaissent plus, qu'ils bafouent chaque jour, s'éloignant ainsi de leur réel  pouvoir, celui de vivre sa vie humaine, faite de chair, de sang, de sentiments et d'amour qui leur avait été donnée pour vivre librement dans un Eden terrestre protégé par les Dieux. Dans un corps de robots plus de retour à la Terre, plus de retour au Feu, seulement quelques déchets polluants, charges supplémentaires que la Terre devra évacuer. Je me refuse à devenir un robot, car je proclame mon identité d'être humain avec ses joies, ses peurs, ses faiblesses, ses atouts, sa foi dans quelque chose de beaucoup plus grand que moi, qui n'a pas besoin de moi et qui m'honore chaque jour.

 

J’ai confiance en l’humanité. J’aime l’ordre lorsqu’il permet à chacun d’y voir clair, à chacun de sortir de la confusion et accorde à tout le monde le droit de devenir un homme responsable, autonome, un homme d’effort, de dignité et de fierté : un homme libre. Je sais aussi que demain sera la suite logique de ce que nous aurons accompli aujourd’hui sans oublier les réalisations d’hier, sources de notre quotidien et de notre futur. La vérité absolue se trouve dans les profondeurs, toutes les profondeurs, celles du ciel, celles de la terre, celles de l’humain. L’apparence, la surface n’est qu’illusion. La terre tourne car l’Univers existe et comporte en son sein tous les secrets qui permettent à la terre de tourner. Les terres sont au-dessus des océans mais la mer contient tous les secrets qui ont permis à ces terres de surgir. De nouvelles îles surgissent, d’autres disparaissent de la surface du globe. La terre est en perpétuelle évolution, son apparence change chaque jour, sa surface est donc illusion au quotidien. Soyons modestes, la nature se définit chaque jour en fonction du travail des profondeurs, des entrailles de la terre.

 

La volonté humaine demeure la base de tous changements. Comment conduire  l’homme vers un projet de développement durable pour lui-même, vers une démarche d’amélioration permanente avant d’imaginer traiter de développement durable pour l’entreprise, les sociétés, la planète ? Le développement concerne tout le monde, il ne saurait être question d’isoler « l’homme » de cette démarche.

 

Mon cheminement est celui de millions de personnes, femmes, hommes, enfants dont les vies s’accomplissent autour de règles établies par des hommes, ceux du pouvoir qu’il soit politique ou religieux. Ce pouvoir qui définit les pensées, les principes, les valeurs et qui condamnent encore trop souvent la majorité des population à s’y plier, à accepter l’injustice, la non équité. Qui oblige à se convaincre que la toute puissance appartient aux plus riches, aux plus malins aux plus astucieux et  provoque l’arrogance mère de tous les vices et de toutes les perversions, cette arrogance qui inhibe les humbles, perturbe leurs valeurs, les transformant en "anomalies", génère la honte d’être fils ou fille de, des enfants, des femmes et des hommes sans référence de pouvoir, condamnés à vivre en marge de leur avenir car ils ne rentrent pas dans les critères établis par d’autres hommes.

 

Mon travail sur moi-même m'a permis d'éclairer ma, vision. Il est devenu un guide pour mieux comprendre et se comprendre, sans haine, sans vengeance avec cette merveilleuse tolérance, la vraie, celle qui est opposée à la compassion, celle qui nous permet de ne pas juger, ne pas condamner et nous invite par la congruence à nous dépasser pour aller enfin vers nous-même, sans aucune autre prétention que celle d’exister et d’accomplir son destin au plus près de son essence, sans influence, riche de l’enseignement des années passées, prometteuse de réalisations qui nous permettront de vivre en harmonie avec nous-même aujourd’hui et demain.

Dans une société qui a peur, parce qu’un calendrier Maya prédit la « fin du monde »  pour le 21 décembre 2012, et qui, au lieu de se regrouper, se resserrer, se protéger continue à se battre, dans un monde où l’Israël et la Palestine sont toujours en conflit, où les pays arabes connaissent des affrontements de plus en plus violents, où la menace terroriste flotte sur le vieux continent et les Etats Unis, où des enfants en Afrique, en Amérique du Sud, et ailleurs meurent de faim, où le trafic d’enfants à but sexuel continu, où l’ouverture des frontières sert trop souvent le trafic de drogue et la prostitution,....

 

 Je me demande, de quoi ont ils peur ? ils connaissent déjà l’apocalypse, et je m’interroge sur ce qui changera ou ne changera pas ou s’aggravera en 2012. Ces hommes là continueront ils à se battre, à torturer, à vendre de la mort aux jeunes, à obliger des jeunes filles à se prostituer, pour gagner jusqu’au bout, un maximum d’argent et espérer mourir riches, ou bien tenteront ils en cette année 2011 de changer de voie, de se rapprocher des autres hommes et femmes pour connaître enfin la paix, l’amour, avant le grand départ, où se sentent t'ils si forts, si puissants qu’ils pensent pouvoir être épargnés. Je suis convaincue que beaucoup n’y croit pas car ils se sentent bien plus puissants que la nature, d’ailleurs ils ne la voient plus, ils pensent la gouverner, ils l’insultent chaque jour. Nous assistons depuis peu à des bouleversements majeurs, séisme, tsunami, inondations spectaculaires dans le monde entier, aggravés par l'impuissance des hommes à stopper un processus nucléaire qu'ils pensaient maîtriser. Je pense à l'Australie, la Mère des aborigènes, bafoués, relégués de force dans les rangs de la sur consommation, de la drogue, pendant que de riches colons déboisaient, provoquaient des explosions éventrant la Terre, pour y puiser de l’or, du cuivre, de l’argent et autres richesses pour consommer toujours plus et  paraître. Alors aujourd’hui lorsqu’à la télévision je vois l’Australie je pleure pour les aborigènes, mais ne peux m’émouvoir devant le yacht qui sombre sous le poids des eaux car il porte en lui toute l’arrogance et la folie des hommes. Qui peut aujourd’hui arrêter cela ? personne. Riches et pauvres doivent se plier et attendre, les riches, à côté des pauvres. J’ose espérer qu’ils sauront en tirer une leçon de modestie et qu’ils sauront écouter « les chants » celui des pistes qui guida les aborigènes durant des millénaires et que les colons ont bafoué car ces chants là n’étaient pas monnayables, ils montraient le chemin, protégeaient les hommes, les femmes, les enfants, les guidaient vers les sources, les nourrissaient. En brouillant les pistes ils ont brouillé leurs regards, limité leur vision dans des frontières fermées aux autres, rempart de leur coffre fort gardien de leur toute puissance illusoire. Ils ont tué le Serpent arc-en-ciel.

 

J'ai souhaité pour cette année plus d'équité pour tous les hommes, plus de liberté, plus de fraternité. Je sais que la réalisation de ces vœux devra être précédée d'une profonde révolte des peuples de notre planète, car seule la volonté des peuples peut faire basculer un pouvoir. Les bonnes intentions sont confrontées aux lois du discours et de son application. Plusieurs décennies sont nécessaires pour les formaliser, des générations d'hommes devant passer leur relais aux suivantes pour qu'elles puissent enfin voir le jour car il y a ceux qui détruisent, ceux qui les combattent au péril de leur vie et de leur liberté, ceux qui subissent sans pouvoir se soulever, jusqu'à ce que d'autres viennent les tutorer et leur impulser leur foi, et l'immense majorité de ceux qui feignent de ne rien voir. De tous les temps, les révolutions sociales, culturelles et politiques furent initiées par des êtres passionnés qui ont consacré leur vie à l'amélioration du monde, rarement par des gouvernements.

 

Nous sommes tous les enfants de Lucy, groupement de lucioles qui par leur rassemblement pourrait produire une explosion de lumière,  petites lumières venues du fond des âges qui bordent et éclairent le chemin de nos vies. Elle nous délivre un message d'éternité : il n'est au pouvoir de personne d'éteindre le soleil....

 

 

Monique Gouiran

Auteur de "Construire l'entreprise de demain" et de "Responsabilité Sociétale et Ressources Humaines" éditions AFNOR (2010 et 2011)

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Commentaire de ostaltv le 28 mars 2011 à 13:34

"Il n'est au pouvoir de personne d'éteindre de soleil" et de l'atteindre non plus ! merci pour ce beau texte.

 

Commentaire de Monique GOUIRAN le 27 mars 2011 à 23:01
Merci Gérard pour votre message. Peu de mots en sont déjà beaucoup et je ressens dans votre commentaire toute cette générosité, toute cette compréhension dont l'humanité a tant besoin. Dans les temps bousculés que nous connaissons où l'humanité souffre de tous les dangers, ceux de la folie des hommes, des guerres, de la prétention de pouvoir tout inventer et surtour tout maîtriser, il est doux de continuer à penser que la lumière de Lucy habite encore de nombreuses personnes, humbles face à la force de l'univers, témoin de nos évolutions et de nos révolutions. Nous sommes tous reliés au grand chariot de nos vies, étoiles au coeur de la voie lactée... Il n'est au pouvoir de personne d'éteindre le soleil.
Commentaire de Monique GOUIRAN le 27 mars 2011 à 22:57

Bonjour Maxime et merci beaucoup pour votre commentaire. Il s'agit d'un extrait d'un livre que je suis en train de terminer d'écrire. Son titre en sera "Il n'est au pouvoir de personne d'éteindre le soleil" ou "le roman de Lucy".

Votre commentaire m'encourage à continuer. Restera ensuite à trouver un éditeur !! bien à vous Monique

Commentaire de maxime le 27 mars 2011 à 22:11

Super texte,poétique synthétique,on a envie de continuer a lire!!!

Mon passage préféré:

"La liberté n'existe qu'entre les hommes, dans l'Univers pas de liberté, seulement de la dépendance"

Commentaire de Gerard Deremetz le 27 mars 2011 à 19:42

J'ai envie de vous dire que j'ai beaucoup apprécié votre texte.

mais j'ai peu de mots et est ce nécessaire

comprendre que nous sommes de cette nature pour qui nous avons si peu de respect

comprendre que l'eau et la lumière nous ont construit sur la petite planète que nous avons appelé terre, gaïa

comprendre que l'humanité c'est moi, c'est toi, c'est nous.

comprendre que l'arc en ciel est toute la diversité

Aimer Lucy que vous avez mise en lumière, pour toute c'est valeur du féminin, comme la tendresse, la sagesse, la vie redonné ..

Merci

 

 

Commentaire de Monique GOUIRAN le 26 mars 2011 à 9:54
Merci Marie Pierre. Votre commentaire me va droit au coeur. Les petits colibris font leur travail. Savez vous que le colibri vole toujours vers la lumière, qu'il sélectionne son alimentation et que bien qu'étant le plus petit oiseau du monde, c'est lui qui a le plus gros coeur (35% de sa masse musculaire). Fidèle, batailleur, il défend son territoire, à petits coups d'ailes avec toute la force de sa conviction. Je me suis servi de cette métaphore dans le cadre d'une action en dynamique groupale auprès d'un groupe de Martiniquais, pour donner du sens à leur démarche. Vous pouvez voir ces travaux sur mon blog. Heureuse d'échanger avec vous. A bientôt Monique
Commentaire de Marie-pierre le 26 mars 2011 à 8:15

"Soyons modestes, la nature se définit chaque jour en fonction du travail des profondeurs, des entrailles de la terre"

.
Quel cheminement vous avez suivi !! magnifique.

Oui je suis de votre avis, nous ne sommes pas différents , nous devrons nous aussi passer par là pour notre changement, notre transformation et par la même la transformation du monde.
j'ai eu plaisir à vous lire, votre communiqué est léger ,bien que concret et réaliste. Il nous éclaire juste sur l'essen'ciel de nos profondeurs.La lumière de nos vies.
Merci Monique. 

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