LOI BIODIVERSITÉ : ce sont 1,2 million de colonies dont l'Assemblée vient de décider la disparition

Loi biodiversité : les abeilles attendront

Chers amis des plantes, 

Dans la nuit du 22 au 23 juin dernier, l’Assemblée nationale votait en troisième lecture le projet de loi sur la biodiversité. Si le vote définitif doit intervenir en juillet, quelques questions peuvent (et doivent) d’ores et déjà être posées sur certains renoncements incompréhensibles de nos députés. On s’est par exemple félicités de l’interdiction des pesticides néonicotinoïdes, ces produits neurotoxiques pour les abeilles. À cet égard, remercions les 600 000 signataires de la pétition de l’UNAF et de la Fondation Nicolas Hulot sur le sujet, ainsi que les quelques, pour ne pas dire rares, députés qui ont voté pour cette loi (soit 36 sur seulement 73 députés ayant dénié se déplacer…).

Mais ce que cache cette avancée, ce sont les concessions une fois de plus accordées aux lobbies phytosanitaires et agro-alimentaires. En effet, en l’état actuel du texte, les néonicotinoïdes ne seront interdits qu’à partir de 2018, avec des dérogations possibles jusqu’en 2020... Rappelons qu’en mars 2015, on visait l’horizon janvier 2016, qu’en mars dernier, on promettait une interdiction au 1er septembre 2018, et que désormais, en pratique, il faudra attendre encore quatre ans pour voir disparaître ces pesticides, si ce n’est plus, puisqu’une fois répandus, certains continuent d’agir jusqu’à deux ans : « Sachant qu'ils déciment environ 300 000 colonies d'abeilles tous les ans en France, ce sont 1,2 million de coloniesdont l'Assemblée vient de décider la disparition », s’indigne à juste titre l’association Générations Futures. 

L’argument des pouvoirs publics est toujours le même sur ces questions pourtant urgentes : « Il est prématuré d’agir. » Qu’on songe aussi à la sortie progressive du nucléaire et à la promotion des énergies renouvelables, ou à la taxation de l’huile de palme (également retirée de cette même loi) pour lutter contre ces scènes apocalyptiques de déforestation en Malaisie ou en Indonésie. Toujours cette rengaine lancinante qui voudrait que nous ne soyons « pas encore prêts » et qu’il serait urgent d’attendre… 

Comment sortir de ce raisonnement désespérément circulaire selon lequel il faudrait attendre d’avoir déjà changé pour pouvoir changer ? Comment court-circuiter le discours fallacieux justifiant l’inertie par la prudence, lorsqu’on sait que la « prudence » en question implique d’empoisonner nos sols, notre air, nos assiettes ? Rappelons que les premières victimes du piège des pesticides sont les agriculteurs eux-mêmes, qu’il s’agisse de dépendance économique, d’appauvrissement des sols ou de problèmes de santé.

Fort heureusement, face à l’évidence de cette impasse, de nombreux agriculteurs n’ont pas attendu le feu vert des pouvoirs publics. Partout en France, de plus en plus d’agriculteurs courageux et lucides font le choix de sortir de cette guerre chimique permanente avec notre écosystème, et trouvent des solutions innovantes pour se passer des phytosanitaires mortifères.

Que votre semaine soit belle,

L'équipe Plantes & Santé

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Commentaire de Turc Irène le 29 juillet 2016 à 11:41

Tout à fait Raphaël ... 

Commentaire de PONCE Raphaël le 29 juillet 2016 à 0:54

Très juste, c'est les agriculteurs et  leurs familles qui sont les premiers touchés par ces pesticides. Je vais ajouter un message avec un lien en complément d'information aussitôt... Heureusement que certains agriculteurs lucides commencent à réagir.

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