Il est fort possible que l'agriculture telle qu'on la connaît atteigne une limite fondamentale et qu'il ne soit pas possible d'avoir assez de récoltes pour une population en pleine augmentation !

 

Une étude de l'université Nebraska-Lincoln avance en effet que l'on a récemment constaté soit un déclin abrupt soit un plateau dans les cultures majeures. Ceux qui prévoyaient de toujours voir s'accroître le rendement semblent s'être trompés. 31 % de la production de riz, maïs et blé ont vu ce phénomène inquiétant de déclin ou de plateau. Cela intervient en dépit des investissements de plus en plus importants dans l'agriculture. On peut donc imaginer que le « pic de rendement (agricole) » est déjà atteint. Il faut se souvenir que dans les années 40-50, on s'est fort inquiété de risques de grosses famines : de plus en plus de monde avec des rendements agricoles assez moyens. On a alors inventé la « révolution verte » et ce « patch » a fonctionné. Les tendances optimistes lors des cinq dernières décennies étaient donc fondées sur cette « révolution », en réalité davantage un « je repousse le problème plus loin et en plus gros » (la population mondiale a doublé depuis).

 

La révolution verte reposait sur une combinaison d'innovations comme de meilleures variétés de blé et de riz, l'utilisation massive d'engrais et de pesticides (issus surtout de combustibles fossiles) et de grands investissements dans l'infrastructure de l'irrigation. Prenons un exemple : en Chine, même si les investissements en agriculture ont triplé entre 1981 et 2000, le taux de rendement pour le blé ou le riz est resté à peu près constant tandis que celui du maïs a baissé de 64 %. Les auteurs de cette étude critiquent ouvertement ceux qui prédisent une production de nature exponentielle, alors que rien sur le terrain ne permet d'envisager une telle chose ; il y a des limites biophysiques et on ne peut y échapper en l'état.

 

Quelles sont les causes ? Les facteurs qui contribuent à ces déclins et plateaux en matière de production de nourriture sont la dégradation des sols, le réchauffement climatique ainsi que les fluctuations du climat, l'utilisation de fertilisants et de pesticides ainsi que des investissements inadéquats. Ce constat pose un gros problème, car on estime que la production de nourriture doit s'accroître de 60 % d'ici 2050 afin de répondre à la demande. Il faudra donc trouver de multiples solutions, comme la réduction du gaspillage ou une meilleure utilisation de l'eau. Un gros souci est aussi le conservatisme. On pense à améliorer l'existant au lieu de penser « radical ». On ne saisit pas bien en haut lieu la taille du problème auquel l'agriculture doit faire face.

 

Ce souci majeur et inquiétant risque de donner en tout cas de l'eau au moulin des partisans des OGM.

 

http://www.theguardian.com/environment/earth-insight/2013/dec/19/in...

 

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Commentaire de JF@ le 31 décembre 2013 à 11:36

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