Les chiens Saint-Bernard sont connus pour leur grande taille, leur grosse bouille sympa, leur âme de sauveur et leur tonnelet autour du cou. Pas pour leurs poils. Et pourtant. La Fondation Barry à Martigny (VS) les récolte patiemment pour en faire des mitaines !

A l'origine de cette aventure se trouvent Christine Cerletti-Sarasin et Pia Oberreicher. La première est mécène de la Fondation Barry dédiée aux chiens Saint-Bernard à Martigny, la seconde est férue de laine de toutes sortes et de tricotage. Elles sont amies et, de fil en aiguille, l'une propose à l'autre de réaliser à partir de poils de Saint-Bernard des mitaines, soit des gants couvrant une partie de la main. La production démarre et, en 2013, la soixantaine de mitaines proposées sur le site internet de la fondation sont rapidement épuisées. Sur la trentaine de chiens Saint-Bernard que compte actuellement le chenil, neuf sont à poil long, précise Andrea Brudermann, responsable de projets et d'événements à la Fondation Barry. Ce sont ces chiens-là, les pourvoyeurs de mitaines.

En brossant le ventre, le dos et le poitrail de ses protégés, la fondation recueille tout au long de l'année ce qu'on appelle le «sous-poil». «Nous en récoltons cinq à dix kilos par an», indique Andrea Brudermann. Ces poils de brossage sont issus aussi bien de Saint-Bernard mâles que femelles. Il faut toutefois que l'animal ait troqué son pelage de bébé contre celui d'adulte pour pouvoir contribuer à la création des mitaines. Les kilos de sous-poils de Saint-Bernard récoltés et précieusement conservés sans être tassés, prennent ensuite le chemin de l'Allemagne. Plus précisément du domicile de Pia Oberreicher, dans les environs de Berlin.

Cette Allemande de 63 ans aime transformer la laine et laisser libre cours à sa créativité. Un hobby qu'elle pratique depuis plusieurs années déjà. Travailler le sous-poil de chiens, et plus particulièrement de Saint-Bernard, ne lui pose aucune difficulté particulière. «Mais pour un débutant, ce n'est pas si facile. Il vaut mieux d'abord commencer avec de la laine de mouton», relève-t-elle. «Pour réaliser une paire de mitaines, il faut compter au minimum cinq heures de travail», note Pia Oberreicher. La confection exige de savoir utiliser notamment des cardes pour démêler la laine et un rouet pour la filer. De ses pelotes de laine de Saint-Bernard, l'artisane tire uniquement des mitaines. «Pour le moment, nous ne prévoyons pas d'autres articles», note Andrea Brudermann.

Durant des années, Pia Oberreicher a élevé des moutons et des lapins angoras et a eu des chiens, des chats et des poules. Actuellement, elle possède seulement un Yorkshire croisé. Mais pas de quoi tricoter, car «malheureusement, il ne perd pas ses poils», sourit-elle.

ats/Newsnet

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Commentaire de JF@ le 30 juillet 2014 à 8:18

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