Elles sont noires, tachetées de jaune, mais affichent une silhouette anormalement plate et desséchée !

Ecrasées, ces quelques salamandres n’auront pas réussi à arriver jusqu’à la mare où elles devaient pondre, fauchées dans leur trajet. Par qui ? Sans doute par des deux-roues qui empruntent la nouvelle piste de bitume aménagée sous les arbres à la Prévalaye, à quelques encablures de Rennes. Voulue par la ville, cette ligne droite de centaines de mètres de long devait accueillir vélos, piétons, skateboard, trottinettes, poussettes ou fauteuils roulants. Mais il semblerait qu’elle se transforme parfois en piste de jeu pour les motos ou les quads. « Il y en a souvent ici. Quand je les vois, je me bouche les oreilles et je me range car ils vont hyper vite », témoigne Virginie, une promeneuse habituée des lieux.


Une situation qui rend dingue les associations environnementales de la capitale bretonne. « On n’avait jamais observé la moindre mortalité dans le secteur. Et là, en une nuit, on a onze salamandres écrasées et un crapaud. On avait pourtant prévenu la métropole que les batraciens passaient par là », se désole Michel Riou, naturaliste chez Eau et rivières de Bretagne. Si les salamandres traversent la piste de bitume et quittent leur habitat, ce n’est pas par goût du risque, mais pour rejoindre les mares où elles vont pondre. Des trous d’eau dont certains ont été créés dans le cadre du plan de compensation écologique du chantier de ligne B du métro. « C’est comme si on mettait une piste cyclable au milieu d’une cour d’école », regrette Tony Mougenot, administrateur de l’association Bretagne Vivante. « Nous attendons de voir quel impact cela aura sur le long terme ».


Un comptage avait estimé à 150 le nombre de salamandres présentes dans cette zone de promenade prisée des Rennais. Alertée de cette surmortalité, la métropole a validé ce vendredi le lancement d’un suivi écologique qui sera mené par l’entreprise qui a mené les travaux de compensation écologique. « Nous pourrons envisager la construction de crapauducs à certains endroits si c’est nécessaire », assure Daniel Guillotin, conseiller municipal délégué à l’écologie. Ces tunnels pour batraciens ont déjà été installés sous une route très passante du bois de Sœuvres, à Vern-sur-Seiche, et permettent de sauver la vie de centaines de batraciens.

La métropole va également installer des barrières pour limiter l’accès des deux-roues motorisés. « C’était prévu dans le projet dès le départ. Nous avons toujours eu des problèmes avec les motos et les quads à la Prévalaye. On sait que s’ils veulent rentrer sur le site, ils rentreront », poursuit l’élu. Un arrêté municipal d’interdiction de circulation a été signé, permettant à la police municipale de verbaliser. Mais quand les agents viendront-ils dans cette zone isolée ? Insuffisant pour calmer les associations, qui regrettent le choix d’un enrobé en plein milieu de la nature. « Rien ne justifiait de mettre du bitume. Ils peuvent faire ce qu’ils veulent et mettre des barrières, ça n’empêchera rien. C’est la ville qu’on fait venir dans la nature, ça n’a aucun sens », tacle Michel Riou. « Il y avait déjà des voies existantes et il y avait des alternatives à cette voie bitumée », assure Pauline Pennober, d’Eau et rivières de Bretagne.

La métropole se défend en prônant « l’accessibilité » du site à tous les publics.

Allain

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Commentaire de JF@ le 9 octobre 2019 à 8:26
Commentaire de JF@ le 9 octobre 2019 à 8:25

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