Observatoires participatifs des espèces

Opération escargots, opération papillons, ce ne sont pas les noms de code de missions des services de renseignements ou de mouvements de grève des conducteurs routiers mais des programmes de science participative, c’est-à-dire de comptage des populations d’espèces par des amateurs !

Ces missions sont essentielles pour l’étude de l’évolution des espèces en France, alors qu’on observe un effondrement de la biodiversité commune. Le programme Stoc a, par exemple, permis à des chercheurs du Muséum et du CNRS de publier en mars une étude alertant sur la disparition des oiseaux de nos campagnes à une «vitesse vertigineuse», à tel point que leur déclin «atteint un niveau proche de la catastrophe écologique». Ce sont aussi des observations citoyennes qui ont permis à des chercheurs allemands d’identifier, en 2017, la disparition de 75 % des insectes volants dans le pays - et cela seulement dans les zones naturelles protégées.

Créé le 7 juin par le Muséum national d’histoire naturelle, le portail Open (Observatoires participatifs des espèces et de la nature) réunit différentes plateformes de programmes d’observation citoyenne. Pour cet été, il propose de «joindre l’utile à l’agréable» en signalant toute espèce repérée. Un aileron distingué à la surface de l’eau pendant un moment de détente sur la plage ? Direction l’Apecs, le programme national de recensement des requins-pèlerins. L’animal ne figure pas sur la liste des espèces protégées par la loi française, mais il est considéré comme menacé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) depuis 1996. Dans l’Atlantique nord-est, l’espèce est classée comme «en danger» d’extinction depuis 2000. Les observations citoyennes permettent ainsi aux scientifiques de documenter le déclin de l’espèce.

Vous êtes plutôt bivouac au clair de lune que bronzette sur le sable ? L’association Noé encourage à repérer les insectes nocturnes dans son programme Insectes et ciel étoilé. Ce n’est pas un mince travail. Il existe en France moins de 300 espèces de papillons «de jour» contre environ 5 000 espèces actives la nuit, souligne l’association. Le but est d’étudier l’impact de la pollution lumineuse sur la biodiversité nocturne. Pour les amoureux de la montagne, le programme Phénoclim, créé par l’ONG CREA Mont-Blanc, spécialisée dans la recherche en milieu montagneux, invite les citoyens à transmettre leurs observations de treize espèces d’arbres et de plantes (date de floraison, date de changement de couleur des feuilles…) pour étudier leur réponse aux changements climatiques.

Le réseau Vigie-nature du Muséum national d’histoire naturelle compile aussi de nombreuses plateformes d’observations citoyennes : flore, oiseaux de jardins, insectes pollinisateurs, chauves-souris, bourdons, etc. Il y a l’embarras du choix.

http://www.open-sciences-participatives.org/home/

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Commentaire de JF@ le 9 juillet 2018 à 5:49
Commentaire de JF@ le 9 juillet 2018 à 5:42

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