Polluer l’eau plutôt que l’air !

De nouvelles normes environnementales maritimes entreront en vigueur le 1er janvier prochain. Mais des milliers de navires ont déjà trouvé la parade pour les contourner !

Polluer l’eau plutôt que l’air, c’est la combine qu’ont trouvé des armateurs de cargo et de navires de croisière pour respecter en apparence les seuils de pollution fixés par l’Organisation Maritime Internationale. Le “truc”: des épurateurs d’un nouveau genre installés sur les bateaux. Ils vont extraire le souffre des gaz d’échappement pour les rejeter dans l’eau.

Résultat : Lorsqu'on va regarder ce qui sort des moteurs au fioul pour aller dans l’air, pas de problèmes les seuils seront bien respectés. Des milliers de bateaux sont déjà équipés. Résultat pour 1 tonne de carburant brûlé, c’est presque 45 tonnes d’eau de lavage chaude, acide et contaminées par des substances cancérigènes qui sont rejetées dans l’océan. Une pollution du coup difficile à quantifier mais qui risque d’avoir un gros impact sur la faune marine et tout l’écosystème des océans. D’ailleurs, on voit déjà que la qualité de l’eau s’est lourdement dégradée en mer du Nord et dans certaines zones de la Manche.

Si vous pensiez partir en croisière et respirer le bon air du large, c’est raté. L’air est jusqu’à 70 fois plus pollué à bord d’un bateau qu’en ville, selon une étude de France Nature Environnement. En une journée, un bateau de croisière pollue autant qu’un million de voiture. Pourquoi est-ce que les navires polluent autant ? D’abord parce qu’ils utilisent souvent un carburant de mauvaise qualité: du fuel lourd très chargé en souffre. Il existe bien des carburants plus écolos, mais ils coûtent jusqu’à 2 fois plus cher. Un coût énorme quand on sait qu’un navire de croisière consomme en moyenne 250 tonnes de fuel par jour.

Du coup, ça revient moins cher d'installer un épurateur. Mais plutôt que de stocker les matières toxiques pour les jeter une fois au port dans une station dédiée, la majorité des bateaux s’en débarrassent tout simplement en cours de route. Le problème c’est que pour le moment les contrôles en mer sont rares, même dans les zones réglementées. La pollution maritime est d’ailleurs très peu régulée et quand elle l’est, on voit que très vite, les armateurs arrivent à contourner les règles.

MORI

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Commentaire de JF@ le 8 octobre 2019 à 7:40
Commentaire de JF@ le 8 octobre 2019 à 7:39

JF@

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