Considéré comme le deuxième plus grand lac de Bolivie, le lac Poopó situé dans les hauteurs de l’Ouest du pays est aujourd’hui complètement à sec !

En cause : l'absence de précipitations et la négligence des exploitations minières environnantes. A le voir aujourd’hui, il semble difficile de croire que le lac Poopó, situé dans les hauteurs de l’Ouest de la Bolivie, a été un temps la deuxième plus grande étendue d’eau du pays, après le lac Titicaca. Ce qui lui est arrivé est un véritable désastre. Victime du changement climatique et de diverses négligences industrielles, ce lac salin a complètement disparu en décembre 2015, laissant dernière lui une vaste surface désertifiée d’environ 4.000 kilomètres carrés. "Nous sommes dans un état d'urgence. Nous n'avons pas d'eau. le lac Poopó est complètement sec", souligne avec gravité dans un communiqué Vladimir Challa Huaca, porte-parole de l’Autorité provinciale du lac.

"Cette crise est en train d’affecter plusieurs familles vivant autour du lac Poopó depuis des générations... Le lac fourni de l'eau pour les villages avoisinants", poursuit-il. Les populations locales ne sont pas les seules victimes de cette tragédie. La faune qui peuplait autrefois ce précieux écosystème a aujourd’hui complètement disparu. Selon les experts en charge de la conservation des espèces de la région, plusieurs millions de poissons et 500 oiseaux seraient morts à cause de la sécheresse. Valerio Calle Rojas est l’un des 150 pêcheurs qui travaillaient autrefois dans cette zone. Interrogé par CBC News sur la situation, il raconte comment tout cela s’est passé : "Dans les années 1990, il y avait au moins 2.000 kilomètres carrés d’eau. Après cela, le niveau a commencé à baisser". Il se remémore : "En 1995, 1996, il y avait de la sécheresse aussi, et l’eau s’évaporait, mais cela revenait rapidement".

Effectivement, le lac a déjà connu un phénomène similaire par le passé, en 1984, 1990 et 2000. Néanmoins, la situation pourrait être encore plus sérieuse aujourd'hui. "Maintenant l’eau devrait revenir, ne serait-ce qu’un petit peu. Il devrait y avoir de la pluie. Mais cela n’arrive pas, donc il n’y a rien", se désole l'habitant. Pour Victor Hugo Vazquez, gouverneur d’Oruro, "la principale cause de cette catastrophe est l'attitude et l'irresponsabilité des pays industrialisés qui polluent 365 jours par an." Le lac situé à 3.700 mètres d’altitude a en effet été victime d’un déficit en terme de précipitations ainsi que l'activité humaine, notamment la contamination par les 150 exploitations minières environnantes. L'industrie minière a longtemps été accusée d'adopter une attitude irresponsable en Bolivie. Une activité qui s'est ajoutée des ponctions régulières d'eau pour irriguer les cultures environnantes.

En 2014, le lac Poopó a été déclaré "zone sinistrée" par les autorités. Cette mesure nécessaire n’a toutefois pas été suffisante pour éviter le pire. Le phénomène a par ailleurs été exacerbé par le réchauffement climatique et le courant côtier saisonnier chaud El Niño, qui ont entrainé une augmentation des températures et une évaporation des eaux trois fois plus rapide que d’ordinaire.

Perrin

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Commentaire de JF@ le 14 janvier 2016 à 8:16

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