Pour une Médecine Humaine, Holistique et Environnementale

Bonjour à tous,

J'entre aujourd'hui dans le réseau des Colibris, après de nombreuses errances, et notamment de longues et difficiles années d'études de la médecine occidentale. Et puis j'ai lu le livre de Pierre Rabhi, manifeste pour "une sobriété heureuse", et tout ce que je pense depuis 15 ans sur l'évolution de la société moderne y était réuni et concentré. Pour moi une véritable révélation.

Je vais partager avec vous (et ceux qui voudront bien me lire) mes réflexions sur les liens entre santé et environnement, qui sont de toute évidence très importants.

Je suis pédiatre spécialisé en neurologie. Je vois beaucoup d'enfants avec les problèmes suivants: épilepsie, retards de développement, troubles du spectre autistique, malformations cérébrales...

J'ai pu constater que le développement neurologique harmonieux d'un enfant dépendait de deux composantes principales: un patrimoine génétique hérité des parents et un environnement social, familial et naturel. L'interaction entre les deux est particulièrement complexe, et passe vraisemblablement par des mécanismes encore mal compris, que l'on résume sous le terme "épigénétique". Certains des caractères acquis au cours de nos vies par ces mécanismes seraient d'autre part transmissibles aux générations suivantes.

L'épigénétique jouerait un grand rôle en cancérologie, domaine où a même été développée la théorie de l'exposome: nous serions la résultante d'une interaction entre notre génome et les facteurs environnementaux auxquels nous sommes exposés. Pour le cancer du sein par exemple, il y aurait une prédisposition génétique accompagnée de risques environnementaux (alimentation, pollution...), ce qui déterminerait le risque final d'avoir un cancer.

Bien entendu, le côté un peu "réductionniste" et "déterministe" de ces théories est rapidement séduisant, car rien n'est moins attractif pour un médecin qu'une formule toute faite et une vision réduite et néanmoins explicative de la réalité de ses patients.

Quoiqu'il en soit, des travaux scientifiques (de qualité très variable) montrent assez clairement que l'augmentation de l'incidence de plusieurs maladies auraient un déterminisme environnemental, ce qui relève d'une logique très "terrienne", mais que nous avons tous un peu perdue. Pour faire bref, les scientifiques réinventent parfois (souvent) l'eau chaude.

Concernant mon champ de compétence, nous pouvons clairement constater l'augmentation des pathologies suivantes:

- Troubles du spectre autistique (TSA)

- Troubles déficitaire de l'attention avec hyperactivité (TDAH)

Cette augmentation est constatée dans les pays occidentaux, notamment pour les TSA, et serait en partie expliquée par des facteurs environnementaux qui sont en cours d'exploration. De nombreuses pistes (et notamment des recherches sur des modèles animaux, murins essentiellement) convergent vers l'exposition des foetus (femmes enceintes) et des nourrissons aux perturbateurs endocriniens. Ces molécules ont des structures comparables à celles des hormones humaines, et ont été largement balancées dans notre environnement sans aucune étude préalable (ni sur les animaux, ni sur les humains) depuis les années 50 (voir l'excellent film de Coline Serreau). Il s'agit des pesticides organochlorés, mais également des plastifiants et retardateurs de flammes (bisphenol A, phtalates). Elles pourraient déterminer des modifications de structuration des réseaux synaptiques sur le cerveau en développement, et être en partie responsable des troubles neuro-développementaux constatés chez nos enfants.

L'action de ces substances pseudo-hormonales dépasse bien sûr le champ de mes compétences, et pourrait être aussi incriminé dans les problèmes de santé publique suivants: cancers hormono-dépendants, augmentation de l'infertilité masculine, de l'alopécie andro-génétique, voire même de l'obésité. Il existe un rapport très complet et détaillé de l'OMS à ce sujet dont je pourrais fournir une synthèse dans l'avenir.

De toute façon, les bons vieux principes de la médecine des Anciens (grecs notamment) restent applicables. Nous sommes ce que nous mangeons, et nous ne sommes pas un corps et un esprit, mais un tout, unique et indivisible. La médecine occidentale, ultra-technique, ultra-spécialisée, découpe le malade en tranches, alors même que les découvertes scientifiques les plus récentes nous montrent que tous nos organes interagissent les uns entre les autres par le biais de divers signaux biologiques (comme l'os sur le cerveau par exemple). Le besoin d'une médecine Holistique, qui ne voie pas le patient comme un tas d'organes avec pour chacun son spécialiste, mais comme une personne humaine, complexe, et unique, est de plus en plus vital. Cette médecine là n'est pas à mettre en opposition, ni même en compétition avec la médecine de pointe pratiquée en occident. Les approches en médecine sont souvent complémentaires, et chacune peut apporter sa solution pour un problème donné à un moment donné.

Ainsi je pense que les médecines alternatives, qui sont parfois la survivance de pratiques anciennes (comme la médecine chinoise traditionnelle), ne devraient pas être en compétition avec la médecine occidentale moderne, mais en complémentarité et collaboration. La formation dans nos universités devrait inclure à mon sens un apprentissage de la botanique, de l'utilisation des plantes en pharmacopée, mais aussi d'approches telles que la psychosomatique.

Car enfin la santé des êtres humains ne peut passer que par une bonne santé de leur environnement. Il ne sera jamais assez inutile de le rappeler. Les interventions de médecine devraient donc s'intéresser aussi à l'environnement, c'est à dire à la prévention. Les vaccins sont à ce sujet un progrès majeur: nous n'avons plus, en France, d'enfants morts de tétanos, ou déformés à vie par la poliomyélite.

Aujourd'hui l'activité des humains sur leur environnement compromet leur propre santé, et peut être même leur survie en tant qu'espèce. Une extinction massive n'est pas une première dans l'histoire de l'évolution, mais qu'une espèce se suicide, cela est bien nouveau.

Si nous refusons le suicide, alors nous n'avons d'autre choix que de coopérer et collaborer. 

Voilà où j'en suis de mes constatations et réflexions, et je crois que le temps d'agir est venu, en espérant qu'il ne soit trop tard.

Dans ma vie personnelle, cela implique de profonds remaniements, que j'essaie de mettre en oeuvre, mais je désire plus que jamais me former et entrer dans des projets collectifs et collaboratifs.

Concernant la médecine, plusieurs idées me sont venues

- Me former à la botanique et à l'utilisation des plantes en médecine

- Démarrer une plateforme de réflexion et d'échange sur les problématiques de la médecine moderne, et les pistes à envisager pour poser les fondations d'une médecine environnementale et holistique. Notamment, comment revoir l'éducation et la formation des médecins.

Pour le reste, je suis intéressé et motivé pour me former dans les domaines suivants:

- Permaculture et agriculture biologique

- Habitat écologique

- Communication non violente, sociocratie, halocratie

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