RÉFLEXION SUR LES PENSÉES - Retour sur le passé.

  • Chaque fois que nous sommes distraits, nous sommes à côté de la cible.

  • Un être humain est une partie du tout, que nous appelons“Univers”, une partie limitée par l’espace et le temps. Il expérimente lui-même ses pensées et ses sentiments comme quelque chose de séparé du reste, une sorte d’illusion d’optique de la conscience. Cette illusion est pour nous une forme de prison, nous limitant à nos désirs personnels et à l’affection pour les quelques personnes vraiment proches de nous. Notre tâche doit être de nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion, pour embrasser dans leur beauté toutes les créatures vivantes et l’ensemble de la nature.( A. Einstein)

 

Les pensées occupent une grande place dans notre existence, nous pouvons même avoir le sentiment que cette activité mène sa propre vie à l'intérieur de la notre,  

§ Il est évident que leur domaine de prédilection et de compétence est la vie pratique, le pragmatisme, le rationnel, l'analyse ; il est plus difficile d'admettre que les pensées ne sont pas pertinentes dans certains domaines comme notamment tout ce qui touchent à la résolution de problèmes émotionnels ou existentiels ; nous pouvons conjecturer qu'il y a bien longtemps chez nos ancêtres et pour des raisons obscures, il y a eu des dérives, maldonne, il y a eu une utilisation erronée qui s'est transmise aux descendants (nous) de façon chronique.    

§ Il est impossible aux pensées d'accéder à l'inconnu, il ne nous est pas possible d'imaginer une nouvelle couleur, un nouveau son, un nouveau monde et pour justifier ce constat, nous aurions tendance à dire simplement que cela n'existent pas et effectivement, du point de vue du mental, rien n'existe en dehors de son contenu, contenu qui est la mémoire (individuelle ou collective) et qui constitue notre savoir. Ce qui permet d'accéder au contenu est le cerveau, il est l'émetteur-récepteur ainsi que le filtre adaptateur qui permet d'une part de trier parmi les milliards d'informations, celles qui sont utiles et d'autre part de les rendre intelligibles et acceptables dans ce bas monde. Il est une passerelle entre notre réalité et l'autre côté du miroir.

§ Les pensées sont une production du cerveau, c'est un phénomène purement matériel, mécanique, elles sont le produit du temps et le résultat de programmes quasi autonomes qui se sont élaborés à partir de nos réactions mentales répétitives en réponse aux évènements de notre vie. Ces réactions au fil du temps deviennent automatiques et constituent la trame de nos conditionnements. 

§ Le siège des pensées n'est pas localisé uniquement dans le cerveau, certes il y a notre mémoire individuelle mais également la mémoire collective de l'espèce et chaque individu est un avec l'espèce. Parfois certaines pensées nous surprennent agréablement par leur apparente nouveauté ou nous dérangent, ces sortes de pensées peuvent émaner de la mémoire collective que nous pouvons à notre tour alimenter par nos propres pensées si elles sont originales et/ou  puissantes et créer pourquoi pas un nouveau paradigme ; des pensées fugitives n'auront sur elle que peut d'effet, de même une pensée régulièrement partagée par plusieurs renforcera la pensée originale. Les pensées que nous captons en provenance de la mémoire collective sont en accord et synchrones avec ce que nous sommes. Penser n'est pas anodin, cela engage notre responsabilité.

§ Par un procédé quelconque et la volonté, il est difficile et stérile d'essayer de discipliner ou de supprimer le flot de nos pensées, une méthode qui viserait à la maîtrise de nos pensées, nous transformerait en une personnalité rigide incapable de s'adapter à la nouveauté mais il est possible simplement d'être attentif à leur mouvement et il est facile de constater que cette simple attention ralentit leur flux, déplace notre centre de gravité et s' accompagne d'un sentiment de bien être, voire de joie. Plus nous sommes conscient du contenu d'une pensée et plus elle perd de sa charge émotionnelle.

§ Les pensées nous isolent de la réalité et plus nous sommes concentrés, plus nous sommes enfermés dans notre coquille mentale.

§ Il y a un point subtil et précaire comparable à un équilibre sur un fil de rasoir qui se situe entre la prise de conscience du "je pense" et le déroulement du contenu des pensées et qui est peut-être un aller retour ultra rapide entre l'attention et la noèse ; il est possible de percevoir qu'apparemment le fait de penser est incompatible avec la prise de conscience attentive de son déroulement, soit il y a attention soit il y a pensée, le contenu de notre conscience EST notre conscience qui est soit éveillée soit dans la torpeur du flux incessant des pensées.

Ceci n'est pas sans rappeler la dualité onde corpuscule décrite par la physique quantique qui enseigne que si l'on s'intéresse à l'un de ces deux état, l'autre s'estompe jusqu'à disparaître, certaines expériences récentes de cette discipline montreraient qu'en fait les deux états peuvent être (ou sont effectivement) présents simultanément mais dans deux réalités différentes ; peut-être que l'attention et la pensée sont finalement compatibles simultanément, les pensées émanent de notre monde sensible, l'attention est  l'ouverture vers l'inconnu, l'altérité ; les deux états simultanés pourraient être la méditation véritable que Krisnamurti définissait comme l'art suprême.

§ Si, il n'y a pas de penseur, il n'y a pas de pensée, le penseur et la pensée sont une seule et même chose, c'est un même processus, le penseur est la pensée, la pensée fait le penseur ; cela pour autant ne signifie pas que nous sommes ontologiquement  ce que nous pensons mais la pensée qui nous occupe dans l'instant présent détermine ce que nous sommes, c'est-à-dire ce à quoi nous nous identifions à cet instant et c'est ainsi de pensée en pensée dans une totale et incessante inconstance.

Ce que nous sommes réellement, dans sa globalité, n'est pas accessible au mental-pensées qui est limité et ne peut se référer qu'à un contenu-mémoire.  

Ces réflexions nous ramènent au constat que les pensées, les miennes et celles des autres – ce sont les mêmes, on ne devrait pas dire "je pense" mais "il pense" ou "cela (le processus) pense" - ne peuvent pas pertinemment  nous permettre d'accéder à autre chose qu'à un contenu qui est du domaine du connu. Le fait de s'identifier à un penseur qui pense crée une dichotomie séparant le penseur des pensées, structure notre personnalité et, donne corps à l'ego et le nourrit.

 

La démarche, de loin la plus répandue qui consiste à opter, avec velléité ou persévérance, pour l'un des multiples systèmes qui s'offrent à nous, est faussée d'avance car même en admettant que notre choix éventuel soit dans l'absolu "le bon, la vérité", le fait de choisir, l'étude d'un enseignement, la pratique d'exercices initiatiques, la croyance en la véracité d'un message, l'acceptation de l'autorité d'un maître, d'un guide spirituel etc. nous mettent en situation d'imitateur acquérant un savoir qui viendra enrichir la mémoire. Celui qui s'est éveillé à la vérité ne peut pas la divulguer car sa connaissance informelle, traduite en mots, vulgarisée, deviendra pour nous un nouveau savoir, voire si le message est fort une nouvelle religion ; il ne peut que nous mettre dans la dynamique utile pour nous permettre de nous éveillez nous-même. La vérité n'est pas un contenu dans un contenant, c'est un état d'être.

Celui qui est éveillé pleinement, qui est dans la vérité, EST la vérité, il peut affirmer " je suis le chemin, la vérité et la vie ".

 

Ce qui est écrit supra interpelle toute démarche particulière qui peut être religieuse, philosophique, politique, spiritualiste (du domaine de l'esprit), voire même scientifique.

 

Soyons simplement attentif au processus de la pensée chaque fois que cela nous vient à l'esprit, sans essayer de l'infléchir, sans porter un jugement, sans espérer obtenir un bénéfice ou un résultat, cette pratique spontanée non ritualisée, néanmoins induira des effets préventifs sur notre santé mentale et physique, de plus l'attention à ce que l'on fait permettra d'éviter pas mal de petits incidents comme de gros accidents.

 

Fraternellement.

 

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