résumé du chapitre 4 du livre de Frédéric Lenoir "la Guérison du monde" 2012

Bonjour

Je ne résiste pas au plaisir de partager cette analyse très "Colibris" de F.Lenoir avec vous.

Bonne lecture

Loïc

Frédéric Lenoir «la guérison du monde» Fayard 2012

Gandhi «Soyez le changement que vous voulez dans le monde»

Extraits du chapitre 4 «se transformer soi-même pour changer le monde»

P265 et suivantes

les 3 poisons de notre société :

la convoitise

le découragement (qui débouche sur l'indifférence)

la peur

La convoitise est une attitude qui nous pousse à vouloir ce que possède l'autre. (ref René Girard).

Le désir est imitation du désir d'un autre (cf enfants avec leurs jouets).

Ce n'est pas tant l'objet que l'on désire s'approprier, que le désir qu'en a un autre.

Le désir n'est pas besoin car il recèle un caractère illimité.

La violence est essentiellement le fruit du désir mimétique.

Le problème actuel est que notre société a mis en avant la possession des objets comme une valeur suprême, un but en soi.

D'autre part, la globalisation médiatique a fait que notre désir est passé du local (mon voisin) à l'échelle planétaire. Nous pouvons désirer tout ce que les autres possèdent, à l'échelle du globe.

L'argent et les biens ne sont plus simplement offerts comme moyen d'améliorer le confort de vie, mais comme les principaux vecteurs de la reconnaissance sociale.

Ce n'est plus par besoin, ni même par plaisir que nous désirons un nouvel objet, mais pour être socialement reconnus (depuis les élèves dans les cours de récréation jusqu'aux yachts des milliardaires).

Dans Homo Economicus, Daniel Cohen cite une expérience illustrant bien cette forme de convoitise qui consiste à vouloir avant tout plus que son voisin. Appelés à choisir en tre deux scénarios, des étudiants américains déclarent en grande majorité préférer gagner 50 000 dollars dans un monde où leurs condisciples en touchent 25 000, plutôt que d'en gagner 100 000 quand les autres en perçoivent 200 000.

Tant que nous associerons argent et réussite sociale, acquisition d'objets et vie épanouie, nous resterons enfermés dans la logique infernale du «toujours plus» liée au désir mimétique.

«La richesse anormale ne sert pas plus que l'eau à un vase qui déborde» Diogène d'OEnanda (II° siècle avant notre ère, in fragments 108)

Toutes les religions ont mis en garde contre la convoitise et montré que le vrai bonheur de l'homme passe par une domination de son désir de posséder ce que l'autre possède.

Par la maitrise de soi, l'homme parvient à modérer ses désirs, véritable condition du bonheur individuel et de l'harmonie sociale.

C'est un changement collectif et individuel de passer d'une logique de l'«avoir» à une logique de l'«être».

«seul le choix de la modération de nos besoins et de nos désirs, le choix d'une sobriété libératrice

et volontairement consentie, permettra de rompre avec cet ordre anthropophage appelé mondialisation » Pierre Rabhi in Vers une sobriété heureuse, Actes Sud, 2010

Le découragement

Pendant des millénaires, les individus avaient leur village et ses alentours pour scène du monde. Ils étaient parfois le témoin de drames, mais aussi d'événements positifs. Bonnes et mauvaises choses se contrebalançaient, on se réjouissait des bonnes et on essayait d'intervenir sur les mauvaises, parfois avec succès.

Aujourd'hui, le monde que nous voyons, par médias interposés, est celui de la planète entière.

De ce monde ne nous parvient que les échos négatifs. Pourtant des milliards d'individus passent des journées heureuses et nous n'en savons rien.

Cette vision déformée de la réalité nous procure le sentiment que tout va de mal en pis et que notre terre est en permanence au bord du chaos.

Ce sentiment est exacerbé par le fait que nous sommes réduits au simple rang de spectateurs du monde : nous ne sommes plus acteurs comme hier dans notre village, quand nous pouvions intervenir.

Nous arrivons à la conclusion que le monde est devenu immaîtrisable, qu'il nous échappe totalement, et que nous ne pouvons plus rien faire à l'échelle individuelle.

D'où ce sentiment d'impuissance et parfois de désespoir.

Certains choisissent de fermer les yeux et de vivre dans leur bulle.

D'autres voudraient agir mais sont inhibés par l'ampleur de la tâche. Ils pourraient se mobiliser mais se laissent gagner par le découragement (informations négatives devant les écrans, usage de drogues) et versent parfois dans une fuite du réel.

Antidotes :

Avoir à l'esprit que le monde que nous voyons à travers les médias n'est pas le monde réel, mais un spectacle du monde mis en scène selon une partition limitée à la litanie des mauvaises nouvelles.

Regarder et diffuser des informations positives.

«le regard devient ce qu'il contemple» Plotin

militer dans une association humanitaire;

acheter des produits issus de l'agriculture biologique ou du commerce équitable

aider un voisin ou un inconnu

La peur

Tout va trop vite. La crise devient globale, les repères sont brouillés.

Du fait de la pression économique et de ses impératifs de rentabilité, nous craignons désormais en permanence d'être dépassés, de ne plus être assez compétitifs, efficaces, reconnus.

La pression chiffrée et le stress ont brutalement annihilé toute dimension humaine.

Nos frontières apparaissent toujours plus poreuses, évanescentes et instables.

Ces peurs sont attisées par le spectacle du monde offert par les médias.

La fraternité est la seule réponse aux peurs et aux violences qui secouent le monde.

La bonté est contagieuse, sans doute beaucoup plus que le mal.

Il appartient donc à chacun de devenir acteur d'un monde plus fraternel pour aider à ce que ce monde change.

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Commentaire de Guillaume Dubruel le 21 mars 2013 à 22:41

Merci Loïck pour ce texte !

Sa prose est aussi limpide que sa vision.

Commentaire de Delphine Schaefer le 18 mars 2013 à 22:12

Merci à Frédéric Lenoir, qui comme Pierre Rabhi, (r)éveille les conscience.....

Commentaire de Pascale le 13 mars 2013 à 10:41

moi aussi je te dis merci pour ce beau message : que nous soyons étonnés par la beauté de la nature et des être humains qui nous entourent

Commentaire de Lilou H le 13 mars 2013 à 9:48

Merci pour ce partage, cela redonne des directions, des actions à entreprendre, et de l'espoir.

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