Des milliers de citoyens et d'experts cherchent à les interdire !

Eux ? Ce sont les Systèmes d'armes létales autonomes (Sala) : des machines de guerre pilotées par une intelligence artificielle (IA), capables d'ouvrir le feu de leur propre initiative. Les ONG les décrivent déjà comme des "robots tueurs", sortes de "Terminator" implacables, destinés à remplacer les soldats sur le terrain.

L'image, caricaturale, tient aujourd'hui plus de la science-fiction que du domaine des possibles. Mais elle a le mérite de mettre les pieds dans le plat. Car plusieurs pays, notamment la Chine et les Etats-Unis, investissent massivement dans les robots militaires et l'IA. Une course qui pourrait aboutir, dans le futur, à l'émergence de systèmes armés disposant d'un niveau d'autonomie inégalé.


L'équipement militaire a déjà beaucoup évolué. "Les fonctions de déplacement et de repérage de cibles font l'objet d'une large automatisation", constate Vincent Boulanin, chercheur à l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). La tourelle automatique Super aEgis II, par exemple, est capable de repérer une forme de taille humaine à 2 ou 3 kilomètres de distance, de jour comme de nuit. Installée à la frontière entre les deux Corées, elle détecte les explosifs, et son constructeur travaille à des mises à jour logicielles qui lui permettront, à terme, d'identifier des silhouettes amies et ennemies. Tout aussi impressionnants, des minitanks automatisés sont actuellement testés des deux côtés de l'Atlantique. Equipés de missiles, ils peuvent porter des charges lourdes et suivre automatiquement, voire devancer, en éclaireurs, une escouade militaire au sol. "Ces engins rendront les chars obsolètes dans certains types de missions", assure un porte-parole du fabricant estonien Milrem.

Les drones, enfin, évoluent eux aussi. Ils savent survoler de façon autonome une zone à la recherche de "signatures" précises et exploser sur elles. Mais, bientôt, ces engins, plus petits, se déplaceront en essaims, de manière à saturer les défenses adverses. Les Américains s'entraînent déjà à larguer des paquets de drones, baptisés "Perdix" en altitude depuis des avions de chasse. Et, dans les labos, les chercheurs organisent des combats factices entre plusieurs essaims pilotés par des IA. Dans les prochaines années, ce système gagnera encore en efficacité grâce à une dose d'IA. Mais celle-ci servira également pour les systèmes d'attaque. Plusieurs scénarios se dessinent déjà : "On peut par exemple imaginer des militaires face à des cibles fugaces", explique Frédéric Coste. Le cas s'est déjà produit en Afghanistan, où des 4x4 passaient rapidement d'un village à l'autre, laissant à peine une minute aux forces armées pour les détecter et les détruire.

Jean-Christophe Noël évoque, lui, un scénario de troupeau où une escouade de soldats, épaulée par des robots, progresse sur le terrain en direction d'un objectif précis. En chemin, elle subit une attaque surprise, si bien que le chef de groupe envoie des automates éliminer la menace en leur laissant carte blanche. Sans perte humaine, le bataillon pourra poursuivre sa mission initiale.

Glaçant ? "Les militaires réfléchiront très probablement à de tels emplois. Dans le futur, les robots seront capables d'analyser beaucoup de données, ils ne trembleront pas au moment de tirer, les trajectoires de leurs munitions pourront être optimisées", prévient l'expert.

JULIAN

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Commentaire de JF@ le 18 décembre 2018 à 5:25
Commentaire de JF@ le 18 décembre 2018 à 5:25

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